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Ciment, le juste prix ? BTP

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Publier le : November 18, 2004

Le prix du ciment pose de sérieux problèmes. C'est d'autant plus grave que le ciment reste encore aujourd'hui un élément déterminant dans l'immobilier (15.000 à 19.000 t pour un appartement de 70 m2). Lorsqu'il existe un Partenariat-Public-Privé (PPP), auquel est aussi alliée la société civile, afin de mettre sur le marché des appartements bon marché, autour de 100.000 Dhs, voire même 80.000 Dhs, il y a de réels efforts à faire pour réduire les coûts des intrants. Seulement, il existe une réelle polémique sur les prix de vente du ciment et ainsi que sur ses coûts de production. Le prix de vente public du ciment, en vigueur (950 Dhs/la tonne), comparé à celui en cours dans d'autres pays, à niveaux de développement similaires à celui du Maroc, est trop élevé? Ce serait l'entente existante entre les cimentiers qui est à l'origine d'une telle situation. C'est du moins ce qu'ont évoqué certains acteurs du BTP, notamment architectes et promoteurs immobiliers. Mais, les cimentiers ne l'entendent pas de cette oreille et soutiennent, exemples à l'appui, que les prix pratiqués en Égypte ou en Turquie, sont analogiquement plus chers qu'au Maroc. De leur avis, il faudrait tenir compte des fortes dévaluations des livres (pound) égyptienne (250 à 300% de sa valeur) et turque (dans le même ordre), qui ont grevé le pouvoir d'achat des citoyens de ces pays. Au Maroc, beaucoup croient, à commencer par les cimentiers, qu'il est possible d'aller de l'avant. Ils fondent leur argumentation sur la bonne organisation actuelle du secteur (avec la présence de multinationales), après les périodes d'investissements anarchiques et du zoning (limitations géographiques des livraisons).

Les cimentiers interpellés

M. Rachid Baïna, Expert en concurrence auprès de l'OMC, a tenu à souligner que s'il existe un quelconque indice d'entente, il devra alors être décelé par le Conseil de la Concurrence, et stipulé par la loi 06-99. Ce serait d'autant plus grave que le ciment est considéré comme un produit, qui intervient dans plusieurs activités, surtout en ces temps où l'HBM a le vent en poupe.
Il est vrai que pour un bon nombre d'opérateurs, cette structure fait figure de coquille vide, mais pour cet Expert, il ne faut pas occulter l'aspect pédagogique plutôt que répressif de cette loi à ses débuts. Maintenant, après "un moratoire" de trois ans et demi, et que le Conseil commence a entrer dans les moeurs, si l'entente entre les cimentiers est effective, il serait alors temps de la combattre par la loi.
D'après certains participants à la table ronde, il ne faut pas s'offusquer outre mesure d'une entente sur le prix du ciment, dans la mesure où c'est arrivé dans d'autres pays tels que les USA, la France, l'Allemagne, le Japon ou la Tunisie. L'appel des grands utilisateurs pour une implication des cimentiers dans la réduction du prix, grâce à l'introduction de nouveaux procédés (moins énergivores) et matériaux (préfabriqués) assez significatifs du reste, permettra sans aucun doute de dépasser cet handicap. Personne n’a oublié la Taxe de solidarité pour l’éradication de l’habitat insalubre (50 Dhs/ t), mais elle n’est que collectée par les cimentiers. Va-t-on vers une baisse ?

D. MB.



 

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