Les accords commerciaux régionaux (ACR) ont été multipliés par 6 depuis les années 80 et couvrent aujourd’hui plus du tiers du commerce mondial. Selon la Banque mondiale, les pactes bilatéraux et multilatéraux sont des outils efficaces pour réduire la pauvreté dans les pays en développement à condition que soient mises en oeuvre, parallèllement aux ACR, des stratégies de libéralisation du commerce à trois niveaux -unilatéral, multilatéral et régional.
M. François Bourguignon, 1er Vice-Président, en charge de l’Economie du développement et économiste principal, lors du lancement du rapport intitulé, "Commerce, régionalisme et développement principal", souligne que les pactes commerciaux multilatéraux et régionaux discriminent les pays non signataires et ont des répercussions négatives à leur égard. La lutte contre le protectionisme constitue donc une priorité absolue pour endiguer ces effets négatifs et augmenter substantiellement les gains potentiels de l’ensemble des pays en développement.
Pour l’année 2004, le taux de croissance du PIB des pays en développement est estimé à 6,1%, soit la meilleure performance de ces trois dernières décennies. La progression du PIB au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MOAN) se situe à 4,7%. La croissance mondiale de 4% devrait connaître un ralentissement ces deux prochaines années et se situer à 3,2%. Une même tendance à la baisse affectera les pays en développement avec 5,4% en 2005 et 5,1% en 2006. Pour le MOAN, la croissance sera soutenue en 2005 avant de s’établir à 4,7% en 2006.
Vers un régionalisme ouvert
Les réformes structurelles unilatérales des pays en développement -tels le maintien de la stabilité macroéconomique, l’amélioration du climat des investissements, l’assouplissement des barrières commerciales et des progrès constants - devraient leur permettre d’atteindre en moyenne un taux de croissance annuelle par habitant de 3,4% entre 2006 et 2015 comparés au 2% des années 90. Ce taux de croissance favorable devrait aider toutes les régions en développement, à l’exception de l’Afrique sub-saharienne, à réduire la pauvreté de moitié au cours de la prochaine décennie. Ces prévisions optimistes restent sujettes aux risques mondiaux comme la hausse et la volatilité des cours du pétrole ou les déficits publics ainsi qu’aux risques inhérents à chacun de ces pays en transition. Cependant, la Banque mondiale estime que l’ensemble de ces risques peut être géré.
Un "régionalisme ouvert" instaurant un accès plus large aux marchés étrangers, dans le cadre d’accords internationaux ou régionaux, doit impérativement accompagner les réformes commerciales unilatérales. La diminution des tarifs extérieurs, la libre circulation des travailleurs, des règles d’origine non restrictives, l’accroissement de la concurrence au niveau des services sont autant de facteurs contribuant à la conclusion d’ACR efficaces et moteurs en matière de réduction de la pauvreté. A titre d’exemple, l’Asie de l’Est, dont les tarifs extérieurs sont les plus faibles, se classe en tête au niveau de la diversification et l’exploitation des chaînes de production mondiales en matière de manufacture et peut se targuer du ratio commerce intra régional-PIB le plus élevé.
L’ouverture des ACR renforce également la libéralisation multilatérale. Des réformes conjointes des pratiques douanières aux frontières permettent de réduire le coût des transactions commerciales qui est parfois plus élevés que les droits de douane.
Le Moyen Orient et l’Afrique du Nord (MOAN) accusent un retard sur les autres régions au niveau de la libéralisation extérieure; les tarifs extérieurs y sont généralement élevés. Le Maroc a conclu des accords bilatéraux avec l’Union Européenne et les Etats-Unis. Ces accords se limitent bien souvent à la levée des barrières réglementaires pour l’échange de biens, mais restent encore trop restrictifs au niveau de la libéralisation des échanges de services.
FDD