Le séminaire organisé par la 8ème promotion du Cycle Supérieur de Gestion de l’Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des Entreprises (ISCAE), le samedi 22 mars 2003 à Casablanca, permettra de vulgariser davantage le concept du capital-risque, cet appui financier non négligeable, auprès des PME-PMI.
Avec l’organisation de séminaires pareils à celui qui vient d’être organisé à l’ISCAE, le week-end dernier, la PME-PMI va très certainement être mieux outillée pour profiter du capital-risque. Faut-il rappeler que ce concept, que les anglo-saxons dénomment «capital investment», est une nouvelle source de financement lui permettant de consolider ses fonds propres tout en assurant son accompagnement en termes de conseils. Les réflexions du séminaire, qui ont tourné autour de «Le capital-risque: une opportunité pour la PME-PMI marocaine», ont été menées par des décideurs aussi bien du public que du privé, ainsi que par des universitaires et des opérateurs étrangers. M. Hassan Laaziri, Directeur des Investissements de Accès Capital Atlantique a fait un round up du capital risque au Maroc, énumérant les intervenants qui sont des privés (familles), des gouvernementaux (expériences avec ODI, cimenteries), des institutionnels (assurances et caisse de retraite), et des corporatistes (de grands groupes) et les spécificités du marché marocain (protégé, structure familiale, diversification horizontale, et peu de transactions). Enfin, par un bref historique du capital-risque au Maroc, M. Laaziri, nous a relaté comment s’est développé le capital-risque (des généralistes aux spécialistes tels que Capital Investissement, CFD Développement, Accès Capital Atlantique...) au Maroc en dehors de toute norme juridique. M. Noreddine Tahiri, Directeur de Capital Investissement une filiale de la CDG en a aussi brossé un historique en général et au Maroc (Voir Encadré).
Un second souffle
Par rapport au cadre juridique, il est important de souligner que la réflexion est menée de concert entre pouvoirs publics et opérateurs regroupés au sein de l’Association Marocaine des Investisseurs en Capital, pour mettre au point un projet de loi. En effet, M. Tazi Yousr a annoncé qu’un projet de loi relatif au capital-risque est en gestation et verra très prochainement le jour. Après avoir travaillé pendant deux ans sur le texte de loi, les responsables ont produit une mouture qualifiée d’ambitieuse, qui s’inspire d’expériences réussies notamment dans les pays anglo-saxons. Dans sa forme finale, ce texte reposera sur un système dual, qui édicte toutes les dispositions relatives à l’organisation du capital-risque, donc des investisseurs, et celles afférentes aux sociétés de gestion, donc de gestionnaires. La PME concernée est de droit marocain, qui correspond au ratio de 250.000 Dhs par emploi créé, qui n’est pas cotée en bourse et pas dominée par une grande Entreprise. En somme, il s’agit de celle qui est visée par la Charte de la PME. Pour ce qui a trait au fisc, il sera envisagé des exonérations dans le cadre de la prochaine Loi des Finances. En sus de toutes ces conditions d’éligibilité exigées par les textes, pour bénéficier au financement par les Fonds de capital investissement, la PME-PMI doit présenter un fort potentiel de croissance et disposer d’une équipe capable de soutenir son développement en termes de gestion et de transparence.
La Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), fer de lance du capital-risque au Maroc, étant promoteur par excellence Capital Investissement a mis en place en partenariat avec la Caisse de Dépôts et Consignations (CDC) de France, vers la fin de l’année dernière le Fonds d’Amorçage Sindibad. Par ses financements, il permettra à plus d’une PME-PMI d’avoir les coudées franches pour acquérir plus de compétitivité, signale-t-on.
Etre vigilant
Le capital-risque qui est un enrichissement pour l’entreprise marocaine, selon M. Bachir Rochdi, Directeur d’Involys, a servi à soutenir certaines PME-PMI de la place, citant l’exemple de son entreprise qui a traversé différentes phases de son évolution. Il a surtout insisté sur certaines nuances qui portent sur la maîtrise du risque plutôt que sur son partage qui est souvent considéré, mais aussi sur une continuité, car la rentabilité de projets financés est en général au rendez-vous après 3 à 4 ans du lancement. De son avis, il faut être vigilant et mener une gestion équilibrée des intérêts, malgré le fait que l’investissement se fasse sur le haut du bilan. En somme, il a insisté sur la convergence des intérêts.
L’expérience étrangère a été apportée par M. Henri Oliva de Siparex France, qui a affirmé que le capital-risque fonctionne parfaitement et permet de gagner beaucoup d’argent. En témoigne le success-story de Siparex dont il a lui aussi décrit les différentes étapes de son évolution avec une croissance exponentielle. Bien entendu, ce succès n’est pas né ex-nihilo, il y a toute une éthique rigoureuse, un partenariat basé sur la pérennité et un professionnalisme sans faille qui le soutient.
Ce qui est sûr, c’est qu’avec ce nouveau type d’apports, les PME-PMI sont assurées d’une ascension certaine.
D. MB.
Historique du capital-risque
Il est apparu aux États-Unis d’Amérique vers les années 40, avant d’être introduit en France dans les années 60. Au Maroc, le premier fonds de Capital-risque, Moussahama, a vu le jour vers 1990. Mais c’est vers 1995 que le capital-risque s’est développé véritablement au Maroc. Les instruments créés étaient des fonds de capital Développement. Ce n’est que récemment, en 2002, que le premier fonds de Capital d’amorçage a vu le jour. Il s’agit du Fonds Sindbad mis en place par la CDG et la Caisse de dépôts et Consignations de France (CDC). D’autres spécialistes sont aujourd’hui sur le marché, on peut en citer CFD Développement, Accès Capital Atlantique...