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Energie : Le coût de la discorde

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Sur les différents axes stratégiques développés par M. Mohammed Boutaleb, Ministre de l’Énergie et des Mines, au cours de la table ronde du 27 avril, à savoir une énergie interconnectée et diversifiée, une sécurité de l’approvisionnement assurée, l’avancée de l’électrification rurale, l’exploration, et le coût, seul ce dernier a soulevé la polémique. Les pragmatiques sont allés droit au charbon se demandant si les coûts actuels de l’énergie ne plombaient pas effectivement la compétitivité des entreprises marocaines dans un marché globalisé? Cette question, qui à elle seule résumait le débat autour de l’énergie, comme facteur de développement des entreprises, a reçu des réponses différentes, ou suscité des espoirs déçus. Du côté des pouvoirs publics, le ministre a été on ne peut plus clair: “ basés sur le moyen et le long terme, les axes stratégiques, notamment la sécurité d’approvisionnement et un meilleur coût, ne changent pas, mais sont décristallisés ”. Toutefois, les opérateurs privés attendaient une baisse d’un coût de l’énergie, jugé exorbitant, par rapport aux pays à développement similaire. Ce benchmarking vis-à-vis de la Tunisie, ou de l’Egypte, a été balayé d’un revers de main par M. Boutaleb, même s’il trouve que la notion d’indépendance énergétique est aujourd’hui dépassée. Il n’y croit pas du tout. De son avis, chaque pays est normé selon ses propres paramètres, ses propres caractéristiques. Pour illustrer son propos, il a cité le prix du kWh éolien en Egypte compris entre 30 et 35 centimes, parce que subventionné à l’égyptienne. Tout dépendrait du management de l’énergie. Rappelant le discours du Souverain en septembre 2000 à Jorf Lasfar, relatif à la baisse de 17% du coût de l’énergie électrique en M et HT, il a souligné que : “ nous continuerons de faire des efforts, d’ailleurs depuis trois ans, la diminution sur cette branche est de 28%, d’où un cumul de 35%, à date d’aujourd’hui. Apparemment, cela ne suffit pas, car les entrepreneurs, qui s’accordent avec lui sur l’omniprésence de l’énergie dans l’activité économique, que ce dernier a lui-même qualifiée de vecteur de tout projet de développement, pointent très souvent du doigt sa cherté. Il trouve que le contrat-programme signé entre l’Etat et les professionnels du textile sur l’électricité (péréquation de 20 centimes sur le kWh) n’est pas la meilleure manière de gérer le coût de l’énergie. Au contraire, il faut le traiter globalement, non pas secteur par secteur.

Une réelle diversification

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’une dynamique est enclenchée pour diversifier les ressources énergétiques. Du gaz au nucléaire en passant par les énergies renouvelables, des efforts sont réalisés pour assurer un approvisionnement sans faille. La Station de Transfert par Énergie Potentielle (STEP) d’Afourer, partiellement opérationnelle depuis trois mois, pour lisser la courbe de charge, est un vif succès, a précisé M. Nakkouch, Directeur Général de l’Office National de l’Electricité (ONE). La réussite du parc éolien d’Al Koudia a même été imitée par certaines entreprises énergivores, telles que les cimenteries (100 kWh/ tonne de ciment). Par un vibrant témoignage, M. Taoufik Logdali, Directeur Technique de Lafarge Ciments, a en effet souligné que dans leur effort de réduction de la consommation énergétique, l’usine de ciment de Tétouan sera alimentée par un parc éolien de 10  MW. Cela équivaudra à une couverture de 40% des besoins. En dépit d’une rentabilité moyenne, c’est surtout le pari sur l’avenir et la protection de l’environnement (économie de 300.000 t de gaz carbonique émis dans l’atmosphère) qui sont mises en avant, a-t-il indiqué. 
Sur un tout autre registre, l’Observatoire de l’Energie, annoncé il y trois ans, par les opérateurs privés, réunis autour de la Fédération de l’Energie, verra incessamment le jour, grâce à un Partenariat Public- Privé (PPP), sous forme d’un Centre d’Etudes et de Perspectives Energétiques. M. Alaoui, Président de cette association professionnelle, a noté que d’abord calqué sur le modèle français, plutôt lourd (donc abandonné), il a fallu attendre l’établissement du nouvel organigramme du ministère de tutelle, qui inclut désormais une Direction de l’Observation et de la Programmation, pour mettre en branle sa création définitive. La collecte des informations n’en sera que moins aisée, car appuyée par des textes coercitifs, à mettre en place. 

Un fonds d’exploration dans le pipe 

En termes de prospection, il a été mentionné que le pétrole que le Maroc ne produit pas encore (prévision  de 6 milliards de Dhs de compensation / 2005 ), est sujet de recherches exploratoires soutenues, en témoigne la naissance de l’Office National des Hydrocarbures du Maroc (ONHYM). Pour M. Boutaleb : “ Le pays est sous-exploré. Une réflexion est menée sur le montage d’un fonds et d’un projet-pilote pour permettre aux opérateurs d’intervenir dans la recherche et l’exploration. Déjà, il existe des petits gisements de gaz naturel dans la région du Gharb. Il s’agit d’être plus agressif pour inviter les investisseurs marocains dans ce secteur lucratif”.
La libéralisation, qui suit tranquillement son cours, et le système des échanges énergétiques n’ont pas, non plus, été occultés. L’interconnexion avec l’Algérie et l’Espagne est une réalité. Le ministre de l’Energie a avancé, en substance, que c’est un rêve qui s’est enfin concrétisé; le Maroc, pays de transit énergétique, ambitionne de se développer en direction du Sud (Mauritanie, Sénégal, Mali…,) pour une coopération fructueuse qui respecte les intérêts des uns et des autres. La présence de M. Sarr, Directeur de la Senelec, à ce débat, signifiait-elle un partenariat en gestation ? Les autorités, interrogées par La Nouvelle Tribune, sur la question, ont opposé un “ No Comment ”, tout sec! Wait and see.

D. MB.



 

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