| | Articles » Economie | | Traçabilité, un symposium dans l’urgence |
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Auteur : Publier le : September 30, 2004
À compter du début de l’année prochaine, toute denrée ou produit alimentaire en provenance du Maroc qui ne répondrait pas aux normes éditées par la circulaire de 2002 émise par la Commission Européenne de Bruxelles se verrait refuser l’entrée sur le (vaste) marché de l’Union européenne. C’est donc à la mobilisation des différentes articulations de l’Administration et du Gouvernement, des organisations sectorielles et autres fédérations professionnelles à laquelle on a pu assister avec, pour impression finale, la conviction que les milieux concernés voulaient éviter toute panique, quitte à mettre les bouchées doubles pour respecter les délais. Les salons du palace casablancais où se déroulait le symposium ont ainsi connu une journée animée et marquée par des interventions parfois vives de certains opérateurs qui, notamment dans le secteur halieutique, ont pu donner l’impression qu’ils allaient à la " pêche aux voix ". Mais, grâce au professionnalisme et à l’extrême minutie des organisateurs (bravo l’ONP), les dérapages ne furent que minimes et sans conséquences, sachant qu’en réalité, les meilleurs de nos producteurs, dans l’agroalimentaire comme dans la pêche, la conserverie, la congélation ou l’aquaculture, se veulent depuis longtemps respectueux des différentes normes édictées par les pays qui achètent leurs produits. La traçabilité, ainsi, n’était donc plus appréhendée comme une arme anti-exportations marocaines mais comme une norme de plus dans le nécessaire arsenal de la qualité et de la sécurité alimentaire. À la précision près cependant que ces dispositifs, pour obligatoires à l’export, ne le sont guère sur le marché intérieur. D’où la nécessité d’une véritable mise à niveau pour la santé du citoyen marocain et, partant, l’urgence d’une plus grande implication des pouvoirs publics dans la normalisation, mais aussi l’amélioration des infrastructures des secteurs concernés. Car les pouvoirs publics et les opérateurs économiques sont unanimes sur l'opportunité commerciale qu'offrira l'application du nouveau dispositif juridique de l'Union européenne sur la traçabilité des produits agroalimentaires et de pêche, à partir de janvier 2005. Cette unanimité qui reflète les visions positives de toutes les parties de la chaîne de production agroalimentaire, puise sa crédibilité du fait que sur les quelque 480 entreprises opérant dans ce secteur, 110 entreprises exportatrices ont déjà adopté en bonne et due forme le système de traçabilité, selon l'état des lieux brossé par la Confédération générale des entreprises du Maroc. D’ailleurs, le nouveau dispositif européen n'"est pas une loi imposée au Maroc", mais constitue un choix stratégique élaboré avec beaucoup de maturité et de vision claire d'une économie globalisée, a indiqué i le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes, M. Mohand Laensar, lors de la table ronde organisée à Casablanca après l'ouverture officielle par le Premier ministre, M. Driss Jettou, des travaux du Symposium national sur la traçabilité des produits agroalimentaires. Pour le ministre, l'application pédagogique du système de traçabilité constitue en fait une revalorisation du produit identifié et une motivation pour les producteurs marocains d'améliorer leur position aussi bien sur le marché national qu'international. Quant à M. Salaheddine Mézouar, ministre de l'Industrie, du Commerce et de Mise à niveau de l'Economie, il a estimé que le système de traçabilité est un processus de contrôle général de la chaîne de production impliquant les pouvoirs publics et les professionnels. M. Salaheddine Mezouar a estimé que l'identification pure et simple des produits agroalimentaires et de pêche est un outil de protection du consommateur et un élément de compétitivité et de conformité. Pour sa part, dans son allocution d’ouverture du symposium, le Premier ministre, M. Driss Jettou, a réitéré la volonté et l'engagement du gouvernement à mettre oeuvre l'ensemble des mesures nécessaires pour accompagner les entreprises agro-industrielles marocaines dans le processus d'adaptation au marché européen et réussir l'intégration de l'économie nationale dans les marchés internationaux. M. Jettou a tenu à préciser que l'engagement du gouvernement s'inscrit "naturellement dans la logique des choix économiques fondamentaux de notre pays, en termes d'édification d'un modèle de société démocratique, de libéralisme économique, de démantèlement des barrières douanières, d'ouverture et d'inscription dans la globalisation". Il a rappelé, à ce sujet, que les différents accords de libre-échange, qui lient aujourd'hui le Maroc à plusieurs régions du monde, donnent lieu à un démantèlement progressif des barrières douanières, au profit de barrières non tarifaires, de normes, de standards internationaux, de clauses sociales, de contraintes environnementales et à bien d'autres exigences de diverse nature. Abordant la nouvelle réglementation européenne sur la traçabilité des produits alimentaires, le Premier ministre a évoqué trois enjeux majeurs à savoir : la sécurisation et le renforcement de la compétitivité des secteurs agroalimentaires marocains, l'organisation du marché intérieur et le renforcement des deux secteurs de l'agriculture et de la pêche, ainsi que la mise en place d'une stratégie de sécurité alimentaire, impliquant à l'amont la responsabilisation des opérateurs et à l'aval la protection du consommateur. Pour M. Jettou, le premier enjeu relatif à la sécurisation des exportations agroalimentaires marocaines est un objectif qui suppose une réactivité et un traitement d'urgence, en raison de l'imminence de l'entrée en vigueur de la réglementation européenne sur la traçabilité. "Il est ainsi d'une extrême importance pour les opérateurs de ces secteurs de réunir les conditions d'adaptation de l'offre de nos produits sur les marchés européens, à cette nouvelle exigence et d'être au rendez-vous de son entrée en vigueur à la date prévue". "L'intégration rapide de cette nouvelle norme est d'autant plus nécessaire, devait-il préciser, que ces secteurs représentent une part importante dans le produit intérieur brut de notre pays, dans le marché de l'emploi et particulièrement dans la structure de nos exportations vers l'Union européenne". FY
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