Le moins que l’on puisse dire c’est que l’éditeur de jeux vidéo français Ubisoft ne voit pas d’un bon oeil l’opération publique actuelle de son concurrent américain EA visant à racheter 20% de son capital. Il la voit même d’un très mauvais œil. Pour se prémunir et apporter une réponse adéquate à cette O.P.A., plusieurs actions sont envisagées à l’heure actuelle. Il s’agit, notamment, selon plusieurs sources concordantes, d’un renforcement de la participation des fondateurs, la famille Guillemot (17,5% du capital et 22,8% du droit de vote). D’autres actionnaires sont également conviés, il s’agit principalement de banques détenant des parts significatives parmi le capital flottant (69%) négociable en Bourse (Second Marché d’Euronext Paris) et de la Caisse de Dépôts et Consignations (CDC, 6% des parts).
Selon M. Alexis Godard, Directeur du Studio (filiale) Ubisoft à Casablanca au Maroc, on se pose les mêmes questions qu’à la Direction Générale. Si on ne va pas jusqu’à l’hostilité, il est clair qu’Ubisoft n’entend pas brader tout un capital d’expériences et de savoir-faire. A ceux qui voient en cela une façon de gagner du temps et faire monter les enchères, s’opposent les hostiles à l’OPA, qui voient une opération de récupération.
On les comprend car si l’opération aboutit, alors EA se retrouvera avec près de 20% des parts, et deviendra le premier bloc d’actionnaires d’Ubisoft. La crainte des dirigeants français est donc bien fondée.
Si la famille Guillemot renforce ses parts au sein du capital du groupe, l’une des nombreuses options étudiées par Ubisoft, l’action d’EA annoncée le 20 décembre dernier, pour une prise de participation dans le 3ème éditeur européen des loisirs numériques, en rachetant les parts détenues par Talpa Beheer B.V, sera vaine. Il s’agit d’un fonds d’investissement contrôlé par John de Mol, co-fondateur de la société Endemol, maison de production audiovisuelle spécialisée dans les programmes de télé-réalité.
Aboutira ou pas, ce genre d’opérations risque d’avoir un impact sur les investissements.
D.MB.