Après avoir ratissé tout le Royaume, diffusant les mécanismes de Mise A Niveau (MAN), mis au service des entreprises par l’Etat, le Groupe Banques Populaires a bouclé la boucle le week-end dernier à Marrakech. C’est en effet, dans la ville ocre, chef-lieu de la région Marrakech-Haouz-Tensift que tout avait démarré, il y a de cela un peu plus d’une année. En cette ère de mondialisation où la compétitivité est rude, l’accroissement de l’investissement, qui est lui-même le moteur de la croissance, «jeu» avoué de cette tournée, en vaut la chandelle ! Plus de place à la morosité !
Le périple des jeudi 16 et vendredi 17 décembre a aussi permis de signer des conventions entre, d’une part la Fondation Banque Populaire pour la Création d’Entreprises, et la Wilaya et le Centre Régional d’Investissement (CRI) de Beni Mellal, et d’autre part entre la Banque Populaire Marrakech-Beni Mellal et le CRI de la région. Sur cette même lancée, lors d’une brève halte sur le chemin de Marrakech, une antenne de la Fondation Banque Populaire pour le Micro-Crédit (FBPMC) a été officiellement inaugurée à Aït Ourir par le Président du Groupe en compagnie des autorités locales, avec à leur tête le Wali de la région.
Accompagner les opérateurs
Durant la journée du vendredi 17 décembre, clou de l’évènement, qui a été agrémentée de conférences et d’ateliers sur la création d’entreprises et la MAN, les différents intervenants se sont interrogés, tel un seul homme, sur cette attitude plutôt timorée des opérateurs devant le financement de la MAN. Les liquidités ne manquent pas, les conditions de financement sont des plus abordables, et mieux encore l’Etat offre une garantie à hauteur de 70 à 80% du remboursement. Pour M. Noureddine Omary, Président du Groupe Banques Populaires, et plusieurs membres de son staff, tels que MM. Mohamed Belqziz, Directeur de la Division Sociétariat et Réforme, Abdelhak Marsli, Secrétaire Général de la Fondation Banque Populaire pour la Création d’Entreprises, il est primordial de mener une autre démarche qui met en avant la formation des porteurs de projets. M. Driss Guerraoui, membre du Cabinet du Premier ministre, a durant son allocution, mis l’accent sur les voies et moyens permettant de mettre en route la relance économique malgré un certain nombre de contraintes, ayant trait à l’émergence de l’ère de la rareté, à la gestion des interdépendances, et à la gestion proactive des risques, etc. Les solutions ou clés de la relance, pour le paraphraser, impliquent la création de la création de richesses nouvelles, la promotion de l’action directe des acteurs de la croissance, la mise en place d’un Partenariat Public-Privé (PPP); une nouvelle éthique de la croissance, et surtout l’adoption d’une nouvelle pensée économique à la mesure des nouveaux défis technologiques. Celle-ci devra se substituer à la culture de la morosité, et des avantages acquis. De son avis pour gagner le défi de la croissance, il est impératif de valoriser les ressources humaines et les baigner, en quelque sorte dans ce qu’il a dénommé l’intelligence économique. Le Groupe Banques Populaires, qui cible les porteur de projets, pour assurer gratuitement et de manière inconditionnelle leur formation, à travers la FBPCE, partage parfaitement cet avis si l’on en croit M. Marsli.
S’il est vrai que l’occasion a été très belle pour faire le marketing de sa région, ce à quoi les Directeurs de CRI n’ont pas manqué, il faut souligner que M. Abderrazak Moumni, Directeur du CRI de Marrakech, a lui aussi insisté sur le nécessaire développement du capital humain. C’est d’autant plus plausible que la région dispose d’un réservoir important d’instituts de formation et d’universités. Il n’a pas omis de relever que le moment est venu de faire des choix entre une économie de récupération de délocalisations, donc à faible valeur ajoutée, et une autre à forte valeur ajoutée. En plus clair, il a lancé un appel pour aller vers les secteurs du savoir, sans pour autant négliger d’exploiter le potentiel de la région, tout en tenant compte de ses difficultés économiques.
Les opérateurs de la région, notamment ceux des secteurs du tourisme (1.200.000 touristes attendus en 2004), de l’immobilier (11.440 autorisations sur les 11 mois de l’année), par les voix de MM. Jalil Ben Abbes Taarji, Président de la Fédération Nationale du Tourisme, et Adil Bouhaja, Président de l’Association des Promoteurs Immobiliers (ALPI), ont fourni des indicateurs sur leurs évolutions respectives et exprimé leurs aspirations à encore plus d’investissements.
A noter aussi l’important don de matériel didactique, d’ouvrages et d’ordinateurs personnels à l’Académie de Beni Mellal, les visites sur sites à certains clients importants du Groupe, et les récompenses remises aux clients plus âgés et plus jeunes.
D’utiles et concrets ateliers sur la MAN et la création d’entreprises ont clos cette journée. Mais déjà sur l’année 2005, un important programme est en train d’être finalisé, selon M. Omary.
D. MB.
Ils ont dit
M. Mohamed Belqziz, Directeur de la Division Sociétariat et Réforme: Effectivement, il a été remarqué que malgré tous les efforts que les décideurs font pour présenter le Maroc comme un pays véritablement émergent, avec un avenir prometteur, il y a toujours, au niveau local, chez certains opérateurs une certaine timidité. Nous nous devons donc de continuer à expliquer davantage afin que les mentalités changent. Actuellement le pays traverse une période charnière, qui voit la confrontation de deux générations d’investisseurs. Les anciens, avec une mentalité de rentiers et préférant continuer de vivre de leurs rentes, sont opposés à une nouvelle génération montante et qui a parfaitement compris quels sont les enjeux, les défis, et quelles sont les potentialités que peut offrir le Maroc.
Il faut donc organiser beaucoup de journées économiques de ce type pour bousculer les habitudes. Il nous revient d’expliquer que le fait d’investir n’est pas si compliqué qu’on le pense, et qu’il nécessite du courage et de l’optimisme. Maintenant, tous les ingrédients sont réunis pour amener les opérateurs à investir. Les banques sont ouvertes et elles leur lancent un appel. Les rouages de l’Etat sont en train de changer, les textes sont en train d’être modifiés... Le moment est opportun pour investir. Sinon, comment peut-on expliquer la réalisation d’investissements conséquents en des moments où l’environnement était beaucoup plus hostile, alors que maintenant les conditions sont plus propices, il y ait des réticences ?
M. Driss Guerraoui, membre du Cabinet du Premier ministre: C’est une chance pour le Maroc de pouvoir procéder à des diagnostics raisonnés et chiffrés, de façon objective et ouverte sur l’avenir. Par conséquent, se poser les vraies questions concernant la relance de la croissance équivaut à effectuer la moitié du travail. Présentement, ce dont on a besoin, c’est cette culture du changement, qui substitue la morosité ambiante en une culture tournée vers l’avenir et basée sur une conviction: la capacité des acteurs à pouvoir relever ces défis que leur lance la mondialisation. Cela passera par une meilleure gouvernance de la complexité des différentes formes de rareté que pose la globalisation. Nous sommes donc devant une problématique éminemment politique et culturelle. Tout le monde s’accorde à dire, aujourd’hui, que la véritable problématique de la relance de la croissance réside dans celle de la capacité des entreprises, des banques, des collectivités locales, de l’Administration générale de l’Etat, à promouvoir et à valoriser les ressources humaines. L’objectif étant de les hisser à des niveaux de compétences et d’excellence à la mesure des défis auxquels nous faisons face. Ceci prouve que la formation des hommes est au coeur de cette problématique. On forme certes toujours du système éducatif traditionnel, amis aussi au sein de l’entreprise, du Parti, du syndicat, ... Aussi, il est nécessaire de promouvoir la coopération entre entreprises, notamment dans le domaine de l’intelligence économique, pour avoir des économies d’échelle, qui permettent de réduire les coûts d’opérations extrêmement importantes que celle des infrastructures ou de la formation. L’Etat reste un partenaire important, mais la responsabilité doit être partagée à ce niveau.
Propos recueillis par
Daouda MBaye