Comme il a été avancé dans la dernière publication du Haut Commissariat au Plan (Point de Conjoncture n°7, novembre 2004), la situation économique de l’année écoulée serait marquée par une hausse du produit intérieur brut, estimée à 3,5%. Cette évolution est confirmée par les mises à jour, que nous avons effectuées récemment, compte tenu des dernières informations collectées sur les troisième et quatrième trimestres Des évolutions contrastées ont été relevées sans toutefois en affecter le rythme global de la croissance ainsi avancé
Nous relevons, à ce propos, une décélération du rythme d’évolution du Secteur primaire, suite à un repli de la production de la pêche. La croissance des secteurs hors agriculture aurait été, par contre, plus performante que prévu. La production énergétique aurait connu un net affermissement aussi bien en électricité qu’en pétrole raffiné. Le bâtiment et travaux publics auraient profité de l’exécution de grands projets d’infrastructures et des programmes de logements Sociaux. Une révision à la hausse de la valeur ajoutée des “ transports et communications ” est affichée grâce notamment au renforcement des dessertes aériennes et à l’amélioration du secteur des télécommunications. A l’inverse, l’activité industrielle risque d’accomplir une performance moins soutenue que prévu, en raison d’un renchérissement des prix des intrants sur le marché international. Enfin, une légère reprise pourrait caractériser les services marchands suite à l’évolution favorable des activités d’hébergement et de restauration.
La consommation domestique aurait connu une sensible amélioration durant l’année 2004, profitant d’une consolidation des revenus et d’une inflation modérée (1,5%). La demande des ménages pour les biens finis de consommation importés s’est confortée de 9%. Dans le même sillage, les crédits à la Consommation ont crû de 3,9%. Pour sa part, la demande des non-résidents s’est sensiblement raffermie, soutenue par une consolidation de 18% des nuitées touristiques durant l’année. La hausse de la consommation publique aurait été favorisée par le renforcement de près de 5,4% des dépenses de fonctionnement durant les dix premiers mois de l’année
La détente des taux d’intérêt, ainsi que le dispositif financier mis en place pour faciliter l’accès au logement social ont favorisé l’investissement des ménages en immobiliers. Les crédits y afférents ont progressé de 15,5%, à fin décembre 2004. Par ailleurs le nombre de certificats négatifs délivrés au cours de l’année s’est accru de 9%. La Commission interministérielle des investissements a agréé près de 53 grands projets. La hausse de la FBCF se situerait, ainsi, aux alentours de 8%.
Au cours de l’année 2004, le marché de l’emploi a enregistré une sensible amélioration attribuable à une accélération de l’offre en emploi de la part des opérateurs économiques. La population active occupée a affiché une hausse de 3,6% par rapport à l’année précédente. Le nombre de chômeurs a reculé de 2,5% et le taux de chômage s’est infléchi de 0,6 point, pour se situer à 10,8%. Cette baisse a profité aussi bien au milieu urbain que rural, aux emplois rémunérés et aux diplômés.
Les échanges extérieurs marocains se sont caractérisés, au terme de l’année 2004, par un creusement plus vigoureux du déficit commercial (33,5%), comparativement à l’année précédente. Cette dégradation s’est traduite par un recul du taux de couverture de 6,5 points. Les importations de pétrole brut, de demi-produits et de biens d’équipement ont fortement contribué à cette évolution. Les exportations en hausse timide de 2,7%, ne semblent pas avoir bénéficié du dynamisme de la demande extérieure. Toutefois, l’évolution favorable des transferts des MRE (7,4%) et des recettes touristiques (13,8%) a permis d’atténuer, quelque peu, les effets du déficit commercial sur la balance courante. La consolidation de 10% des avoirs extérieurs permet la couverture de près d’une année d’importations de marchandises contre seize mois l’année passée.
L’offre de monnaie s’est accrue de 9,2%, durant l’année 2004, après 6,9% une année plus tôt. En dépit d’une croissance consolidée du financement du secteur marchand, des excès de liquidité sont enregistrés. Une part significative de cet excès devrait être transformée en encaisses de transaction, en particulier dans un contexte de raffermissement de l’activité économique.
Le dirham s’est apprécié de 6,1% sur toute l’année 2004. La poursuite du renchérissement de l’euro sur le marché de change international a eu pour corollaire la dépréciation continue du taux de change bilatéral du dirham, mais à un rythme modéré, soit 1,4%.
La situation budgétaire s’est caractérisée, au terme des dix premiers mois de l’année, par une hausse de 3,2% des dépenses, en glissement annuel, tandis que les recettes n’ont crû que de 1,7%, suite à la baisse des recettes non fiscales, notamment celles de privatisation. Par conséquent, le déficit budgétaire s’est davantage creusé, s’élevant à 4,36 milliards de dhs au lieu de 2,99 milliards de dhs une année auparavant.
La bourse des valeurs de Casablanca a clôturé l’année 2004 sur une performance de 14,7%, consolidant ainsi la reprise du marché, amorcée durant la fin de l’année 2002. La capitalisation du marché a réalisé une hausse importante en s’inscrivant à un niveau de 206,1 milliards de dhs, soit 46,9% du produit intérieur brut de l’économie nationale. Cette situation est due principalement à l’introduction en bourse de Maroc Telecom au dernier mois de l’année, par cession des parts.