La menace est sérieuse et les différents responsables marocains semblent se rendre compte de la réalité de la désertification, durant ces dernières années. Lors du point de presse, donné par le ministre de l’agriculture, à l’occasion de la journée mondiale de la lutte contre la désertification, les mots étaient appropriés pour décrire une végétation en continuelle dégradation. Il ne pouvait en être autrement quand on sait que chaque année près de 31 000 hectares sont déforestés tandis que 3 millions d’hectares de terrains sont également érodés à l’échelle nationale. La même menace concerne également les terrains irrigués. Aujourd’hui, la salinité pèse presque sur 500 000 ha de terres irriguées. Autant de signes révélateurs qui poussent actuellement les responsables à mettre en place une stratégie de lutte contre ce fléau qui peut mettre en péril l’avenir même de l’agriculture. Pour comprendre ce phénomène au Maroc, il faut souligner que les facteurs qui favorisent le déclenchement et l’accentuation de la désertification résident en une aridité du climat qui concerne aujourd’hui près de 93 % du territoire national. Ce qui n’était pas le cas auparavant puisque les terres parvenaient, à cette époque, à se régénérer même après de longues périodes de sécheresse. Comme le soulignent les différents rapports, à ce sujet, dans les conditions actuelles, ces terres arides, si elles ne sont pas gérées de manière réfléchie, tendront à perdre rapidement leur productivité. L’inquiétude des chercheurs est d’autant plus grande si l’on ajoute aujourd’hui, à cette contrainte naturelle, la dégradation continue du couvert végétal en raison de l’action menée par les populations pour la satisfaction de leurs besoins en terres de culture, en bois et en ressources fourragères pour le cheptel. C’est pour cela d’ailleurs que le Maroc a signé en 1994, dans le cadre des Nations Unies, la convention de lutte contre la désertification en Afrique. Ce traité stipule que les pays doivent mettre en place un programme d’action nationale dans ce sens appelé PAN. Selon le ministère, ce programme concerne non seulement l’arrêt de la dégradation des ressources naturelles mais aussi la lutte contre la pauvreté. Un problème écologique qu’il faudra sérieusement repenser par des projets ambitieux et concrets, comme ceux existant déjà dans les régions du Rif.
M.S.