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30 200 entreprises créées en 2004 L’amorce d’une réelle relance

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Avec l’année 2005, aujourd’hui bien entamée, la morosité semble être loin derrière. Plusieurs indicateurs économiques concourent à cette conclusion. Au cours de l’année écoulée, malgré un cours du brut flirtant avec la barre des 50 $ US, l’effervescence de l’activité économique générale s’est manifestée en bien des domaines. Il faudrait vraiment le vouloir pour ne pas constater les importants travaux d’investissements entamés, sinon achevés, un peu partout à travers le pays (au Nord avec Tanger Méditerranée, sur le plan des transports terrestres et aériens, ou touristiques et immobiliers). Mieux encore, selon les chiffres provisoires de l’Office des Changes,  le compte courant a dégagé un excédent de 3,7 milliards de Dhs (près de 1% du PIB), tandis que le solde final de la balance des paiements a atteint 16,8 milliards de Dhs. Les transferts des Marocains Résidant à l’Étranger (MRE, 37,1 milliards de Dhs, + 7,1%), et les recettes de voyages (34 milliards de Dhs, +10%), sans omettre les Investissements Extérieurs Directs (IED), ont bien entendu concouru à ces résultats. 

L’effet CRI

La facilitation de l’acte d’investir, qui s’est concrétisée par l’érection de Centres Régionaux d’Investissement (CRI), en est sûrement pour beaucoup. L’effet CRI a permis au Royaume de se hisser au 10ème rang sur un total de 145 pays, d’après un récent rapport de la Banque Mondiale, intitulé «Doing business in 2005: removing obstacles to growth» ou «Climat des affaires en 2005: éliminer les obstacles à la croissance) . En effet, il ressort de ce document que le Maroc est placé parmi les  pays qui ont entrepris des démarches considérables pour la simplification des procédures et l’amélioration du climat des affaires. Le pays est donc sur la bonne voie. Les quelque 13,3 milliards de Dhs de prêts et investissements privés étrangers qui y ont été versés le confirment. Quelques points supplémentaires sont, certes, souhaités par tous les décideurs. 
Les opérateurs, contactés, ont vraiment repris du poil de la bête, et respirent l’optimisme. Les trésoreries sont moins malmenées, même s’il arrive de temps à autre que les rentrées soient quelque peu décalées. Il faudrait chercher la faute, sur ce volet, dans le cercle vicieux des impayés, décriés par tous, mais hélas énormément entretenu. Heureusement, cela n’a pas empêché la création d’entreprises aille crescendo. Le Royaume a connu une augmentation sensible du nombre d’entreprises et de commerces entre 2003 et 2004. En effet, les données globales de l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC) relatives à la création d’entreprises, que M. Bakhouya, Département Statistiques, nous a communiquées font état de quelques 20.557 personnes morales et 9.645 personnes physiques créées. Par rapport à l’année dernière, c’est un bond de 9,75%. A titre d’exemple, nous relatons les évolutions au niveau des CRI de Casablanca et d’Agadir. 
Le CRI de Casablanca a fini l’année avec l’examen de 180 nouveaux projets d’investissements déposés au CRI, contre 150 projets à la même période de 2003.
Il fonctionne, à l’instar des autres centres, avec deux guichets dont le principal est réservé à la création effective d’entreprises et à la délivrance de certificats négatifs (intentions de création) qui se sont chiffrés à 3500.
Au niveau de la répartition de la création d’entreprises et dépôts de projets, l’expérience a montré que, d’année en année, le secteur de services est en nette augmentation, couvrant à peu près 60% des investissements à Casablanca. Les projets déposés au Centre relèvent surtout de l’Immobilier, du Tourisme et des Services, ces trois secteurs représentant près de 80% des projets déposés aux guichets du Centre. Cette tendance, tout à fait normale, est en phase avec ce qui se passe dans le monde entier où le secteur de services est en train de l’emporter sur les autres industries, soulignait naguère M. Jamaï, Directeur du CRI de Casablanca. Ce mouvement évolutif reflète le développement tangible des produits immatériels.
Casablanca est ainsi en train de se transformer en un pôle attractif des services matérialisés et dématérialisés grâce aux grosses sociétés industrielles et financières qui y sont installées.
Au niveau du CRI d’Agadir 1.601 certificats négatifs (intentions de création) dont 80% accordés ( 1281 entreprises créées).

Un dynamisme certain

Concernant le secteur productif, les données ayant trait à la consommation d’énergie électrique, qui a connu des bonds de plus de 9%, sont significatives à plus d’un titre. Les industries utilisant du courant électrique THT ont consommé 466.523 GWh (+11,2% en glissement annuel), en HT la consommation a atteint 2.081.547 soit un accroissement de 8,8% par rapport à 2003. Enfin en Moyenne Tension, ce sont 2.817.988 GWh qui ont été consommés, équivalant à une hausse de 9,5%, comparée à l’année 2003. Ces augmentations reflètent un dynamisme certain de l’activité économique.
En termes de crédits accordés à la PME-PMI, en dépit du fait que les banquiers et les opérateurs de ce type d’entreprises se soient regardés en chiens de faïence, pendant une bonne période, on note une certaine bonne volonté pour passer outre les appréhensions. Le crédit intérieur global (près de 287 milliards de Dhs en décembre 2004) s’est accru de 3,5%. A noter que relativement à cette évolution, si les créances nettes de l’Etat sur la même période (72,695 milliards de Dhs, soit -7,4%) se sont contractées, les concours sur l’économie ont atteint près de 263 milliards de Dhs (+6,8%). Nous avons tenté, du côté de la Direction de la Politique Economique Générale (DPEG) et du Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) d’obtenir les parts revenant à la PME-PMI dans ce pactole, mais au moment où nous mettions sous presse, aucune information ne nous était encore parvenue.
De toutes les façons, des réformes sont en gestation, les fusions ou absorptions qui se font dans divers secteurs, pour atteindre des tailles critiques… sont de bon augure.
Les tares de la PME, la surliquidité des banques et la gestion du risque..., sont prises en compte dans des concertations élargies pour soutenir la PME-PMI. Une fois que ce type d’handicaps surmonté, on verra, nous  explique-t-on, une plus grande utilisation de toute la panoplie de fonds de garantie, de lignes de crédit et autres fonds de restructuration mis en place. Comparativement à la France où plus de 80% des crédits sont Sofarisés*, au Maroc, la PME-PMI continue toujours de traîner la patte devant la floraison de fonds mis à sa disposition (voir www.lanouvelletribune.com).

Innovation et R&D

Au niveau des échanges avec l’extérieur, il a été constaté certes un regain des importations (155,3 milliards de Dhs , +14,1%) contre seulement 85,5 milliards de Dhs d’exportations (+2% seulement). Le taux de couverture est ainsi passé de 61,7% à 55,1% en un an! Toutefois, il faudrait nuancer ces chiffres vu que ce sont des achats de produits énergétiques (pétrole en tête), de demi-produits et de biens d’équipement qui ont surtout boosté ces importations. A ce niveau, les analystes ont attiré notre attention sur la nature des transactions d’une économie qui se met à niveau, et l’état de sa balance commerciale. Les dépenses en équipement et en demi-produits représentant une forte proportion entraîne souvent une détérioration du taux de couverture. Aussi, sur l’année qui vient de s’achever, les importations de pétrole (14,539 milliards de Dhs, soit 57,7% de plus en un an) sont venues s’ajouter à ce type de dépenses et accentuer ainsi l’accroissement des importations. Pour éviter que cette situation ne perdure, il faudrait chercher des palliatifs dans une R&D, et une politique d’innovation soutenue, notent certains observateurs.

D. MB.

*SOFARIS: C’est un peu l’équivalent de la Caisse Centrale de Garantie  (CCG) marocaine.



 

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