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Dawajine 2004, la relance d’un secteur

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Publier le : July 1, 2004

Aujourd’hui, le secteur avicole, en général, traverse une crise assez profonde. Il s’agit maintenant de «délester» la volaille, de toutes les entraves, pour booster la production de viande blanche. Ces propos d’un professionnel place le 7ème Salon Avicole de Casablanca, Dawajine 2004 (du 29 juin au 1er juillet) dans son contexte. Une période difficile à laquelle il est impératif d’apporter des réponses adéquates pour une reprise de l’activité et dépasser cette sous-production et la pression fiscale sur le secteur, qui n’arrangent personne. Pour acquérir plus de compétitivité, l’accent est mis, cette année, sur l’innovation et la modernisation des outils de production. Plus de 200 exposants et marques présentent aux visiteurs professionnels ou non(15.000 attendus) les dernières évolutions dans le domaine avicole. La cérémonie officielle d’inauguration présidée par de hautes personnalités gouvernementales montre le soutien sans faille des pouvoirs publics à ce secteur. Ce nécessaire accompagnement ne sera que bénéfique pour sortir l’aviculture de la crise. Le Dr Adil Msougar, Directeur Général de ElDin et membre de l’Association des Abattoirs Avicoles Industriels (AAAI), nous a rappelé qu’elle a démarré à la fin des années 90, plus exactement entre la période 1997-98. Principalement due à une très mauvaise maîtrise, des mises en place au niveau du marché aboutissant à des surproductions ou à des sous-productions (moins fréquentes), la crise avait alors donné lieu à des variabilités très importantes de prix à la vente, à la ferme pour les éleveurs (poulets et dinde). Certains vont plus loin et soutiennent qu’en faisant la moyenne des prix de vente sur l’année, on se rend compte que certains éleveurs vendent à perte.
Une autre problématique et non des moindres a trait à la tarification fiscale. Les aviculteurs, considérés comme ne faisant pas partie du secteur agricole, ne bénéficient pas d’exonérations fiscales. Si la pêche fait partie de l’agriculture, alors que dire de l’aviculture ? Cette contradiction qui perdure doit prendre fin au plus tôt, notent les professionnels.

Que sont les aviculteurs ?

A côté de cela, il y a l’extrême cherté des intrants. Il est vrai que la rationalité veut qu’un pays protège sa production. Il se trouve qu’au niveau du Maroc, on protège des productions qui n’existent pas vraiment ou qui existent à un niveau tellement faible, qu’il est totalement absurde de protéger une production de maïs, qui est de 40.000 t par an dans les meilleures années. Alors que dans la profession, il est consommé 1,100 million à 1,200 million de tonnes par an. La production nationale représente donc moins de 5% de ce qui est consommé au Maroc.
Pour les aliments composés, il y a une TVA de 7% sur la matière première, qui n’est pas récupérable, précisent les membres de l’Association des Fabricants d’Aliments Composés (AFAC). «Le producteur la paie, mais il vend son produit hors champ TVA, comme pour tout ce qui est viande. L’éleveur ou l’abattoir qui achète le poulet ou la dinde ne peut répercuter la TVA sur le prix de vente», renchérit le Dr. Msougar.
Avec le Salon Avicole, il y a une lueur d’espoir qui existe. Et un bonheur en appelant un autre, on s’attend dans la profession à une principale amélioration. Il s’agit d’une baisse de 50% sur les droits de douane concernant le maïs et autres intrants, dans le cadre de l’Accord de Libre-Echange avec les USA. 
Relativement à l’abattage, qui a évolué de manière «fulgurante», pour paraphraser Dr Msougar, il y a aujourd’hui, sur le marché 325.000 t de volailles. Quasi-inexistant au début des années 70, l’abattage industriel a réellement démarré au milieu des années 80.  On rappelle dans la profession que l’Etat avait alors mis en place le schéma directeur pour l’implantation des abattoirs. C’est seulement au début des années 90 que les abattoirs industriels ont commencé à être installés sur le sol national. Entre 1999 et 2003, il y a une quinzaine d’unités qui se sont installées sur l’ensemble du territoire national (chiffres AAAI). Cette évolution est consécutive aux discours de l’Administration qui envisageait de mettre en place un cadre réglementaire, d’appliquer les contrôles, qui vont permettre aux investisseurs de travailler correctement.
Tout le problème maintenant réside dans le maintien ou non des tueries traditionnelles, car avec le développement des contrôles ce type de tueries artisanales allait disparaître. Le malheur c’est que l’Etat vit un dilemme. D’un côté, il y a les investissements et les emplois induits des unités industrielles et de l’autre le coût social qu’entraînerait la fermeture des tueries. Le rapport est de 12.000 tueries pour 15 abattoirs. Effarant: (1/1000)!

Un acquis très important

La loi-cadre 49-99, dénommée Charte Sanitaire, dans le jargon des opérateurs, réglemente et redéfinit l’ensemble du fonctionnement du secteur avicole depuis la production jusqu’à la commercialisation, en passant par le transport. C’est une loi-cadre, votée et publiée au Bulletin Officiel en 2002. Il reste à édicter des décrets d’application afin que la loi soit plus coercitive au quotidien. Ces décrets ont pris beaucoup de retard, malgré la bonne volonté des décideurs. Ils sont dans le pipe, (au niveau du SGG du Gouvernement) pour être revus avant leur publication prochaine au BO, nous apprend une source.
Au sein de l’AAAI, qui a été créée en 2001, en dépit des moyens limités, étant donné que les entreprises tournent bien en deçà de leurs capacités de production, existe un plan d’action ambitieux . «Notre but est de muter les tueries artisanales en points de vente agréés (carrelés, avec un froid correct aux normes), qui commercialiseraient des produits passés à l’abattoir. C’est une solution qui a déjà marché dans d’autres pays, dans des conditions assez semblables aux nôtres» a encore mentionné Dr. Msougar. Faut-il rappeler que c’est à l’abattoir que se fait l’inspection d’Etat qui garantit aux consommateurs que la viande qu’ils achètent est salubre et n’encourt aucun risque pour leur santé. C’est un passage obligé et obligatoire. 
Reste à savoir si les lois, qui imposent à la restauration collective (hôtels, cantines d’écoles, prisons, universités, armées...) de s’approvisionner dans un abattoir agréé, qui garantit la traçabilité et la qualité du produit, sont appliquées.

D. MB.



 

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