Les logiciels libres connaissent une croissance de plus en plus importante. Linux n’est plus un phénomène marginal, mais un acteur majeur. D’après une étude de la société d’analyse IDC, les prévisions tablent sur une croissance annuelle de près de 26% des revenus de l’écosystème Linux. Rien que pour les PC, les zones Europe et Asie devraient leur faire la place belle avec 9% des livraisons en 2008 (35,7 milliards de dollars en 2008). Ce travail commandé par Open Source Development Labs (OSDL), un consortium rassemblant de grands éditeurs de logiciels, est assez significatif. Au Maroc, les entreprises mais aussi les particuliers ne sont pas en reste. Le week-end dernier, M. Hassan El Mekkaoui, membre du Bureau de l’Association Marocaine, nous a appris que les professionnels marocains ont organisé les Casablanca Linux Days (CLD). Ces journées ont été rehaussées par la présence effective de M. Stalman, Fondateur et Président de la Free SoftWare Foundation (FSF), de M. Olivier Berger, Vice-Président de APRIL (France), M. Daouda Lô, Développeur chez Madarake Soft, M. Abdelaziz Al Arfaj, Développeur et promoteur de Arabeyese (version arabe du Linux). Un grand nombre de sociétés marocaines qui utilisent et travaillent déjà sous Linux étaient de la partie.
Cette tendance au niveau local est conforme à l’international. Environ 17 millions de PC neufs ou d’occasion exécutant un système d’exploitation basé sur Linux seront vendus en 2008, estime la société d’études IDC. Si l’OS «open source» restera largement devancé par Windows, les analystes prévoient que ces machines verront leur part de marché passer à 7% (contre 3% en 2003). Les spécialistes soutiennent que de nombreux acteurs de l’industrie IT poussent Linux, tant sur les PC de bureau que les portables. Notamment le distributeur Red Hat, ainsi que les poids lourds Novell, Sun Microsystems, Adobe Systems, Hewlett-Packard, IBM ou encore Intel. Cette prévision devrait aider les acteurs encore secondaires à renforcer leur légitimité sur le marché.
L’étude concerne l’ensemble de l’écosystème Linux, soit les ventes de PC et serveurs sous Linux, ainsi que les packs logiciels Linux tournant sur ces machines. Un écosystème qui connaîtra une croissance annuelle de 25,9%, pour atteindre au total. Secteur par secteur, cela donnera: 14 milliards de dollars pour les packs logiciels, 11 milliards pour les serveurs, et 10 milliards pour les PC.
Du côté des PC justement, la part de marché devrait être inférieure à la moyenne prévue tant en Amérique du Nord que du Sud, avec 4%. Mais, en revanche, plus élevée dans les zones EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) et Asie-Pacifique, avec plus de 9% des livraisons pour chacune d’elles. Les innombrables atouts de Linux y sont pour quelque chose. Il faut noter son mode de calcul plus favorable, son utilisation dans les serveurs intégrant des processeurs basés sur l’architecture x86, très répandus sur les «mainframes» d’IBM, les systèmes équipés de processeurs Power, les serveurs signés Hewlett-Packard et ceux d’autres marques basés sur des processeurs Itanium d’Intel.
Daouda MBaye