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Les conserves végétales, une filière à soutenir

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L’Agence Nationale pour la Promotion de la PME (ANPME) vient de mettre à la disposition des opérateurs, et autres décideurs, une mine d’informations. Avec l’analyse du potentiel de branches industrielles et services (papier-carton, cuir, conserves végétales, pâtes alimentaires et couscous, produits de la mer de la région de Sous-Massa Draa, et  ingénierie industrielle), qu’elle vient de finaliser, ils ont non seulement une appréciation juste de ces secteurs, mais aussi une stratégie pour se développer. Nous nous penchons, cette fois-ci, sur la filière des conserves végétales.
Composée de deux grandes parties, cette étude expose une monographie du secteur, puis fait l’ébauche d’un projet de plate-forme pour la relance des conserves végétales.
Dans la première partie, les auteurs donnent un aperçu des industries alimentaires, de transformation des fruits et légumes, de l’amont agricole, des fruits et légumes destinés à l’agro-industrie, et des organisations des filières de substitution à l’import et de celles à l’export.
Nous mettons l’accent sur la plate-forme pour la relance du secteur des conserves végétales qui s’appuie sur les axes stratégiques découlant des diagnostics. Elle comprend un ensemble de dispositions qui concernent en premier lieu les industriels, leurs associations et les Pouvoirs Publics, mais aussi les autres acteurs et notamment, les agriculteurs et leurs organisations. Un tableau synthétique résume l’ensemble des recommandations et des partenaires impliqués dans leur mise en œuvre.
On note que l’ensemble est structuré en cinq axes. Les quatre premiers axes concernent principalement l’amélioration de l’environnement général des entreprises du secteur. Ces orientations ont pour objectif d’attirer les investissements privés nécessaires à la relance du secteur, souligne-t-on. Les recommandations destinées aux opérateurs privés sont regroupées dans le cinquième axe de la plate-forme.
Le diagnostic stratégique élaboré dans le cadre de cette étude, a abouti à identifier un vrai potentiel de croissance dans ce secteur. En termes de croissance, un objectif ambitieux pourrait être atteint à moyen terme, compte tenu des évolutions favorables de la consommation interne et internationale et des qualités de l’origine marocaine. Le soutien apporté par l’Etat aux filières des fruits et légumes transformées, qui demeure comparativement faible, pourrait encore être valablement élargi dans ce but.
En ce qui concerne l’amélioration de l’environnement du secteur, la plate-forme pour la relance des industries des conserves végétales s’appuie sur quatre axes qui sont : la modernisation de l’amont agricole, l’organisation de la concurrence sur le marché intérieur, la promotion de la gestion de la qualité et le renforcement de la compétitivité industrielle. Dans chacun de ces domaines, les professionnels ont décrit les efforts en cours, les handicaps à surmonter et les mesures envisageables à court et à moyen terme.
Quant au rôle des industriels, la plate-forme formule un ensemble de recommandations issues des diagnostics réalisés par les experts lors des visites des entreprises et des lacunes relatives issues des tableaux de ‘’benchmarking’’.
Ces recommandations portent notamment sur deux aspects : la mise aux normes des équipements et, l’adoption des techniques de management moderne en matière de ressources humaines, de marketing et de recherche-développement.
L’aboutissement de cette plate-forme passe par sa prise en charge et son appropriation par les organisations professionnelles. Ce qui exige un travail en profondeur de sensibilisation, de détermination des priorités et de constitution de coalitions et d’alliances capables de les mener à terme.

Restructuration souhaitée

Les exhortations, relatives à l’environnement, tournent autour de la modernisation de l’amont agricole, de l’organisation de la concurrence sur le marché intérieur, la promotion de la gestion de la qualité, et le renforcement de la compétitivité. Les principales entraves décelées ont trait aux surcoûts importants, par rapport à la concurrence, aux problèmes d’approvisionnement des industries sur les plans quantitatif et qualitatif, aux variations climatiques et au développement du marché intérieur du frais. Les principales recommandations, soulevées lors des entretiens avec les industriels pour moderniser l’amont agricole, vont de l’encadrement technique à la valorisation des terres domaniales, en passant par la formation des agriculteurs, l’organisation en groupements de producteurs, l’amélioration des contrats, la mise en place de l’observatoire de la production fruitière et légumière, la restructuration des vergers et le développement de l’irrigation. En effet, les opérateurs ont considéré qu’un encadrement technique de proximité des agriculteurs donnerait des résultats probants en matière d’amélioration de la productivité et donc d’approvisionnement. Cet encadrement, lorsqu’il existe, est soit fourni directement par les industriels, soit sous-traité à des organismes spécialisés. Dans les deux cas, il reste coûteux et mériterait d’être soutenu par les services extérieurs du ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MADR).

Érection d’un Observatoire

En termes de formation des agriculteurs, il a été recommandé qu’au delà de l’encadrement technique de proximité, se pose le problème général de la formation des agriculteurs, en particulier en ce qui concerne l’utilisation des nouvelles technologies. Cette mission qui relève de l’action du MADR, mérite d’être renforcée.
L’organisation en groupements de producteurs : Les opérateurs considèrent que l’absence de regroupement des producteurs agricoles constitue un obstacle à la diffusion des techniques et à l’amélioration des conditions d’approvisionnement. Beaucoup de pays encouragent de manière spécifique les agriculteurs qui acceptent de se regrouper, en particulier dans le secteur des fruits et légumes destinés à la transformation. Des initiatives s’inspirant des mêmes principes et adaptées au contexte marocain sont à concevoir et à mettre en œuvre.
Au titre de l’amélioration des contrats, il est déploré le non respect des contrats de culture, un problème récurrent. Dans un certain nombre de cas, il serait possible de rédiger des contrats plus flexibles et donc mieux à même d’être respectés.
La flexibilité porterait, soit sur une quantité minimale à livrer, soit sur un prix minimal, ainsi que sur des formules d’indexation entre les prix. Des opérations pilotes sont à envisager dans ce domaine.
L’érection d’un Observatoire de la production fruitière et légumière  permettrait un accès à l’information plus facile. N’est-ce pas qu’elle constitue la principale source de pouvoir qu’exercent les collecteurs sur certains marchés de matières premières. Cette information est coûteuse à obtenir aujourd’hui, compte tenu de l’absence de système d’observation produisant à des délais courts les prévisions quantitatives et qualitatives nécessaires à la formation d’anticipations correctes de la part des producteurs agricoles et des industriels. La mise en place d’un Observatoire s’appuyant sur les techniques modernes est donc à encourager.
Aussi, la restructuration des vergers, avec une répartition moins dispersée des plantations, le développement de l’irrigation et l’intégration en amont des industriels, permettraient des avancées notables.
Enfin, il a été suggéré une meilleure organisation de la concurrence sur le marché intérieur, avec une rationalisation de la fiscalité sur les intrants et sur les produits, une meilleure protection à l’importation, contre les pratiques de dumping, et une intégration des unités rurales et informelles dans les chaînes logistiques comme sous-traitants.
La promotion de la gestion de la qualité, appuyée par recherche appliquée, l’installation de laboratoires la formation et la sensibilisation des opérateurs et le renforcement de la compétitivité, devant les sérieuses menaces venant d’Asie et du Moyen Orient ont été évoquées.
Aux industriels, il est recommandé un effort important d’adaptation et d’investissements (équipements aux normes, techniques modernes de management).
Un futur contrat-programme, entre les partenaires impliqués et les principales sous-branches concernées par ordre de priorité (C1 : conserves d’olives, C2 : conserves de câpres, C3 : conserves de cornichons, C4 : conserves de fruits, C5: conserves de légumes, C6 : fruits surgelés, C7 : légumes surgelés, C8 : jus de fruits, C9 : épices et herboristerie), ne ferait de mal à personne.

D. MB.



 

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