Pour ne pas payer ses dettes, Guignol déménage en cachette ! Cela va sûrement ramener certains sur les bancs des petites classes, mais résume parfaitement la situation des mauvais payeurs qui sapent le moral de plus d’un. Pourtant l’affacturage ou le factoring, c’est du pareil au même, qu’on soit francophone fidèle ou qu’on fasse golden boy up-to-date, il s’est mis sur ce créneau. Seulement, actuellement cette technique de gestion, par laquelle un organisme spécialisé gère les comptes clients d’entreprises en acquérant leurs créances, en assurant le recouvrement pour son propre compte, mais en supportant les pertes éventuelles dues à des clients insolvables, bat de l’aile. Cela se ressent un peu partout dans les affaires. Dernièrement, devant l’ampleur du problème, un opérateur a soulevé le problème du financement des entreprises. Mais par là il entendait celui interentreprises. Poussant plus loin sa diatribe, il a préconisé que l’administration fixe une barre pour les règlements. Peu importe que les échéances soient de 30 jours, 45 ou 60 jours! L’important est de légiférer sur la question. C’est dire quelle proportion tous ces problèmes de recouvrements sont en train de prendre. A côté de clients qui se mettent en redressement judiciaire, un pan assez vaste joue au chat et à la souris, histoire de grignoter quelques semaines ou de brouiller les cartes. C’est peut-être cela qui a expliqué, en 2003, la baisse de l’encours de l’affacturage de 3,6 points, par rapport à l’année 2002. Les évolutions inverses, donc en hausse du crédit à la consommation, et du crédit-bail pour respectivement 8,4% et 6,3% sur les mêmes périodes, constituent un autre indicateur.
Est-il venu le temps de se rappeler que qui paie ses dettes s’enrichit? On peut l’espérer, car le financement de l’entreprise et par ricochet sa trésorerie n’en seraient que mieux soulagés. Avec les imbrications des transactions, certains oublient que clients par ci, ils sont fournisseurs par ailleurs ou vice-versa. A quoi bon alors se rendre clients douteux, quand on peut négocier des échéances ne coïncidant avec aucun débours important. L’astuce notait un grand manager, c’est d’éviter les fins et milieux de mois pour honorer ses dettes. Pourquoi, allez savoir ?
Daouda MBaye