Pour la première fois au Maroc, un éditeur va ester en justice auprès des tribunaux de commerce, dans 6 villes différentes, contre des revendeurs soupçonnés d’écouler sur le marché des logiciels piratés. Les raids sur le marché ont permis de dresser une liste de suspects. C’est tout simplement inédit au Maroc. Ces derniers comprennent Horizon NTIC et Media Market, tous deux basés à Casablanca, Maxtor System, sis à Fès, NVTec à Agadir, Odisi installé à Marrakech, et Superdata à Rabat. Il faut rappeler que des enquêtes, menées par des «Clients Mystères», et effectuées, en novembre dernier, suite à des «Visites Mystères» ont poussé Microsoft a décider de faire valoir ses droits, conformément à la loi n°2-00 sur les Droits d’auteur. Plus du tiers (33% des 530 revendeurs à travers 35 villes du Royaume) ne respectaient pas la législation sur la propriété intellectuelle. Si à cela on ajoute les résultats effarants de l’étude effectuée, courant 2003, par IDC pour BSA, qui a démontré que près de 8 logiciels sur 10 sont utilisés illégalement au Maroc (un taux de copie illégale de 73% contre une moyenne mondiale de 36%), il y avait vraiment lieu de réagir! D’après Mme Nadia Ben Bahtane, porte-parole du BSA Afrique du Nord, les manquements ont été constatés par des huissiers et des experts en informatique, après que l’éditeur lésé ait demandé des ordonnances auprès de plusieurs tribunaux de commerce.
Une main de fer dans un gant de velours
La porte-parole du BSA, Afrique du Nord a rappelé que cette décision intervient après de nombreuses actions de sensibilisation, d’éducation des revendeurs. Mieux encore, les séances de formations et séminaires (NDC) organisés par Microsoft, au premier trimestre 2004 à Casablanca, ont servi à accompagner les développeurs locaux. La philosophie, qui sous-tend la démarche de l’éditeur, vise donc à protéger les revendeurs et les clients honnêtes.
Dans un premier temps, c’est la professionnalisation du circuit qui est en ligne de mire. Toujours est-il que la lutte contre l’informel, qui exige une stratégie plus globale, à l’échelle nationale avec l’implication de tous les décideurs publics et privés, reste présente dans les esprits. Si l’on en croit les responsables de Microsoft, ce sera une étape à entamer très prochainement. C’est donc une attitude ferme que Microsoft a décidé d’adopter. Malgré cette fermeté, Mme Ben Bahtane a annoncé, le 12 mai à Casablanca, qu’un accord à l’amiable avec deux revendeurs à Rabat et Meknès, parmi ceux qui sont dans le collimateur de Microsoft, est en cours de négociation.
D. MB.