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Les effets induits d'une bonne récolte céréalière Impact de la campagne agricole sur l'économie

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Publier le : September 2, 2004

De prime abord, une mauvaise campagne agricole entraîne d'importants débours. D'après la Direction de la Statistique, le poste "Céréales", en 2000 et 2001, a pesé pour respectivement 6,32 % et 7,02% sur l'ensemble des importations globales, soit 7,746 milliards de Dhs et 8,713 milliards de Dhs ! Qu'arrive-t-il dans le cas contraire, dans la mesure où, d'après les prévisions du ministère de l'Agriculture et du développement rural, la campagne agricole 2003-2004 sera bonne?
Il faut s'attendre à plus de 83 millions de quintaux (Voir répartition en Encadré). A la mesure des superficies semées en céréales (5,4 millions d'hectares, soit une hausse de 2% par rapport à la campagne précédente), en cultures de printemps (tournesol 57.000 ha, pois-chiche 61.000 ha, ...), en production de cultures d'exportations, notamment une augmentation des primeurs de 20% (428.000 t) comparativement à mai 2003, la production sera donc plus que satisfaisante. Pour le reste, notamment la production animale et l'arboriculture fruitière, on s'attend à de bons résultats. Les chiffres définitifs sont attendus en ce mois de septembre,  selon des sources du ministère. Ce ne sera pas un record absolu, mais une telle récolte est à considérer comme tel. De toute évidence, il n'y aura pas d'importations cette année, ce qui équivaut à autant de devises économisées. Pour les agriculteurs cela va correspondre à une bonne bouffée d'oxygène. Sur ces plans, l'impact positif sur l'économie du pays ne fait pas de doute. Il est clair qu'une bonne campagne agricole est synonyme de plus de valeur ajoutée dans bien des domaines, notamment sectoriel (microéconomique) et social (emploi et revenus plus importants). 

Subventions et aides diverses

D'un autre point de vue, on soutient que tout ne sera pas positif à l'issue d'une telle campagne. Il faut rappeler que le surendettement des paysans a nécessité, de la part des autorités publiques et du Privé, notamment le Crédit Agricole ex-CNCA, la mise en place de programmes et plans d'urgence pour rééchelonner, voire même annuler certaines créances. Principalement l’État décida une dotation annuelle de 120 millions de Dhs pour indemniser les sinistres, et, pour satisfaire les besoins des populations, un plan d'urgence de 6,5 milliards de Dhs (approvisionnement en eau potable, distribution de céréales, rééchelonnement de la dette, ...). Quant au Crédit Agricole, alors Caisse Nationale du Crédit Agricole (CNCA), il allégea au mieux les conditions grâce à des réductions de taux, des rééchelonnements, et même des annulations pour la partie excédant le million de Dhs sur toute créance. Sur le plan macro-économique, M.Ahmed Azirar, Conseiller à l'Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX) attire l'attention sur les difficultés de l'Etat devant financer toute la production, qu'il achète et subventionne (une bonne partie du blé tendre). Celle-ci est mise à la disposition de l'Office National Interprofessionnel des Céréales et Légumineuses (ONICL). La subvention traduite en prime de stockage et de rétrocessions permet aux opérateurs d'affiner leur productivité. A noter qu'une disposition particulière sera prise en début de campagne céréalière, à savoir une protection douanière avec un différentiel de 10 à 15 Dhs/ quintal. A ce stade, certains se demandent quel sera le manque à gagner, en termes de recettes douanières induites d'importations?
D'autres problèmes sont aussi relevés, en aval. Bien qu'ayant à leurs dispositions des matières premières, les professionnels des différentes branches agro-industrielles restent assez regardantes sur la qualité. M. Izem, Président de la Fédération Nationale des Minotiers (FNM), note que ce qui intéresse la profession, c'est un blé de bonne qualité qui donne de bons rendements. Il n'a pas manqué de soutenir qu'il est nécessaire d'améliorer le système d'achat qui présente beaucoup d'imperfections et donne naissance à beaucoup de dysfonctionnements. Au sein de ce secteur, les opérateurs déplorent la péréquation faite par les commerçants et qui les amène à augmenter le prix de la farine subventionnée et à baisser celui de la farine libre.

D. MB.

La moisson céréalière, en chiffres

La quantité totale de céréales (83 millions de quintaux) attendue au terme de cette campagne agricole sera ainsi répartie: 35,2 millions de blé tendre sur une superficie ensemencée de 2 millions d'ha, 20,2 millions de quintaux de blé dur sur 1,1 million d'ha et 27,6 millions de quintaux d'orge sur 2,3 millions d'ha.

(Source: Ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes)



 

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