De l'accord portant création de la Banque Africaine de Développement (BAD), entré en vigueur ce 10 septembre de l'année 1964 (après 4 années de gestation), au 10 septembre 2004, cela fait bien quarante années, jour pour jour, que cette institution est au service du développement en Afrique. Bien du chemin a été parcouru, aujourd'hui c'est le seul établissement financier, en Afrique, noté AAA. Seulement au stade actuel du développement de ce continent, encore très loin derrière les autres, on est tenté de se demander si la BAD, première institution de développement de cet espace, n'a pas failli à sa tâche? A-t-elle mûri? Les responsables ont bien saisi cette interrogation et ont choisi pour ordre du jour la marche en avant pour progresser: "Bâtir aujourd'hui, une meilleure Afrique demain". Il est vrai que devant l'immensité du travail à accomplir et l'instabilité criarde, vécue çà et là, les actions pionnières doivent être soutenues et pérennes pour avoir un impact digne de ce nom. On note dans le rapport présenté à l'occasion de cet anniversaire que, depuis le début de ses opérations en 1967 à fin 2003, les approbations cumulées du groupe BAD ont atteint quelque 50 milliards de $. Ce montant concerne 2.786 opérations réparties en prêts (2.156) et en dons (630) au profit de pays africains. Sa prédilection pour l'Afrique ne fait donc pas de doute. L'accord sus-cité stipule, à juste titre, qu'elle a pour but de contribuer au développement économique et au progrès social de ses États membres régionaux, individuellement et collectivement. Si à ses débuts, la BAD fut pour les nouveaux États indépendants un outil majeur de mobilisation de ressources pour financer leur développement et favoriser l'intégration de leurs économies, par la suite, elle a pu élargir son portefeuille et le diversifier. Les secteurs d'interventions prioritaires sont passés de ceux de l'infrastructure (transports, approvisionnement en eau, énergie et communications) à ce qui a été résumé la Vision 1999 (la réduction de la pauvreté et la promotion d'une croissance économique durable). Les priorités ont été alors centrées autour du développement agricole et rural, de la santé, et du développement du secteur privé.
Au plan régional, la coopération et l'intégration sont encouragées et la bonne gouvernance et le développement durable sont recommandés. Ses nombreuses initiatives pour la résolution du problème de la dette, par la participation aux côtés du FMI, de la Banque Mondiale et des créanciers bilatéraux, pour l'annulation sinon pour la reconversion en investissements de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), mais aussi pour la mise en place du Mécanisme de Financement Supplémentaire (MFS) pour les pays à faible revenu éligibles aux seules sources FAD et n'ayant pas apuré leur dette non concessionnelle, vis-à-vis d'elle..., ont porté leurs fruits. Doit-on rappeler que la BAD apporte un soutien non négligeable au Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) en assurant le rôle de leader dans l'établissement des infrastructures régionales et des normes financières et bancaires?
On ne peut qu'espérer que sous la direction du Marocain Omar Kabbaj, le plan stratégique (2003-2007) qui vise à améliorer l'efficacité de ses opérations et ses résultats, soit un vif succès. A condition que la paix s'installe. M. Laurent Gbagbo, Président de la Côte d'ivoire clame le retour de la BAD à Abidjan, vu que le staff siège actuelllement à l'Agence Temporaire de Relocalisation à Tunis.
Le siège est toujours à Abidjan, en théorie, et ses six agences régionales sont disséminées à travers le continent (Égypte, Gabon, Nigéria, Éthiopie, Ouganda, Tanzanie).
Daouda MBaye