Pour comprendre l’importance des différents chantiers routiers engagés par l’a Société des Autoruoutes du Maroc (ADM), sous l’impulsion du ministère de tutelle, il faut dire qu’ils s’inscrivent, dans leur totalité, dans le projet de promotion du secteur des transports au Maroc mais favorisent aussi d’importants effets d’entraînement socio-économique. Une démarche qui a été considérée par les pouvoirs publics à la fin de la décennie 80, comme étant un axe prioritaire de développement du transport terrestre au Maroc. Naturellement, dans ce contexte, le développement des infrastructures autoroutières doit permettre d’offrir de multiples retombées, tant sur les plans socio-économique qu’environnemental. Le résultat de cet engagement est qu’aujourd’hui le réseau routier actuel comprend environ 60 000 km de routes, dont près de 30 000 km de routes revêtues. Pour ce qui est des autoroutes et afin de définir les besoins et les orientations de développement des infrastructures autoroutières, un Schéma directeur autoroutier a été établi par la Direction des Routes et de la Circulation Routière du Ministère de l’Équipement et du Transport avec la construction à l’horizon 2010 de 1500 km. Les axes retenus dans ce schéma, reliant le Nord et le Sud, sont constitués de trois éléments à savoir Casablanca à Tanger, Tétouan et Fnideq; Casablanca à Marrakech, Agadir et Taroudant et enfin Casablanca à El Jadida. Quant à l’axe menant de Est à Ouest, il relie Rabat à Fès ainsi qu’Oujda. Pour les autorités, l’objectif visé est de réaliser des économies de temps substantielles, la réduction du nombre d’accidents et des coûts relatifs à la collectivité et l’amélioration du confort pour l’usager, une réduction dans le coût d’exploitation des véhicules ainsi que le désenclavement des régions et un meilleur aménagement du territoire. Aujourd’hui le projet phare reste celui de la liaison Settat-Marrakech dans la perspective de 2010 où le pays est appelé à accueillir près de 10 millions de touriste. Vu la place de la ville ocre (première destination touristique), dans ce programme son accessibilité par tous les moyens de transports, en un temps record, reste donc d’une importance capitale. Ainsi le projet autoroutier Settat – Marrakech est estimé à 3 447 millions de dirhams (les coûts d’expropriations non compris). Selon la Direction de l’ADM, ce coût, décomposé en millions de dirhams par section, comprend le contournement de Settat (353 millions de dirhams), Settat – Skhour Rhamna (1 316 millions de dirhams), Skhour Rhamna – Benguerir (720 millions de dirhams) et Benguerir – Marrakech (1 058 Millions de dirhams). D’après les études, la réalisation de l’axe autoroutier Settat – Marrakech ont démarré en mars 2003 avec le contournement de Settat, adjugé à l’entreprise DOGUS, et nécessiteront un délai global de réalisation de 4 années alors que pour le contournement de Settat, les travaux sont en cours et ont atteint, au 31 décembre 2004, un taux d’avancement de 67%. Pour ce qui est du financement de ce projet, dans son ensemble, le tronçon du contournement de Settat est assuré à hauteur de 55% par le fonds d’Abou Dhabi. Le FKDEA financera 47% du coût total des travaux, y compris les aléas physiques et les révisions des prix de la section Skhour Rhamna – Benguerir et 100% du coût de contrôle et de suivi des travaux des sections Settat - Skhour Rhamna et Skhour Rhamna – Benguerir. Le FADES se chargera de financer 63% du coût total des travaux, y compris les aléas et les révisions des prix de la section Settat - Skhour Rhamna. La BEI a mené une mission d’évaluation du projet en juin 2003 et a fixé le montant de sa participation au financement du projet à 1980 millions de dirhams. C’est dire que la liaison Settat-Marrakech est entrée dans sa phase ultime. Car à l’ADM, on souligne qu’elle sera opérationnelle d’ici 2010.
M.S.
ADM en 2004, chiffres clés
Les chiffres de l’ADM en 2004, en termes de développement, se caractérisent par la mise en service de 23 Km d’autoroute (contournement de Casablanca phase 2 et Casablanca – Had Soualem). Dans la même lancée 320 km d’autoroute sont en cours de travaux (Asilah-Tanger, Had Soualem-Tnine Chtouka – El Jadida, Contournement de Settat, Settat – Marrakech, Tétouan – Fnideq et la desserte du port de oued Rmel (sections 1 et 2)) et 36 km d’autoroute pour lesquels l’adjudication est en cours (la desserte du port de oued Rmel (section 3) et le dédoublement de la RN 16).
Concernant l’exploitation, les chiffres de 2003 montrent que 14.127.056 véhicules kilomètres jour ont emprunté le réseau autoroutier concédé à ADM générant ainsi une recette de péage de 485 millions de dirhams. Pour sa part, le trafic moyen journalier au niveau de l’autoroute Casablanca - Rabat, a atteint 26 700 véhicules par jour. Sur tout le réseau autoroutier, les sections ont connu une croissance du trafic variant de 2% à 9%. De leurs côtés, les indicateurs de sécurité se sont améliorés sur l’ensemble du réseau autoroutier exploité par ADM, notamment sur le principal axe Casablanca – Rabat sur lequel les taux d’accidents mortels et des tués ont baissé respectivement de 13% et 26% par rapport à 2002. Quant aux ressources humaines, il faut souligner que l’ADM compte en 2004 près de 517 salariés permanents (dont 357 agents de maîtrise et 107 cadres) et 80 agents par Centre d’exploitation en moyenne. Un centre d’exploitation gère une section de 60 à 80 Km d’autoroute. Actuellement, il existe 6 Centres d’exploitation basés à Bouznika, Kénitra, Larache, Méknès à Khémisset et Bouskoura. Sur le plan financier, les chiffres prévisionnels de 2004 font ressortir une évolution de 13% par rapport à 2003. Il s’élève à 562 millions de dirhams dont 543 millions de dirhams proviennent des recettes de péage. Le total bilan a enregistré une augmentation de près de 14% par rapport à 2003, en passant de 8 332 millions de dirhams à 9 525 millions de dirhams tandis que les investissements se sont élevés en 2004 à près de 1783 millions de dirhams tout comme l’excédent brut d’exploitation est passé de 288 millions de dirhams en 2003 à 354 millions de dirhams en 2004. Ainsi au terme de l’exercice 2004, le résultat net prévisionnel présente une perte de plus de 324 millions de dirhams.
Autoroutes et études de faisabilité
Selon les responsables de l’ADM, chacun des itinéraires susvisés a été soumis à une étude de faisabilité qui a consisté en la recherche d’un ou plusieurs couloirs autoroutiers tenant compte des exigences de l’aménagement du territoire et de la morphologie du terrain. Elle a consisté également en la définition d’un tracé à l’intérieur du couloir sélectionné répondant à des normes internationales et intégrant les contraintes de l’environnement ainsi qu’en la détermination du volume du trafic de l’itinéraire susceptible de se reporter sur l’autoroute projetée dans les hypothèses avec ou sans péage. Ces études ont aussi pris en considération l’appréciation de la rentabilité économique et financière de l’investissement qui met en balance les coûts et avantages procurés à la collectivité par l’infrastructure autoroutière sur une période correspondant à sa durée de vie, en général 20 années. Pour ce qui est des taux de rentabilité interne obtenus, ils se situent dans une fourchette de 11 à 15%, confirmant ainsi que l’intérêt économique de la réalisation à plus ou moins court terme de chacune de ces autoroutes.