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Une législation trop laxiste

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Publier le : November 30, 2006

Vous avez récemment constitué une coalition contre les abus sexuels sur les enfants, qu'est ce que cette coalition a entrepris à l'occasion de la journée mondiale de l'enfant ?
La coalition est constituée le 11/11/2006 et la journée mondiale de l’enfant est célébrée le 20/11/2006, donc nous n’avons pas assez de temps pour préparer une action ou une activité à l’occasion de cette journée, mais nous sommes en train d’élaborer le rapport annuel de l’année 2006 sur les abus sexuels sur les enfants et la pédophilie et il sera présenté dans une conférence de presse prochainement.
 
Qu'est-ce que la société civile et le gouvernement auraient dû faire à l'occasion de cette journée ?  
A l’occasion de cette journée, la coalition contre les abus sexuels sur les enfants voit qu’il est nécessaire que le gouvernement, la société civile et les parties concernées par le sujet doivent réfléchir à une stratégie qui prenne en considération les actions suivantes. Il s’agit de faire connaître la convention internationale des droits de l’enfant et toutes les lois nationales et internationales qui protègent les enfants contre toutes les formes de violations et abus physiques ou sexuels; de collecter, diffuser et échanger toute information relative à la situation des abus sexuels ; de fournir une assistance juridique, sociale et psychologique aux victimes d’abus sexuels. Pour cela il faut sensibiliser l’opinion publique sur le danger des abus sexuels en apportant les textes législatifs garantissant le respect des droits de l’enfant; et en adoptant une législation efficace, notamment celle concernant les droits des enfants, principales victimes de ce commerce inhumain. En plus de cela, il est impératif de sensibiliser les juges, avocats, et agents de police sur les droits des enfants. Parallèlement,  il faut tenter de sortir les enfants des réseaux de prostitution, et de les réinsérer dans la société.
La sensibilisation et la vigilance ne devraient-elles pas commencer dans la famille d’abord ?
Tout à fait, il faut sensibiliser les familles, éduquer les jeunes filles et les mettre en garde contre les dangers de la prostitution. La plupart des enfants ne savent pas ce qu’est la pédophilie.  Les supports audiovisuels, s’ils sont exploités, ne serait-ce que pour retranscrire l’attitude terrifiée d’un enfant,  peuvent faire basculer les choses et briser les tabous pour une meilleure protection.
                                                              
Pourquoi selon vous les abus sexuels à l'égard des enfants vont-ils en augmentant ?
Parce qu’il y a , à notre avis, plusieurs raisons, on peut citer: la violation des droits socio-économiques de l’enfant (droit à un niveau de vie respectable, d’avoir une chaise à l’école, de ne pas travailler, d’avoir des loisirs...);  le manque d’éducation sexuelle et des droits de l’homme de la population, surtout des enfants (ces valeurs ne sont pas enseignées dans nos écoles) ;  la non sévérité de la législation en ce domaine ;  la pauvreté, la négligence et le travail précoce des enfants : Le profil des victimes est souvent celui d’enfants issus de familles pauvres, d’enfants en désespérance et sujets au travail précoce.
 
Est-ce qu'on peut tout mettre sur le dos de la pauvreté, pour expliquer le manque de vigilance des parents vis-à-vis de l'exploitation de leur progéniture ?
La pauvreté n’est qu’un facteur, il y a d’autres causes que nous avons citées. Mais nous avons constaté que le plus grand nombre de victimes de la pédophilie au Maroc sont issues de familles pauvres.
Nous pensons que la lutte contre la pauvreté conduit aussi vers la lutte contre la pédophilie.
 
Est-ce que vous pensez que la loi n'est pas assez rigoureuse vis-à-vis de ce genre d'abus, à ce titre, un viol d’enfant n’est passible que de 5 ans de prison ?
La loi n’est pas efficace, nous demandons d’urgence que le gouvernement modifie la loi pénale dans le sens d’augmenter les sanctions appliquées en cas d’abus sexuels.

Propos recueillis par
Leïla Ouazry

Que prévoit la loi ?
la Convention internationale des Nations unies pour les droits de l’enfant, établie le 20 novembre 1989, est à la base de toute législation relative à la prostitution des mineurs. Ratifiée par un total de 191 États, elle cherche à protéger les mineurs de moins de 18 ans et à poursuivre ceux qui les exploitent. La Convention interdit la prostitution enfantine. Ils s’engagent ainsi à poursuivre sur leur territoire des abus sexuels commis sur des mineurs, même si ceux-ci ont eu lieu à l’étranger. Le principal article qui protège les enfants de l’exploitation sexuelle est l’article 34, qui stipule que « Les parties États s’engagent à protéger l’enfant contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et de violence sexuelle. À cette fin, les États prennent en particulier toutes les mesures appropriées sur les plans national, bilatéral et multilatéral pour empêcher que des enfants ne soient incités ou contraints à se livrer à une activité sexuelle illégale, que des enfants ne soient exploités à des fins de prostitution ou d’autres pratiques sexuelles illégales, que des enfants ne soient exploités aux fins de production de spectacles ou de matériel à caractère pornographique. »



 

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