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Les taxis passent à la pompe, les clients à la caisse Enquête

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Publier le : September 9, 2004

Tout le monde s'attendait à une réaction, du moins à des hausses en chaîne, après les nouveaux prix affichés par les hydrocarbures.  Mais personne ne pouvait penser que cela se produirait si rapidement. Pourtant, il faut s'en convaincre, le mal est là. Le ton est donné par les chauffeurs des grands taxis opérant entre Rabat et Témara. Les parcours des plages ne sont pas épargnés. Une augmentation subtile puisque le tarif est passé de 3 dirhams à 3,50 dirhams et elle s'est faite de bouche à oreille entre ces taximen. Une situation de fait qui engendre actuellement le désordre, dans ces taxis, où les altercations sont devenues monnaie courante. Des incidents nous ont été rapportés de samedi dernier où les taxis étaient très sollicités en raison du match Maroc-Tunisie. Après le coup de sifflet final, certains conducteurs de taxi ont profité de l'affluence pour afficher les nouveaux prix. "De quel droit vous permettez-vous d'augmenter les prix ? Jusqu'à présent personne ne vous a autorisés à le faire. Vous me rendez ma monnaie au complet ou bien nous allons à la police", tonne un passager à sa descente à Témara Centre. Le conducteur, imperturbable, rétorque avec un air de dédain. "Vous ne savez pas que les prix des carburants ont augmenté. Ce n'est pas de notre faute. Car ce gasoil, je ne l'ai pas volé. Je l'ai acheté à la pompe", avance-t-il en guise de réponse. Face à la détermination du client, il a fini par céder tout en lui disant que la prochaine fois, il en sera autrement.

Où sont les autorités préfectorales?

Interrogé à ce sujet, un responsable communal fera remarquer que l'ordre n'a pas été donné par les autorités. Mais dans la pratique, les choses sont différentes. Un autre chauffeur de taxi questionné sur le même sujet n'y est pas allé par quatre chemins. "Écoutez, les autorités ne peuvent pas nous dire d'augmenter nos tarifs car elles savent que la population risque de se soulever contre elles. La technique consiste donc à y aller doucement. En clair, nous allons vers 4 à 5 dirhams pour la fin de l'année", nous confie-t-il. Son raisonnement tient au fait que Témara est une ville à part entière où le laisser-aller est patent. À la Préfecture de Témara, aucun responsable n'a voulu commenter la situation. Pour les passagers, c'est un calvaire de plus. "Quand j'ai commencé mes déplacements sur Témara, je n'avais jamais pensé être l'otage des chauffeurs de taxi à tel point qu'aujourd'hui je n'ai que deux choix : ou m’installer à Témara ou chercher un autre travail à Rabat car le calvaire que me font endurer ces conducteurs de grands taxis est devenu insupportable. Je perds un temps fou avant que le chauffeur ne trouve cinq autres clients pour qu'il puisse démarrer", raconte un revendeur. Pour une autre dame, c'est l'excès de vitesse qui lui fait peur. "La première fois, quand je me suis embarquée dans l’un de ces grands taxis, j'ai eu très peur. Alors, quand j'ai dit au chauffeur de rouler doucement, il a commencé à me traiter de tout et lorsque j'ai tenté de répondre à ses invectives, il a arrêté son taxi avant de commencer à crier que je ne voulais pas le payer. Sans l'intervention des autres passagers, je ne sais pas ce qui se serait passé." Le scénario de crise qui se profile est des plus clairs et c’est encore le citoyen consommateur, ce mouton-payant qui s’apprête à en faire les frais.

M.S.



 

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