On s’y attendait, c’est maintenant fait! L’Etat importateur, qui a jusqu’à présent supporté tout seul les hausses successives du prix du pétrole, a enfin décidé de répercuter une part, certes infime, (autour de 5,1%) sur le consommateur final. Ainsi depuis lundi dernier, les prix ont grimpé de 50 centimes. A la pompe, l’ordinaire (9,45 Dhs/l), le super (9,85 Dhs/l), le gasoil (6,46 Dhs/l) et le gasoil 350 (7,70 Dhs/l) affichent de nouveaux prix. Le pétrole lampant (6,46 Dhs/l) et le fuel industriel (2.581 Dhs/t, soit 500 Dhs de plus) suivent cette augmentation.
Avec un baril, qui a dépassé la barre des 50 $ US en mars dernier, soit un différentiel de 15 Dhs, par rapport à l’hypothèse haute de la Loi des Finances 2005, il fallait s’attendre à des réajustements, tant la Caisse de Compensation voyait son déficit avoisiner un gouffre astronomique. D’aucuns tablaient sur ce rythme, sur un solde négatif avoisinant les 6 milliards de Dhs. Déjà, les chiffres au premier trimestre donnaient le tournis aux financiers de l’Etat. La Caisse a supporté 2 milliards sur cette période comparés aux 3,5 milliards déboursés pour l’année 2004 entière! Cela fait un rapport de 57,14%, alors que le semestre n’est même pas achevé. La nouvelle hausse permettrait de garder des comparaisons acceptables, en glissement annuel.
Faudrait-il que les industriels, les opérateurs et les consommateurs finaux perçoivent ce correctif de cette façon. A ceux qui clament la cherté du coût de l’énergie, viennent s’ajouter ceux qui déplorent un renchérissement du coût de la vie. D’autres encore plus calculateurs préconisent des prévisions plus réalistes, avec des écarts moins importants.
Pourvu que les transporteurs, souvent prompts à répercuter les hausses du carburant sur les usagers, jouent le jeu. De toute évidence, l’Etat, qui a coupé la poire en deux et maintenu inchangés les prix du gaz butane, qui pondère lourdement la caisse, tend la perche aux indulgents.
Daouda MBaye