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Tourisme, la voie du progrès global

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Publier le : July 29, 2004

La démocratie, parce que sans la liberté et l’équité, il n’y a pas de lien social durable dans un monde de plus en plus instruit, informé et nécessairement tourné vers les autres et vers le grand large. Inutile d’imaginer l’engagement des individus dans la société sans leur adhésion profonde.
Mais, la démocratie a aussi besoin du développement pour déployer une société équilibrée où une classe moyenne active et éduquée assure la stabilité de l’édifice.
Toutefois, s’il est relativement aisé de se mettre d’accord sur ces principes entre personnes de bonne foi, les inscrire dans la réalité l’est moins. On connaît la fatalité du non -développement, faite d’accroissement de la dette, de cherté de la vie. On sait aussi les difficultés de s’arracher  à l’appauvrissement du plus grand nombre et au désespoir social. On mesure enfin, malheureusement, que sur ce médiocre terreau prospèrent l’obscurantisme et ses solutions extrêmes.
Faut-il encore trouver dans les ressources naturelles du pays le levier économique qui, bien choisi et inspiré par une volonté collective servie par une vision partagée, fera basculer la montagne de la fatalité.
Or, il semble bien que le Maroc soit en passe de trouver la voie de ce progrès global, qui lui permettra de traverser les vicissitudes de l’histoire présente.
Cette voie, c’est celle du tourisme, pour lequel ce pays dispose des ressources naturelles et humaines du meilleur niveau mondial. En mettant toute son autorité dans la balance, son Souverain semble en passe d’infléchir le cours de l’histoire.
Date clé que ce 10 janvier 2001, à Marrakech, lorsque Sa Majesté Mohammed VI fixe les orientations applicables à ce secteur en lui insufflant les dimensions politique, sociale et éthique nécessaires pour dynamiser l’ensemble des acteurs. Ce jour-là, les participants notent certaines formules comme “art de communication avec l’autre” ou “patrimoine civilisationnel”. Ils relèvent au passage que chaque Marocain doit se considérer comme mobilisé. Ils perçoivent aussi la vision du développement économique et social qui inspire la volonté Royale en vue d’inscrire le pays, dès le début du siècle, dans le creuset de la société mondialisée, technologique, de liberté et de loisirs qui sera celle de l’époque.
Puis, viennent les objectifs centraux : dix millions de touristes par an à l’horizon 2010, quatrevingt mille lits pour les héberger et la création de nouvelles zones touristiques, manière d’annoncer la constitution d’un réseau de stations tout le long du littoral, bâties de toutes pièces pour élargir d’un coup l’offre touristique de la destination.
Quant aux moyens, ils ne sont pas oubliés, tant pour ce qui touche à la constitution de partenariats public-privé incluant acteurs locaux et internationaux, que pour ce qui concerne la mise à disposition de trois mille hectares bruts de terrains, assortie d’un soutien de l’État à hauteur de cin-quante pour cent. Le financement est aussi précisé. Le Fonds Hassan Il sera mobilisé pour la constitution des nouvelles zones balnéaires et des mécanismes de garantie seront mis en œuvre.
Dans une perspective de bonne gouvernance, chacun remplira ses mis-sions : aux opérateurs la réalisation et la commercialisation, à l’État l’orientation et le contrôle ainsi qu’un dispositif d’accompagnement impliquant les élus et autorités locaux sur l’aménagement, l’environnement, la propreté.
À charge pour les professionnels de ne pas négliger le tourisme visant le public marocain, et de créer les dispositifs susceptibles d’injecter du développement dans les zones rurales, forestières, de montagne ou sahariennes.
Enfin, faisant bonne mesure, Sa Majesté annonce l’accélération de la simplification et de l’harmonisation fiscales, de façon à stimuler les investissements, ainsi que la réorganisation de l’Office National Marocain du Tourisme, appelé à être doté de moyens humains et matériels supplémentaires.
À cette ferme volonté d’agir, s’ajoute, depuis lors, un suivi régu-lier de l’avancement des travaux, dont SM Mohammed VI se tient régulièrement informé, n’hésitant pas à payer de sa personne lorsque sa présence est nécessaire et ne ménageant pas les impulsions quand l’énergie parait faiblir. Ainsi a-t-il tenu, au début du mois d’août 2001, une réunion sur la politique touristique qui a permis de relancer le projet d’accord d’application destiné à mettre en œuvre l’accord -cadre, attendu pour la fin juin et qui piétinait un peu. Peut-on imaginer qu’une certaine “impatience royale” a pu se faire sentir à cette occasion ? En tout cas, les Marocains, jamais en retard d’une formule, qualifient désormais ce suivi particulier de “coaching royal”, avec une forme de tendresse moderniste témoignant de ce que la nécessité d’aller de l’avant a désormais pénétré tous les esprits.
La voie est donc ouverte pour lancer le Maroc dans la cour des très grands pays d’accueil dans le monde et, tout particulièrement, dans cette zone méditerranéenne aux portes du principal marché émetteur, l’Europe.

Par Mohamed Benamour
DG de KTH -KTI, signataire de l’Accord Cadre sur le Tourisme en tant que Président de  la Fédération Nationale du Tourisme.


Hommage à SM le Roi

C’est d’abord en hommage déférent et en signe de profonde gratitude à SM le Roi Mohammed VI que le présent texte a été conçu. Sans Sa sollicitude pour le secteur, pour le projet de développement qu’il porte et pour l’idée d’une société ouverte qui l’habite, cet espoir de constituer le tourisme en un levier de développement économique et de progrès social serait resté à l’état de chimère. C’est Lui qui en a été le concepteur en prononçant ce discours du 10 janvier 2001, à Marrakech, tandis que débu-tait le XXIème siècle. Pour les responsables publics comme pour les opérateurs privés, ce texte constitue l’acte fondateur : la référence permanente de leur action.
Nous avons aussi souhaité, par ce témoignage, saluer ces femmes et ces hommes de grande qualité qui ont accompagné l’élaboration de la vision 2010 de leurs conseils, de leurs propositions, de leur soutien.
À travers les lignes qui suivent, nous espérons faire partager l’ambition mobilisatrice de la vision 2010 pour transformer ce projet national en réalité, dans le creuset d’un partenariat public-privé que je n’hésite pas à qualifier d’exemplaire.
La vision inspirante qui l’habite, associée à une gouvernance compétitive, méthodiquement planifiée à l’échelle nationale et locale, la gestion décentralisée et fortement participative qui la met en œuvre, constituent les particularités d’un modèle original de développement et de progrès social. Celui d’un pays ouvert, soucieux de performance et d’équilibre, dont la Monarchie assure la pérennité.
Ne nous trompons pas: le contrat de programme en faveur du tourisme s’inscrit dans une réelle stratégie de rupture qui lève les obstacles accumulés en libérant les énergies d’une jeunesse ambitieuse et travailleuse. Voyez-là, elle n’aspire qu’à se mobiliser pour la cause du mieux-être, de la croissance et de l’ouverture aux autres comme au monde.
Soyez-en certains, nous n’évoquons pas si elles sont respectables, les simples perspectives de renforcement d’un secteur d’activité essentiel au pays. Non, nous dévoilons les meilleurs leviers d’une économie qui entre fièrement dans le XXIème siècle. Elle est portée par les aspirations les plus légitimes réunies derrière son Roi, S.M. Mohammed VI que le destin a appelé à nous conduire dans les temps qui s’ouvrent en nous insufflant l’énergie vitale.
Tel est le sens du discours fondateur de la vision 2010, prononcé à Marrakech, qui porte l’ambition collective et répond aux défis de la mon-dialisation en assurant une croissance soutenue et en affirmant haut et fort la détermination du Maroc à s’ancrer dans la modernité.

Mohamed Benamour



 

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