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Le CRJES fait plancher Chami sur l’Ouverture

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La modernisation du tissu économique national continue de nourrir les débats, l’ordre du jour est encore, pour l’entreprise, «d’être compétitive ou disparaître». Le dernier en date, tenu au sein du Centre de Recherche Juridiques Économiques et Sociales (CRJES), le 9 mars à Casablanca, sur le thème «Mise à Niveau et Internationalisation» a été passionné, par moments. Le vocable Mise À Niveau (MAN) est devenu un terme qui ne fait plus l’unanimité. Certains lui préfèrent adaptabilité, d’autres plus pessimistes avancent une MAN multiple (éthique, des mentalités, effort d’adaptation...). M. Hassan Chami, patron des patrons, en sa qualité de Président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), qui a ouvert les discussions, a tout d’abord rappelé le contexte économique actuel, de plus en plus, concurrentiel (l’économie de rente étant derrière nous), dans lequel évolue l’entreprise marocaine et qui nécessite une restructuration compétitive, avant d’énumérer les différentes actions réalisées par la CGEM. Poursuivant son intervention, il a soutenu que pour accomplir les ajustements nécessaires à cette nouvelle donne et réussir ainsi leur intégration dans la dynamique internationale, les entreprises ont besoin d’un ensemble de mesures complémentaires et d’accompagnements, en termes de réformes et de soutiens. C’est, ajoutera-t-il, la seule alternative pour ne pas rester à la traîne et être dans le trend (sinon le train) de l’économie gagnante. Les cas de pays, tels que la Malaisie ou la Chine, peuvent servir d’exemple, a-t-il soutenu.

Des avancées, mais...

Loin de rester passive face à l’élan de modernisation de l’économie,  la CGEM et l’ensemble de ses unions régionales n’ont pas économisé leurs efforts pour mettre en place une véritable stratégie d’accompagnement et de soutien des entreprises qui risquent de souffrir gravement de cette mutation. Il faut rappeler que la CGEM a à son actif l’ouverture du Centre de Promotion de la Mise à Niveau (CPMAN) pour la région de Casablanca, pour accueillir, informer, orienter et accompagner les chefs d’entreprise dans leurs démarches en la matière. Elle oeuvre aussi au soutien et au développement des associations professionnelles, à travers le Programme d’Appui aux Associations Professionnelles (PAAP). L’une des préoccupations primordiales  sur laquelle elle se focalise a trait à la diversification des débouchés et le développement des relations avec les partenaires actuels. Sa contribution à la création de l’Agence Nationale des PME (ANPME) et les avancées réalisées en matière de MAN, dans le cadre du Comité National de Mise à Niveau et des différents pôles qui en découlent, sont assez édifiantes.
Nous avons retenu que dans le cadre des travaux de ces différents pôles, qui ont été présidés par des membres de la CGEM, plusieurs avancées ont été  réalisées grâce à un climat de travail caractérisé par une parfaite concertation entre le secteur privé et l’administration. Ces travaux ont abouti à des mesures opérationnelles concernant l’entreprise, la modernisation de l’administration, le cadre macro-économique et les politiques sectorielles. Ce Comité a lancé un site web interactif (www.miseaniveau.gov.ma) qui expose des informations sur les organismes et outils mis en place pour une réussite de la modernisation de l’entreprise. De même, une large campagne de communication au niveau national a été lancée. La Confédération a invité l’ensemble de ses membres à œuvrer pour l’établissement d’une morale des affaires, d’un code de bonne conduite qui bannirait la corruption et toutes sortes de dérives, et aboutirait à une véritable éthique de l’entreprise. Pourtant, malgré tout cela, les différents chefs d’entreprises, universitaires et autres étudiants, présents, à cette première rencontre inaugurant les cycles de conférences au CRJES, ont noté que dans la réalité, la cadence était  peu élevée, et qu’il fallait redoubler d’efforts. Certains ont fait un constat d’échec.

Entre fonds et fonds

Les étudiants, soucieux de leur insertion future dans l’entreprise, ou sur le marché (pour les plus ambitieux d’entre eux), ont clamé haut et fort la réussite de la MAN. M. Berrada, PDG de la RAM a mis l’accent sur la réactivité, plus que de faire tout simplement des réformes, et surtout sur la capacité à travailler autrement, à aller plus vite que les autres. A défaut de cela, soulignera-t-il, lui qui n’aime pas trop le terme MAN, (manque-t-il peut-être d’ambition? Pourquoi ne pas viser plus haut?), voit des lendemains peu enchanteurs. Les observations qu’il a faites, relatives à la remise en question d’un certain nombre de principes, le rajeunissement des cadres dirigeants, la faible motivation dans les entreprises et la faible réactivité de l’Etat, expliquent tout à fait un tel constat. 
Les opérateurs présents ont appelé à un soutien plus conséquent de l’Union Européenne (UE), similaire aux fonds de restructuration, accordés au Portugal et à l’Espagne à leur entrée dans l’Union, et déploré la complexité des procédures. Seulement, il doit y avoir d’autres types de blocage, devant le faible taux d’utilisation des fonds disponibles, dédiés à la MAN, n’ont pas manqué de relever des observateurs présents. D’autres membres de la CGEM, notamment Mme Karki, chef d’entreprise, M. Alaoui de la Fédération de l’Energie, ou tout simplement des universitaires ont attiré l’attention sur la simplification des textes, le taux d’analphabétisme, la nécessaire veille technologique, la mise en place de consortia d’entreprises, la promotion du marché hors Banque, le manque d’harmonie entre les lois, l’absence de décrets d’application, culture de l’effort et du partage...
Pour une première rencontre dans le CRJES, ce fut un coup de maître, sans nul doute, l’interpénétration, souhaitée entre le monde universitaire et celui de l’entreprise, qui s’amorce, ne tardera pas à être effective. Déjà le lendemain de cette rencontre, une journée d’études était programmée sur «Productivité, ouverture commerciale et compétitivité».

D. MB.

Qu’est-ce que le CRJES?

Le CRJES est une association, créée à l’initiative de grandes entreprises marocaines et de l’Université Hassan II. Sis au sein même de la bibliothèque offerte par le mécène Hadj Ghali Berrada, il ambitionne de créer une plate-forme d’échanges entre le monde de l’entreprise et l’université. Ce rapprochement se fera par l’encouragement de formations complémentaires adaptées et des recherches appliquées pour favoriser l’intégration de l’étudiant dans le marché du travail. En dehors de l’organisation de conférences et de tables rondes, il soutiendra et promouvra la recherche appliquée, mais aussi permettra le développement de la formation complémentaire.

(Source: CRJES)



 

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