Depuis l’année 1998, l’Association Collectique s’évertue à encourager la valorisation des déchets. Hormis son caractère écologique, c’est un segment créateur d’emplois qui allègent les importations.
Ne jeter plus vos cartouches à encre ou autres toners usagés ! Confiez-les à l’Association Collectique (A. C.). Il s’agit d’une association qui collecte et gère les déchets informatiques au Maroc. Elle est composée de membres bénévoles (techniciens, enseignants...) maîtrisant l’outil informatique sous tous ces aspects et conscients des dangers que représentent ces déchets sur l’environnement. Une fois collectées, les cartouches pour imprimantes, par exemple, sont remises à des sociétés de recyclage. D’après M. Hicham El Menzhi, Président de l’Association, c’est une action tridimensionnelle qui est entreprise, aux plans écologique, économique et social. Il a soutenu qu’une cartouche usagée pour imprimante conserve des résidus d’encre ou de poudre qui sont à base d’hydrocarbures. Jetés dans de l’eau, ces résidus peuvent s’infiltrer et polluer la nappe phréatique. Pour éviter cela, les membres de l’A. C. nous ont appris que des cartons sont remis aux utilisateurs d’organismes publics et de sociétés privées pour la collecte de ces déchets. Sur le plan économique, compte tenu du fait qu’une carcasse Toner Laser traitée peut durer 10 fois plus, contre une durée de vie utile de deux mois, il ressort un gain de plus de 30% sur le rachat de ce produit, notent les responsables de l’A. C. Le reconditionnement de ces consommables informatiques permettra aussi l’éclosion de plusieurs sociétés de recyclage, la création de nouveaux emplois et services, l’économie de devises sachant que les cartouches vides deviennent une matière première. En outre, avec tout le matériel informatique désuet collecté, on pourrait équiper les villages ruraux. En effet, loin de s’arrêter à ces actions de collecte et de gestion de déchets, l’Association Collectique mène des actions de sensibilisation des utilisateurs sur l’impact des déchets sur l’environnement. Aussi, elle s’active à doter les villages ruraux de matériel informatique déjà utilisé dans leurs centres de santé, écoles, collèges ou maisons de jeunes. Une action est déjà entamée à Sidi Yahia de Zaër, un village rural près de Rabat, nous a-t-on signalé.
Avec un suivi qui est basé sur certains indicateurs on peut mesurer l’efficacité du recyclage. En faisant le rapport du nombre de cartouches collectées sur le nombre de cartouches achetées durant une période d’une année, pour un partenaire, on a une idée sur son engagement à la collecte. Le rapport du nombre de cartouches collectées sur le nombre de cartouches importées fournit un indicateur de suivi pour le pays.
D. MB.
Trois questions à M. Hicham El Menzhi, Président de l’Association Collectique
La Nouvelle Tribune: Le recyclage des déchets est-il bien vulgarisé au Maroc? Dans le cas contraire, où se situent les entraves?
M. Hicham El Menzhi:

La collecte des cartouches d’imprimantes n’est pas bien vulgarisée au Maroc. Seuls les établissements structurés et qui ont un souci pour la protection de l’environnement nous remettent ce type de déchets. Les principales entraves ont trait à l’inexistence d’un cadre réglementaire sur ce segment des déchets. Pourtant, ailleurs ce type de déchets est classé parmi ceux dits dangereux. Aussi, il faut noter le peu de sensibilisation des utilisateurs par rapport au recyclage.
Quelle est la procédure de collecte des cartouches d’imprimantes, par exemple?
D’abord les cartouches vides sont rangées dans un endroit réservé à cet effet, un carton par exemple. Une fois le carton rempli, le partenaire contacte l’association pour la collecte. Dans les 48 heures qui suivent l’appel, une de nos équipes décharge le partenaire de ces cartouches usagées. Enfin un bon de décharge indiquant le détail et la quantité des articles collectés est faxé dans un délai d’une semaine au partenaire.
En termes d’investissements et de création d’emplois, quels indicateurs pouvez-vous nous donner sur ce créneau?
Pour ce qui est des cartouches d’imprimantes, le potentiel de ce type de déchets permettra, si un plus grand nombre d’utilisateurs participent à cette action, qu’au moins une centaine de petites entreprises pourraient être créées. Le meilleur indicateur est qu’à chaque lot de 100 toners qui ont déjà servi correspond à un emploi.
Propos recueillis par
D. MB.