Le thème de Développement Durable préoccupe l’entreprise marocaine comme en témoigne la présence massive de managers d’entreprises marocaines et de filiales de multinationales au séminaire organisé par AOB Consulting et son partenaire BeCitizen, spécialisé dans l’Expertise-conseil Développement Durable. Si le développement Durable (DD), généralement défini comme un développement qui permet aux générations présentes de satisfaire leurs besoins sans remettre en cause la capacité des générations futures à satisfaire les leurs, ne prête à contestation, il n’en demeure pas moins que les actions à conduire pour réduire l’écart qui sépare cet objectif consensuel du fonctionnement réel des sociétés est au cœur du débat contemporain. Ainsi, introduisant le séminaire, M. Moulay Abdellah Alaoui, Président de la Fédération de l’Energie, a mis l’accent sur la nécessité “de rechercher des points d’équilibre entre le développement et l’environnement”. Quant à M. Majid Boutaleb, Président de la Commission développement durable du CGEM, tout en mettant l’accent sur le toilettage des textes encadrant la protection de l’environnement, la gestion des déchets, la pollution atmosphérique, etc, en cours de réalisation, il a souligné que les entreprises marocaines adhèrent de plus en plus au principe de la gestion environnementale. Et pour preuve, “plus de 10 sociétés marocaines sont aujourd’hui certifiées ISO 14”.
Pic de pétrole
N’empêche, si jusqu’à un passé récent, les pressions sur l’environnement (pollution, quantité de déchets, consommation de ressources naturelles, etc.), se sont accrues presque au même rythme que le produit intérieur brut mondial, pour préserver les bases matérielles du bien-être économique et social des futures générations, il est urgent de “découpler” les pressions sur l’environnement et la croissance. Selon M. Maximilien Rouer, Consultant international et Co-fondateur et Président de BeCitizen, cabinet spécialisé dans l’Expertise-conseil Développement Durable, la multiplication des catastrophes écologiques, le changement climatique et ses conséquences, la montée en puissance des ONG, notamment le sommet de l’OMC de Seattle, etc, ont donné au concept de Développement Durable une nouvelle dimension. Ainsi, d’après M. Rouer, une étude du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évaluation du climat), souligne que “l’émission des gaz, comme le CO2, devrait être divisée par 2 avant 2050 à l’échelle mondiale et par 4 pour les pays industrialisés, pour éviter un cataclysme planétaire”. Or, la tendance ne semble pas vouloir s’inverser. Le fait que les Etats-Unis, première puissance industrielle mondiale, refusent de signer le protocole de Kyoto n’arrange pas la situation. Plus inquiétant encore, de plus en plus de pays voient leur consommation énergétique croître considérablement avec comme conséquence une accélération du changement climatique et une destruction de ressources non renouvelables. Ainsi, pour ce qui est du pétrole, qui représente à lui tout seul plus de 40 % de la consommation totale d’énergie dans le monde, les experts parlent d’un pic de la courbe de production à partir de l’horizon 2020. Une fois ce pic atteint, la perspective d’une offre répondant sans limite à la demande serait révolue. Tenter d’enrayer la crise en se reportant sur d’autres énergies fossiles ne ferait qu’accentuer la menace du changement climatique. Face à cette crise sociétale, certaines entreprises ont pris les devants en jouant sur tous les leviers disponibles : favoriser la recherche et l’innovation technologique, modifier le mix énergétique et promouvoir un changement des comportements de consommation énergétique.
Eco-efficience
Dans ces conditions, souligne M. Rouer, “il faut parier sur le renouvelable”. Les biocarburants, les biomatériaux et les bioplastiques sont ainsi de plus en plus utilisés par les firmes qui modifient ainsi leurs business modèles en adoptant des stratégies “ d’éco-efficience ”, permettant de réduire les impacts écologiques et l’intensité des ressources naturelles tout au long du cycle de vie du produit. “ Demain, les seuls modèles économiques viables seront ceux dont la dépendance à la ressource fossile aura été sensiblement réduite ”, fait remarquer le Président de BeCitizen, qui ajoute que “les profits générés par les entreprises seront conditionnés par l’intensité énergétique de leurs business modèles”. Les hypothèses se basant sur une énergie bon marché et d’une “libre” pollution n’étant plus totalement valables, plusieurs firmes ont commencé à changer de comportements en mettant en place des stratégies d’efficacité énergétique. Des exemples de firmes qui se sont engagées dans ce processus du Développement Durable afin de baisser leurs utilisations d’énergies non renouvelables sont de plus en plus nombreuses. Ainsi, la firme américaine, Du Pont de Nemours, leader mondial de la chimie, a annoncé que “25 % de ces produits seront issus de la biomasse en 2010”. De même, ST Microelectronics s’est fixé un objectif sur la neutralité totale du carbone dans son processus de production en 2010. En plus, la firme demande à ses fournisseurs de s’engager réellement dans le développement durable. Les résultats obtenus sont globalement plus que satisfaisants. Ainsi, “IBM, qui a modifié radicalement l’organisation et la gestion de ses usines et de ses bureaux, de même que le design des modèles qu’il vend, a réduit de 25 % sa consommation d’énergie au cours de ces 10 dernières années, réalisant 527 millions de dollars d’économies, et diminuant parallèlement sa consommation annuelle d’énergie fossile de l’équivalent de 1,4 million de barils de pétrole”, révèle M. Rouer. C’est dire que Développement Durable et profitabilité font bon ménage.
Moussa Diop
Qui est BeCitizen ?
BeCitizen est une entreprise indépendante créée en 2000 et qui est spécialisée dans l’Expertise-Conseil en Développement Durable. Membre du Conseil National du Développement Durable, organisme dépendant du Premier ministre français, elle aide les entreprises à appréhender les nouveaux enjeux de la société, et à faire de l’anticipation des nouveaux risques globaux (climat, énergie, etc.) une source de profit. BeCitizen a pour principaux clients des ONG et des ténors de grands comptes dans divers secteurs tels: l’Energie, de l’Electricité, les Transports, la Distribution et la Restauration.