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Le commerce en réseau, levier de développement Investissement

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Publier le : October 14, 2004

La franchise, ou commerce en réseau, l'un des éléments moteurs de l'instauration d'un commerce moderne, n'est cependant pas une panacée. Toutefois il est utile de comprendre qu'elle ne se développe pas toute seule, et peut trouver sur la voie de son expansion plusieurs écueils, dont l'immobilier commercial n'est pas le moindre. Pour preuve, d'après beaucoup d'intervenants aux 1ères Intégrales de la Franchise, qui ont martelé le vocable "location", l'équivalent anglais d'emplacement, son succès  dépend en grande partie, pour ne pas dire totalement, de cette entrave. Il semblerait que la clé du succès dans le domaine tient en: "Location, location, location". Le forum, qui a duré pendant deux jours, les 8 et 9 octobre à Casablanca, a permis d'asseoir ces certitudes.
Ses perpectives de développement promettent beaucoup. Les autorités présentes à l'inauguration, qu'elles soient gouvernementales, avec à leur tête M. Rachid Talbi El Alami, Ministre Délégué auprès du Premier Ministre chargé des Affaires Économiques et Générales, ou financières, de la BAD, notamment avec M. Théodore NKodo, Vice-Président de la BAD ou locales, en l'occurrence M. Mohamed Sajid, Maire du Grand Casablanca, lui ont exprimé leur soutien, sans retenue et souhaité plein succès aux travaux des différentes séances (développement de la franchise en tant que modèle d'affaires, expériences internationales, normalisation des concepts locaux, le financement, l'immobilier commercial...). Les uns et les autres ont souligné l'engouement autour de la franchise, et l'excellence du terreau local sur lequel elle peut se développer. En outre, ils ont appelé à l'instauration d'un code de conduite, de déontologie, et à mettre en place un partenariat public privé (PPP) solide, afin que ce concept puisse porter encore plus haut la PME locale. Cependant, les entraves au développement de ce commerce moderne n'ont pas, non plus, été occultées. La rareté des terrains, les prix exorbitants des pas de porte et du m2 sur certaines artères, jusqu'à 35.000 Dhs (le noir doit y être pour quelque chose, d'après une master franchise Naf Naf), les difficultés pour accéder aux financements, la contrefaçon et la contrebande ont été déplorés. Mais avec l'accompagnement des autorités, l'émergence de zones commerciales en périphérie, la mise en place d'un cadre urbanistique adéquat, l'implication d'institutions (financières ou associatives), plus de sensibilisation jusque dans les régions, il y a de l'espoir que l'immobilier commercial grèvera moins le budget des franchisés.

Un appui adapté

La métropole de Casablanca, qui devra abriter une bonne part de ces nouvelles enseignes, est prête, par la voix de son Maire, à se remettre en cause et réaliser une véritable mutation pour se prêter au cadre. A juste titre, a-t-il ajouté, plusieurs chantiers sont ouverts ou vont l'être incessamment pour fluidifier la circulation, améliorer le stationnement, et améliorer l'environnement des commerces. M. Luciano Borin, Directeur du Secteur Privé de la BAD a mis l'accent sur l'assistance technique et financière que son institution est prête à apporter pour vulgariser la franchise au Maroc. Il a précisé qu'en s'inspirant d'expériences réussies, surtout en Afrique du Sud, et en tirant les conclusions de cette rencontre, un soutien approprié de la BAD, sera destiné aux opérateurs marocains. 
Il est aussi ressorti de ce forum, que les professionnels du secteur, qui ont constitué deux associations, l'Association Marocaine de la Franchise (AMF) et l'Association Marocaine du Commerce en Réseau (AMCR), sont en train de concocter d'ambitieux programmes (réglementation, code de déontologie, formation, communication, financements...). Ils gagneraient à adhérer à la concertation franche que suggèrent les pouvoirs publics, notamment du Département des Investissements pour dynamiser, ce secteur qui sert souvent de vitrine pour les investisseurs étrangers.  
En définitive, il est clairement apparu qu'en instaurant la cohérence du mix, avec la prise en compte des environnements juridique (lier le loyer au chiffre d'affaires), psychologique (transparence et normalisation), technique (ergonomie) et financier (crédit à long terme, fonds collectif), on met ainsi en place les conditions du succès de la franchise. C'est d'autant plus vrai que le nerf de la guerre est au rendez-vous, même si rien de définitif, en termes de fonds d'amorçage ou de capital-risque, n'est retenu.

D. MB.

Ils ont dit

M. Hassan Bernoussi, Directeur du Département des Investissements : Que ce soit au niveau de la franchise ou de l'investissement en général, il s'agit d'une problématique qui concerne tous les acteurs socio-économiques. On ne peut pas imaginer le développement de la franchise sans celui de la ville, qui va accueillir ce type d'activités. Que ce soit l'aménagement urbain, le transport urbain, l'éclairage urbain... bref tout ce qui concerne la ville a une incidence directe sur le développement de la franchise. Elle n'est donc pas uniquement du ressort du franchiseur et du franchisé. Tout le monde doit y mettre du sien pour que notre commerce urbain soit à la hauteur et que nos villes soient plus attractives vis-à-vis des investisseurs. Le développement de la franchise est un signal de crédibilité, de confiance pour les investisseurs étrangers.

M. Rachid Talbi El Alami, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Affaires Économiques et Générales : La franchise est un concept, une méthode, qui repose sur plusieurs composantes, dont la première est la qualité de l'homme qui initie le projet, et la seconde a trait à la qualité du produit mis sur le marché. Notre gouvernement soutient ce concept, parce que nous croyons que c'est un levier qui peut aider au développement de la PME, et à éradiquer l'informel. Nous avons d'ailleurs initié un certain nombre de réformes (sur la SA, la SARL, ...) pour son développement. Il ne faut pas perdre de vue que c'est aussi un excellent catalyseur d'investissements étrangers.

M. Amine Benkirane, président de Kitéa SA- Kitéa & Kshop, et Président de l'Association Marocaine du Commerce en Réseau : Je ne crois pas que l'entrave de l'immobilier commercial pour la franchise puisse être réglée sur un simple coup de baguette magique. Il est nécessaire d'instaurer une concertation entre les institutionnels et les opérateurs.

M. Théodore NKodo, Vice-Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) :
Le Maroc a déjà eu une expérience assez riche en matière de franchise. Le programme d'appui que la BAD va lui accorder va sortir des recommandations de ce forum. Une enveloppe déterminée n’est pas fixée, nous voulons soutenir le concept sur toute son envergure, qu'il soit national ou étranger, avec un léger privilège sur le national. Nous comptons apporter notre influence auprès des autorités pour l'amélioration du cadre réglementaire.

Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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