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Il faut redéfinir les PME-PMI marocaines Entretien avec M. Mohamed Fouad El Filali, Directeur Général de Sinmarco

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Publier le : January 13, 2005

La Nouvelle Tribune : Comment analysez-vous aujourd’hui la situation des PME-PMI nationales à travers le prisme du partenariat maroco-italien ?
M. Mohamed Fouad El Filali :
Nous sommes tous conscients que le Maroc vit une nouvelle ère et, tout naturellement, le volet économique constitue la priorité des priorités grâce aux grandes orientations de Sa Majesté le Roi. À ce sujet,  notre pays a signé plusieurs accords de libre échange. Les activités de Sinmarco s’adaptent à cette nouvelle réalité tant à l’échelle nationale, régionale qu’internationale. Aujourd’hui, le Maroc est un vaste chantier où l’on parle beaucoup de mise à niveau des entreprises ainsi que de partenariats et qui intéresse beaucoup la Sinmarco. Or on ne peut pas parler de mise à niveau des entreprises sans le transfert du savoir-faire des pays développés comme l’Italie, pays avec lequel la Sinmarco a de bonnes relations, et les opérateurs économiques marocains moyennant les interventions du Gouvernement concernant la flexibilité du temps de travail, la fiscalité et le financement. L’essentiel est de renforcer le partenariat entre les opérateurs économiques marocains et italiens. En outre, les PME-PMI italiennes sont un modèle qui a réussi dans le monde sans oublier que entreprises marocaines et italiennes ont quelque chose de commun. La différence se situe au niveau de l’expérience dans la mise à niveau. Pour nous donc, la solution est le partenariat et non de faire des opérations purement commerciales et ce par la création de sociétés mixtes ici au Maroc entre opérateurs économiques marocains et leurs homologues italiens. Chose qui peut se faire en utilisant, à partir des moyens financiers, qui sont mis à la disposition des partenaires italiens et marocains par le gouvernement italien dans le cadre de la ligne de financement. Le gouvernement italien a converti 20 millions d’euros au profit du Maroc.

La mise à niveau n’est pas seulement une question de financement mais c’est aussi un problème de structure et de mentalité. Qu’en pensez-vous ?
La situation des entreprises marocaines est très complexe. D’abord, il y a le problème lié à leur propre structure et qui doit commencer par une mise à niveau morale avant une mise à niveau matérielle. Secundo, il faudrait que le gouvernement et divers représentants des entreprises trouvent un terrain d’entente adaptable à la réalité marocaine et non pas par rapport à la réalité française ou espagnole. La grande campagne nationale sur la mise à niveau est là pour conforter cette thèse puisque après cette opération, seuls quinze dossiers ont été acceptés par les différents fonds mobilisés à cet effet. D’ailleurs, le dernier recensement a mis en évidence que plus de 70 % du tissu économique sont constitués de micro- entreprises et qui emploient mois de 10 personnes. Tout simplement parce que les critères d’éligibilités sont tels que les vraies PME-PMI ne peuvent pas accéder à ces types de financement. Il fallait prendre en considération les PME-PMI qui font un chiffre d’affaires de 800 000, 1 million, deux millions voire cinq millions de dirhams. Car celles qui font 30 à 50 millions de dirhams n’ont pas de problèmes puisque les banques les suivent. Je pense donc qu’il faut revoir la définition des PME-PMI et les critères d’éligibilité en fonction de la réalité économique marocaine.  
 
Sinmarco intervient dans l’accompagnement des entreprises. Dans quel domaine interviennent les entreprises qui ont fait appel à vos services ?
Notre plus grand souci n’est pas seulement le financement mais le partenariat. Je crois que c’est le meilleur remède pour le développement économique du Maroc. Dans ce domaine, Sinmarco a été promoteur de plusieurs signatures d’accords de partenariats, soit au niveau étatique soit au niveau privé. Je peux souligner avec orgueil qu’actuellement, nous sommes promoteurs d’un partenariat qui doit voir le jour, dans les semaines qui suivent, entre le gouvernement marocain et son homologue italien, matérialisé par des pourparlers en cours entre la Province de Tanger et celle Ravenna. Il s’agit du partenariat entre la CCIST et la CCAAPM Ravernne. Nous avons fait également des intermédiations pour des sociétés qui interviennent dans les BTP tout comme des partenariats ont été signés dans le domaine de la pêche et de l’agro-alimentaire. Nous sommes aussi sur d’autres dossiers de partenariat entre des sociétés marocaines et italiennes ainsi que la création de sociétés mixtes.

Qu’en est-il de l’implantation prochaine au Maroc de la société italienne 2R Engineering (Due Erre Engineering Ravana), prestataire de services d’ingénierie aux quatre coins du monde ?
Nous sommes tous conscients que le Maroc a pris une décision irrévocable qui est celle de la mise à niveau. Or la mise à niveau à 100 % demande le respect de certains standards de réglementation internationale tout comme le respect d’un certain niveau de qualité. Résultat : beaucoup d’entreprises marocaines demandent actuellement leur certification, contrôle de qualité de leurs produits et de leurs installations. Alors 2R Engineering est une société spécialisée dans ce secteur. C’est une entreprise qui a beaucoup d’expérience et qui a travaillé dans plusieurs pays. Sinmarco aimerait faire bénéficier les PME-PMI marocaines des expériences de 2R qui a un carnet d’adresse bien fourni en la matière. D’ailleurs, nous avons procédé, dernièrement, à la présentation de ses activités à Casablanca, présentation au cours de laquelle, il a été question des types de partenariat qu’il faudra entreprendre dans le domaine de la certification et de la démarche qualité.

Une manière pour vous de donner une impulsion nouvelle aux relations économiques entre le Maroc et l’Italie en organisant cette journée d’étude. Concrètement quels sont les grands axes de cette démarche?
Ce séminaire a été d’abord consacré à la présentation de 2R Engineering, son historique, les grands chantiers réalisés ainsi que ceux qui sont en cours, soit en Italie ou ailleurs. Bref son savoir-faire. À ce séminaire, ont été invités les associations professionnelles, le ministère de Commerce et de l’Industrie, les grandes structures étatiques types comme l’OCP, l’ONE, l’ONEP et l’ONCF. Des ateliers thématiques ont été également organisés. En d’autres termes, tout a été mis en œuvre pour que les opérateurs marocains et leurs homologues italiens aient une vue d’ensemble sur les opportunités d’affaires existant dans les deux pays.

Entretien réalisé
par Mamady Sidibé



 

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