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Libre-Echange, quelles finalités pour le Maroc ? Débat

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Publier le : July 1, 2004

Un débat franc, teinté de quiproquo! C’est ce qu’ont réellement reflété les discussions autour des Accords de Libre-Echange (ALE), objets d’une conférence organisée le mercredi 23 juin à Casablanca, par la Chambre de Commerce Britannique, en présence de M. Taïb Fassi-Fihri, ministre délégué aux Affaires Étrangères et à la Coopération, de décideurs du Privé et de diplomates étrangers accrédités au Maroc. Si pour les autorités publiques, la signature d’ALE n’est autre qu’un processus logique dans la voie de la libéralisation économique, par contre pour certains décideurs du Privé, tout ce que peuvent apporter les ALE aux PME-PMI marocaines se résume en trois vocables: «beaucoup de problèmes!». Pour M. Fassi-Fihri, ces derniers n’ont pas très bien saisi la démarche volontaire, mesurée et anticipative de l’Etat, loin de tout suivisme ou phénomène de mode. On ne peut plus clair, il a, de manière limpide, indiqué que dans chacun des ALE signés, ont été pris en considération le risque éventuel sur le local (production, commerce et services) et la protection de secteurs fragiles.  Explicitant, en partie, la stratégie économique du pays, Le ministre a fait un bref rappel historique. De son avis, au cours  des deux décennies, deux phases ont émergé. Après une première phase (1984-94), correspondant au Programme d’Ajustement Structurel (PAS), a succédé une seconde (1994-2004), qui a correspondu à la phase de libéralisation économique, et qui a coïncidé avec l’accélération de la privatisation, la modernisation du champ économique, la promulgation de nouvelles lois et un train de réformes, à l’adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et à l’adoption d’une fiscalité moderne. La finalité déclinée, étant la libération, pas du tout sauvage, du commerce extérieur, dont les ALE sont d’utiles accompagnateurs, mais pas du tout une sorte de panacée d’une politique économique, mais un élément parmi d’autres pour asseoir une politique économique intégrée à l’économie mondiale, et accroître les niveaux d’investissements parfois ridicules, vu les potentialités. 

Une anticipation mesurée

Malgré toutes les mesures de sauvegarde et marges évoquées sur les volets agricole, financier..., pour maintenir des niveaux de production et de revenu et préserver des branches de production nationales, une certaine frange du Privé national ne l’entend pas de cette oreille. Sceptique, M. Mohamed Yahya Zniber, Vice- Président de la Fédération des PME-PMI de la CGEM (Patronat marocain), a soulevé l’ignorance dont la PME-PMI est victime. Il a précisé que cette structure, à la croisée des chemins, n’est pas prête pour des raisons de compétence de son personnel, de productivité et de ténuité. En dépit de l’insistance du ministre sur les dispositions incluses dans les ALE pour que les acquis, de l’industrie nationale, ne soient pas remis en cause, ce dernier a égrené toute une litanie de doléances. Il souhaiterait que la Mise A Niveau (MAN), (il préfère aménagement d’un environnement plutôt que MAN), qui a un coût grevant les budgets des PME, précède les ALE, que la fiscalité qui est inadaptée soit allégée (une TVA réduite élargirait l’assiette de la consommation), et enfin que le système de financement interentreprises soit réglementé (avec des pénalités pour les mauvais payeurs). Pour M. Abdelhakim Marrakchi, Administrateur Délégué à Maghreb Industries, il faut régler le déficit de compétitivité dont souffrent les opérateurs, les aligner sur la concurrence en termes de coûts de transport maritime et éliminer cette espèce de Taxe Tobin payée sur le change. 
Au vu de toutes ces hésitations, cet analyste s’est demandé si en optant pour l’ouverture, on peut continuer à nourrir toutes ces appréhensions? De son avis, l’accent doit être mis aussi  sur une formation adaptée, l’amélioration de la qualité, et le renforcement d’un tissu local exportateur.

D. MB.



 

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