Pendant que tous les professionnels du tourisme s’inquiètent des conséquences sur le tourisme national de l’invasion américano-britannque de l’Irak, M. Adil Douiri préparait pour sa part une feuille de route en vue d’atténuer les effets de cette guerre sur le tourisme national. Et il avait beaucoup de cordes à son arc. Le fait aussi que tous les intervenants dans le secteur du tourisme soient présents à cette rencontre, organisée pour la presse nationale, prouve, si besoin est, que le ministre entend associer tout le monde à la relance du tourisme marocain. En présentant donc aux représentants des médias le plan de promotion du secteur pendant et après la guerre en Irak, le ministre du tourisme montre par cette action qu’il ne faut pas rester les bras croisés, en vue de faire de la destination Maroc l’une des meilleures au monde, en ces temps d’incertitude. Élaboré par la «Cellule de veille» mise en place par le gouvernement visant à pallier les répercussions de cette guerre, le nouveau plan est novateur à plus d’un titre. En effet, dans un premier temps, le plan prévoit une réduction de 50 % des tarifs sur le pacquage «hébergement + transport» en faveur du tourisme intérieur. Un grand pas qui vient d’être ainsi franchi puisque longtemps on avait négligé le tourisme local alors qu’il s’agit d’un secteur qui peut bien se développer en nombre. Cependant, cette baisse des tarifs n’est possible qu’avec la participation de la Fédération nationale du tourisme, la Fédération nationale de l’industrie hôtelière, la Fédération nationale des agences de voyages et les principales compagnies de transport à savoir : la RAM, la RAL, la CTM et l’ONCF. Dans l’optique de conférer une plus grande efficacité à cette action, pendant la guerre en Irak, la «Cellule de veille» a opté pour la suspension ponctuelle de la communication institutionnelle et le report massif du budget sur des actions de relations publiques. Pour les concepteurs du nouveau plan, le principal message véhiculé fera ressortir la spécificité culturelle et géographique du produit en tenant compte des nuances selon les pays émetteurs et en concentrant les efforts sur les marchés à forte proximité culturelle. Pour ce qui est des dispositions à prendre, après la guerre, le plan prévoit notamment le reprise de la communication institutionnelle sur les pays proches culturellement, la redynamisation des partenariats entre le Maroc et les TO leaders sur les marchés moins proches culturellement, le lancement de quelques destinations en difficulté. Dans son troisième volet, le plan envisage de soulager l’effet de trésorerie des hôteliers pendant la durée de la guerre en Irak à travers un règlement rapide des créances publiques qui leur sont dues, la facilitation par les banques et la Caisse centrale de garantie, du rééchelonnement des dettes de certains hôteliers et davantage de souplesse sur les délais de recouvrement des impôts et des arriérés dus à la CNSS. Un ensemble de mesures qui devraient doper le secteur touristique. C’est à Marrakech que ces actions seront bien accueillies puisque la capitale touristique a enregistré une baisse de 13 % des arrivées de touristes entre le 17 et le 23 mars.
M.S.