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La filière des Marocaines du Golfe

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Le plus vieux métier au monde a le vent en poupe auprès de certaines femmes. Des réseaux se créent ici et là, faisant du business de la chair une source de revenus inépuisable. La cible, ce sont les pétrodollars. Les « émirs » aimants du Golfe ou « haoulis » comme ils sont communément appelés par les Casablancais d’en bas, ont toujours eu un faible pour les filles « made in Morocco ». Les “poules” marocaines, au charme incontesté et surtout aux mœurs légères sont très appréciées dans les pays du Golfe. Et pour cause, elles ne ménageraient par leurs chairs pour satisfaire les besoins pervers de leurs clients généreux, les premiers assurant une source érotique luxuriante et les secondes une source de revenu intarissable.
Les clients sont fournis directement dans leur pays d’origine ou lorsqu’ils sont de passage au Maroc. Les filles préfèrent de loin la deuxième option. Elles coupent court avec les Que-dira-t-on ? Puisqu’elles ont une parfaite couverture vis-à-vis de la société. Aux yeux de la famille, des voisins, des proches, … la fille part travailler dans les pays du Golfe, et tout le monde est content. Elle finit même par forcer le respect lorsqu’elle l’argent coule entre ses mains, et surtout lorsqu’elle s’installe derrière le volant d’une sa caisse « Tous terrains » très prisées en ce moment. Tendance oblige.
Le phénomène est vieux comme le temps, dira-t-on, notamment dans une ville comme Casablanca. Des filles qui recourent au commerce de la chair, on en a déjà vu et cela continuera, jusqu’à la fin des temps. La nouveauté, c’est qu’avec les progrès de la technologie le secteur connaît une expansion vertigineuse. Les NTIC facilitent les choses et les filles comme le Chat, Webcam, MMS, SMS, … sont autant de moyens qui rapprochent les distances, rendant ainsi le business de la chair des plus florissants. Le site « Fatayat.com ou « win32xinfo.com », connaissent un très fort engouement.
Partant, certains propriétaires de cybercafés, n’hésitent pas à se transformer en proxénètes, occasionnellement ou à plein temps pour d’aucuns. C’est le cas d’un cybercafé à Derb Soltane, où les cybernautes filles, s’y rendent en quête d’un visa vers les pays du Golfe. Le propriétaire a un double rôle, il assiste les filles qui ont du mal à chater, lorsqu’elles ne sont pas initiées à l’outil informatique. Il joue également un rôle d’intermédiaire entre les filles et« Lhaja », la quarantaine bien entamée. Cette dernière vit, selon le proprio du cyber entre le Maroc et le Koweît, « elle doit sans doute avoir la résidence. Mais, elle doit avoir bien plus que cela. Car, elle doit disposer d’une autorisation de sortie « Al Khouroujia » signée par son employeur à chaque fois qu’elle veut quitter le territoire. Ce qui n’est pas évident pour quelqu’un qui vient au moins 4 fois/an et reste plusieurs semaines avant de retourner »
Cette dernière prend les photos scannés aux cybercafés, les transmet à son tour aux intéressés et une fois qu’elle a l’aval, elle revient chercher les passeports pour déposer la demande de visas, souvent pour motif de travail. Ce qui est surprenant, c’est que la majorité des passeports en question, ont un point en commun. Les filles sont toutes originaires (lieu de naissance figurant sur le passeport) de campagnes proches ou éloignées de Casablanca, alors que le lieu de résidence des filles est Casablanca, plus précisément le quartier Hay Hassani. Cela veut dire que ce sont des campagnardes qui ont quitté le domicile parental pour venir travailler en ville. Elles commencent souvent par un travail domestique, avant de se tourner vers les usines de textile, de conserves (pour les plus respectueuses d’entre elles) ou vers la rue (pour les sex-appeals). Au début, de leur séjour à Casablanca, ces filles sont logées chez les familles qui les emploient, par la suite elles se mettent à 3-4-5 et louent une chambre dans des quartiers populaires, en l’occurrence Hay Hassani. C’est ainsi, qu’elles peuvent avoir un certificat de résidence. Les paysannes se transforment rapidement en néo-citadines et aspirent donc au même statut que ces dernières. Elles rêvent d’avoir de jolies fringues, d’avoir des habitations correctes, de conduire une voiture, … bref tout ce qui leur permet d’intégrer la société, dont elles se sentaient jusque là exclues.
Pour ce faire, elles doivent travailler dur et surtout beaucoup, parce qu’elles sont pressées pour honorer les frais exigés par « Lhaja ». Il faut compter entre 7000 Dhs et 15 000 Dhs selon le profil et le niveau d’expérience de chaque candidate. Il faut disposer de grandes qualités physiques et séductrices pour pouvoir aspirer à un visa.
Mais officiellement, pour pouvoir avoir un visa, c’est le un motif du travail qui est mentionné. Ainsi, sur les passeports dont nous avons eu copie, on retrouve les mêmes métiers qui reviennent : coiffeuse, couturière, esthéticienne, ouvrière, …
Le visa de l’Arabie Saoudite ést le plus dur à fournir. Souvent, les candidates obtiennent des visas de pays limitrophes et sont conduites au pays par voie terrestre. Elles sont voilées et passent souvent pour des autochtones.
En plus des cybercafés, certaines téléboutiques, s’adonnent également au même commerce.
Dans le quartier Sbata, sur la route de Médiouna, une téléboutique tenue par un homme. C’est ce dernier qui décide si les filles sont admises ou pas sur un simple coup d’œil, qui a vu la cadence de fréquentation de sa boutique augmenter depuis qu’il a commencé ce business. Lui aussi joue l’intermédiaire pour le compte d’une certaine Nihad. Un vrai canon, de cheveux blonds, une taille de guêpe, la fille à peine âgée de 27 ans, ne passe pas inaperçue.
Si cette dernière préfère garder le secret de ses employeurs (arabes) elle avoue qu’une fois qu’on a gouté au luxe de l’argent facile (pas si facile que cela), on a du mal à s’en détacher.

L. Ouazry


Plusieurs Marocaines attendent dans l’ile de Kish
C’est à Kish, une petite ville d’environ 100 Kms située au Sud de l’Iran, dans le Golfe persique, près des frontières des EAU, que des dizaines de Marocaines attendent. Elles sont la-bas parce que le visa de séjour a expiré et au lieu de rentrer au Maroc, elles préfèrent attendre en Iran, le temps que quelqu’un vienne à leur secours. Souvent employés dans le business du sexe, ces filles attendent que leurs employeurs « Al Kafil » renouvellent leurs contrats pour revenir sur leur territoire émirati et renouveler leur certificat de résidence. Pour certaines, le séjour à Kish peut durer quelques heures ou quelques jours comme, il peut durer plusieurs mois, voire des années. Les filles s’attachant au moindre espoir de regagner les EAU, ne veulent aucunement parler du retour au Maroc, ce qui donne à leur employeur une éventuelle opportunité de chantage et d’exploitation. Les filles sont prêtes à tout pour regagner les EAU. La majorité de ces filles logent dans un hôtel, où elles reçoivent directement leurs visas via le fax.

Où se trouve Kish ?
Kish est une île iranienne et une ville dans le golfe Persique, dans la province d'Hormozgan. En raison de son statut de zone de libre-échange, elle est reconnue comme un paradis pour les consommateurs et dispose de nombreux centres commerciaux, boutiques, attractions touristiques et hôtels de tourisme. Environ 150 000 habitants (et 1 500 000 visiteurs par an).



 

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