La Nouvelle Tribune : Comment se présente aujourd’hui, la ligne de crédit italienne au Maroc ?
M. Ahmed Fouad El Filali : Dans sa conception, il faut dire que c’est un très bon instrument de financement pour l’achat du matériel Italien ou pour financer le partenariat italo-marocain. Rappelons à ce sujet, que l’Italie est le troisième partenaire économique du Maroc. C’est un bon mécanisme aussi, vu que cette ligne de crédit finance à un taux de 5% sans risque de change. Seulement, le grand problème qui se pose aux entreprises est la procédure qui est très lourde, donc lente. Il faut presque 12 mois pour pouvoir débloquer les fonds nécessaires. Aujourd’hui, plusieurs dossiers ont été acceptés alors que le déblocage des fonds n’est pas encore effectué à hauteur des dossiers admis. En termes de fonds débloqués, il faut dire que nous sommes à moins des 50% des fonds disponibles.
En tant que Vice-Président de la Chambre italienne de commerce au Maroc, comment se présente le partenariat entre Rabat et Rome ?
Comme vous l’avez remarqué, depuis un certain temps, il y a un grand dynamisme des opérateurs économiques Italiens au Maroc. À ce sujet, la SINMARCO a son mot à dire vu qu’elle a constitué un partenariat entre la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Service de Tanger et celle de Ravenne (Italie) et c’est dans ce sens qu’un Work Shop a été organisé le 14 décembre 2004 à Ravenne devant plus de 25 Entreprises de la région italienne de Ravenne où notre société, la SINMARCO, a présenté les potentialités du Maroc et précisément celles de la ville de Tanger. En outre, le programme entre les deux Chambres se poursuivra, au mois de mai prochain, par la visite d’une importante délégation économique de la ville de Ravenne à Tanger. Bien sûr, la SINMARCO assurera la coordination et le suivi des accords entre les deux Chambres. D’ailleurs, il faut souligner, qu’en général la mission de SINMARCO est la promotion des potentialités du Maroc en Italie et l’adaptation des propositions italiennes à la réalité locale par le biais d’un partenariat équilibré italo-marocain.
Dans ce contexte, comment se présente, à votre avis, la mise à niveau des PME-PMI dont on ne cesse de parler ?
Je crois que Monsieur le Premier ministre était très clair durant sa dernière réunion avec les journalistes à ce sujet. En effet, la mise à niveau, comme elle a été présentée dernièrement, n’est pas adaptable à la réalité locale, car le tissu économique marocain est formé de Petites Entreprises qui emploient moins de 10 personnes et qui font un chiffre d’affaires entre 1 000.000 Dh et 8 000.000 Dh. au même moment, les conditions d’éligibilité imposées pour la fameuse mise à niveau sont faites pour des Entreprises qui font un chiffre d’affaires de plus de 30.000.000 Dh. La conclusion, selon moi, c’est que dans ces conditions, il faudrait revoir la définition des PME-PMI marocaines et l’adapter à la réalité locale.
Comment s’est présentée l’année 2004 à SINMARCO ?
L’année 2004 pour la SINMARCO a été une année très positive vu que plusieurs projets de partenariat italo-marocain ont été lancés et d’autres projets de délocalisation des Entreprises italiennes au Maroc, par nos soins. D’ailleurs, il faut ajouter à cela que le financement n’est qu’une partie de la mission du Cabinet SINMARCO, mais notre grand engagement est le partenariat bien étudié et bien équilibré où le respect des spécificités locales et le développement local sont des responsabilités sociales à tenir en considération dans chaque étude de projet.
Pris en vrac, quels sont les domaines visés par les entreprises italiennes et pour lesquels SINMARCO est intervenue ?
Parmi les secteurs où le Maroc a des facteurs comparatifs il y a le secteur agro-alimentaire où la transformation de notre matière première peut vraiment être un levier de l’économie nationale, mais à condition de bien étudier et évaluer les marchés et respecter les conditions exigées par ces marchés. En d’autres termes, il faut produire ce que demande le marché et non pas le contraire. C’est dans ce sens que s’inscrit notre projet pilote dans la région Doukkala Abda qui prévoit le regroupement de plusieurs petits agriculteurs en une structure provinciale ou régionale. Cette nouvelle structure exploitera une superficie totale d’environ 7000 à 8000 hectares. En outre, ledit chantier sera exploité selon la demande du marché international. Aussi, la partie italienne assurera-t-elle la formation, l’encadrement des agriculteurs locaux, plus l’accès aux marchés internationaux pour les marocains qui sera sans intermédiaires, donc directe. Ce qui va augmenter la marge de bénéfices des exploitants.
Entretien réalisé
par Mamady Sidibé