C’est réellement un forum d’hommes d’affaires, avec des industriels, des importateurs, des exportateurs, et des transporteurs maritimes, qui s’est tenu au domicile de Mme et M. Healey, Consul de Grande Bretagne à Casablanca, à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de Sa Majesté la Reine d’Angleterre. Reçus avec la même cordialité et la même chaleur que d’habitude, les nombreux invités décideurs (du privé et du public), diplomates et membres de la société civile ont souhaité longue vie à la Reine et exprimé leur souhait de raffermissement des liens d’amitié séculaires entre les deux Royaumes. Utile, cette rencontre annuelle, désormais ancrée dans les traditions, dont le but est d’aider à développer les relations commerciales, financières et économiques entre les deux pays, a été positive, selon plusieurs invités. L’attirance des Marocains par les marchés britanniques et la présence, de plus en plus importante, des britanniques dans divers secteurs nationaux expliquent cela.
Pour M. Mourad Chérif, Président du MBBC (créée sous les auspices des deux gouvernements et sous l’ombrelle des deux organisations patronales et qui se réunit tous les six mois, en alternance au Maroc et en Grande Bretagne), c’est une tradition à préserver. Il nous a rappelés que le MBBC a tenu sa dernière réunion en mars dernier, à Londres et que la prochaine est prévue en septembre, à Tanger. Rendez-vous est donc pris. Ce sera une occasion pour visiter le port de Tanger Méditerranée dont l’entreprise britannique Halcrow a eu à s’occuper de l’ingeniering. Aussi et surtout, a-t-il ajouté, ce sera une opportunité pour montrer aux entreprises et partenaires britanniques, qui ont l’intention de participer à la réalisation de multiples projets dans le nord, que la compétition est ouverte. Quant à M. Harras, des Transports Marocains, il trouve que dans l’avenir les relations ne peuvent aller que de mieux en mieux. C’est aussi l’avis de M. Abdelillah Afifi, Directeur de l’École Supérieure de Technologie de Casablanca, parce que les Marocains ont beaucoup d’intérêt par rapport à ce qui se passe au Royaume Uni.
Multiplier les contacts
La langue anglaise, qui, à première vue, pourrait handicaper en raison de «l’aventure francophone» du Maroc, est loin d’être une barrière, car les nationaux s’y intéressent beaucoup, note-t-on. De plus, renchérit M. Afifi, si nous voulons une ouverture vers les marchés internationaux, dans le cadre de la globalisation, la maîtrise de cette langue, qui est internationale, est importante à tous les niveaux de développement (économique, touristique...).
Des sociétés comme le Groupe Marotiss (Textile-habillement), qui emploie dans ses 7 usines entre 11.000 à 12.000 Marocains, sont bien implantées et élaborent des plans de développement à long terme. M. Tony Greeves, D. Financier et Mme Meriem Azzedine, Directeur de Production : nous sommes présents au Maroc depuis bientôt 8 ans et toute notre production ici est assurée en totalité par des locaux. Si la clientèle a été essentiellement pendant les 4 premières années Marks & Spencer, aujourd’hui, avec une diversification amorcée, le Groupe produit des maillots de football pour Nike, Adidas..., mais aussi d’autres articles pour Ralph Laureen, etc.
Le transport maritime, surtout dans le sens import (matériel agricole, pièces de rechanges, électroménager, matières premières pour la fabrication de sanitaires, ...) n’est pas en reste. N’empêche que l’export est en train de se développer à un rythme assez correct.
Aux sceptiques, qui émettaient certaines appréhensions après l’ALE avec les USA, on oppose les aptitudes du Maroc devant servir de réceptacle, de plate-forme..., aux différentes opportunités. Le rapprochement, qui est en train de s’opérer entre le Maroc et les USA, ne peut produire aucun effet de cannibalisme sur les relations, aussi anglo-saxonnes, avec les britanniques si l’on en croit Mme Rabia El Alama, de la Chambre Américaine du Commerce. Déjà, il faudrait que les opérateurs se mettent en pool, en consortia, sinon en GIE pour attaquer ces marchés qui exigent des moyens importants. Se frotter à l’un ou l’autre marché ne peut être que bénéfique, notamment en développant des stratégies de niches, dans des produits de niches, a-t-elle conclu.
Daouda MBaye