Afin de promouvoir et renforcer les accords commerciaux entre le Royaume du Maroc et la République Autrichienne, MM. Abdelhakim Kemmou et Richard Schenz, respectivement Président de la Chambre de Commerce d’Industrie et de Services de Casablanca (CCISC) et Vice-Président de la Chambre Economique Fédérale d’Autriche viennent de parapher un Accord de Coopération, le 7 juin dernier à Marrakech. Le mandat du nouveau Conseiller Commercial de la Délégation Commerciale de l’Ambassade d’Autriche, M. Manfred Schmid, pour ne pas le nommer, ne pouvait mieux commencer. N’est-ce pas là une excellente manière de faire connaître encore un peu plus cet Etat ami du Maroc, qui est quasi- inconnu dans le milieu des affaires? Pourtant, dans plusieurs secteurs, l’expertise autrichienne est de renommée mondiale. Rien ne doit expliquer la persistance d’une certaine timidité dans les relations d’affaires entre les deux pays. M. Heinz Paumgarten, qui vient d’achever une mission de huit ans comme Conseiller Commercial pour le Maroc et l’Afrique de l’Ouest, a vu sous son passage les échanges plus que doublés, passant de 16 millions d’euros en 1995 à 40,7 millions en 2003, (Voir tableau des échanges en encadré). Aujourd’hui, les échanges se font en faveur du Maroc avec 70,22 millions d’export pour 40,7 millions d’euros d’importations.
L’engagement de M. Schmid pour rehausser encore plus le niveau des transactions est clair. Dans les domaines de la santé, de l’environnement, de l’assainissement ou encore des transports..., il y a bien des avancées à faire. Certains chantiers sont même entamés. Il est donc question de sortir des sentiers battus qui ont pour noms textile et habillement, produits finis, équipements, pour sonder d’autres secteurs. De la fenêtre intelligente, avec son système d’autonettoyage, aux câbles et fils, en passant par les systèmes d’aiguillages de voies ferrées, les extrudeuses, ou presses d’injection..., bien des opportunités existent et ne demandent qu’à être saisies.
Faut-il seulement rappeler qu’en Autriche, l’écosystème est très bien protégé. Toute eau usée est systématiquement traitée, nous a appris M. Schmid. selon une anecdote, ces champions de l’environnement ont d’ailleurs dû essuyer les frondes d’associations de pêcheurs de lacs (le pays étant enclavé) car les eaux devenaient trop propres! C’est le second pays qui a déposé sa candidature pour acheter des points dans le cadre du Mécanisme de Financement du Développement Propre (MDP) initié par le Protocole de Kyoto.
D. MB.
Trois questions à M. Manfred Schmid, Conseiller Commercial de l’Ambassade d’Autriche à Casablanca
La Nouvelle Tribune: Quelles opportunités les opérateurs marocains peuvent saisir avec l’Autriche?
M. Schmid : L’Autriche a une économie très développée, orientée vers l’exportation, en général. Pourtant les exportations sur le Maroc ne sont pas encore très importantes. Compte tenu du fait qu’il existe des pans entiers de l’économie marocaine, qui pourraient bénéficier des compétences autrichiennes, nous nous attèlerons sur ce volet en priorité. En matière d’équipements pour l’industrie (machines-outils, infrastructures de base, etc) l’Autriche, qui a beaucoup d’expertise, peut apporter beaucoup. Nous fournissons pour l’industrie alimentaire, un intrant important: l’acide citrique. Un autre de nos domaines de compétence se situe dans l’infrastructure de l’eau potable, de l’assainissement, de l’électricité, de l’environnement, du ferroviaire. Sur ce dernier volet, nous avons déjà réalisé une étude pour le projet de métro de Casablanca, malheureusement abandonné aujourd’hui en faveur d’une autre forme de transport, le tramway. Je rappelle qu’excepté en Allemagne, La plus grande implantation de Siemens (fabricant de wagons) se situe en Autriche. Son centre de compétences y est basé avec un effectif de plus de 30.000 personnes. Nous pouvons donc apporter un soutien non négligeable dans ce sens, tout comme dans la maintenance de voies ferrées.
Concernant les produits de grande consommation, nous ne sommes pas très compétitifs sur le marché marocain. N’empêche, quelques uns de nos produits, sont bien présents ici. C’est notamment le cas dans le secteur des boissons de Red Bull (boisson énergisante sans alcool).
Pour vivifier les courants d’affaires entre les deux pays, des missions commerciales sont souvent organisées. Existe-t-il une sorte de club permettant aux opérateurs de mieux se connaître?
Sous cette dénomination, non. Nous disposons d’une équipe au sein de la Délégation Commerciale de l’Ambassade d’Autriche, basée à Casablanca. Nous nouons de très bonnes relations avec les hommes d’affaires autrichiens et marocains. Ici nous travaillons d’arrache-pied avec les uns et les autres ainsi qu’avec les organisations patronales et les chambres de commerce d’industrie et de services. Nos liens commerciaux n’en sont que plus renforcés. Pas plus tard que trois semaines, un Accord de Coopération a été signé à Marrakech entre la Chambre Économique Fédérale d’Autriche et la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services de Casablanca. A la fin du mois d’avril, le ministre de la Santé a effectué une visite de travail. Au début du mois de mai, ce fut le ministre chargé de la Mise à Niveau de l’économie, qui lui a emboîté le pas à Vienne.
Dans l’avenir, sur quels secteurs l’accent sera-t-il mis?
Dans le domaine hospitalier où nous livrons des structures clés en main. C’est un secteur où beaucoup de choses peuvent être accomplies. Par ailleurs, nous venons d’achever une réunion avec le Directeur Général de la Sonasid et les représentants d’une entreprise autrichienne pour l’introduction d’une nouvelle technique de conception de préfabriqués. grâce à cette technique, les promoteurs immobiliers pourront ériger des immeubles R+5 ou R+6, à des prix défiant toute concurrence. C’est un concept sûr, rapide à mettre en place et qui prend en considération l’aléa sismique.
Propos recueillis par
Daouda M Baye