Le secteur des nouvelles économies mérite une nouvelle approche et doit être accompagné dans son évolution par une administration répondant et diffusant, en temps réel, les informations qui lui parviennent. C’est dans ce sens et conscient des enjeux et de la problématique de mise en œuvre lies au développement du e-Gouvernement, que le Comité e-Gouvernement a mis au point une stratégie, dont le lancement a débuté en février 2003 et qui doit complètement aboutir en 2007, avec des résultats concrets et significatifs chaque année. Avec son franc-parler habituel, M. Mossadek s’est efforcé de démontrer d’abord l’utilité d’une telle démarche mais aussi les retombées multiples sur l’économie du pays et les citoyens. En effet, explique -t-il, tout au long de l’application de la stratégie de développement du e-Gouvernement, des efforts de numérisation des procédures publiques seront effectuées en prenant garde à ce que toute la population puisse les utiliser et en organisant, progressivement, ces procédures et informations pour en faciliter et en simplifier l’accès. Une démarche novatrice puisque l’objectif est avant tout de rapprocher l’administration de l’administré. D’ailleurs, le fait que des ministères ont déjà commencé à se doter d’un site en dit long sur cette réalité. Pour les concepteurs, des accès thématiques organisés par catégories (Citoyens, Fonctionnaires, Collectivités locales, Entreprises) et permettant à chacun de focaliser rapidement sur le contenu qui l’intéresse sans avoir à fournir, dans le cas de transactions liées à des procédures publiques, des informations que l’Administration détient déjà. Une ambition noble où concrètement un citoyen pourra, à terme, effectuer des démarches en ligne, s’informer, déclarer ses revenus, payer en ligne de manière sécurisée, s’inscrire à un concours pour obtenir un emploi, s’inscrire a l’université, consulter les notes et bulletins de ses enfants scolarisés, s’informer sur l’état d’avancement d’un dossier en justice le concernant. Dans la même logique, un fonctionnaire, quant à lui, pourra demander une attestation de travail ou un congé, obtenir un état d’engagement, postuler un concours, se former en ligne, contracter un crédit à l’ONT pour achat de véhicule, s’inscrire aux régimes de retraites fonctionnaires auprès des organismes de prévoyance sociale habilités (RCAR, CNOPS)... Les procédures liant les collectivités locales à l’Administration seront progressivement dématérialisées (crédits, approbation de dépenses, etc.). Les entreprises ne sont pas oubliées dans cette révolution technologique puisqu’elles pourront s’informer sur les marchés publics, faire des déclarations en ligne à leur partenaires sociaux (CNSS et autres), à l’Administration fiscale, à la Douane, obtenir des attestations, etc. Mais comme le soulignera un membre du Comité de pilotage, hormis ces aspects fonctionnels, le e-Gouvernement est une source d’économie importante. À ce sujet, souligne le Comité e-Gouvernement, une procédure totalement dématérialisée coûte 100 fois moins qu’une procédure classique. Une procédure s’appuyant sur un back office numérisé (espace d’accueil pour les usagers avec des opérateurs utilisant un système d’information) coûte, cette fois-ci, 10 fois moins. Partant de ce constat, le e-Gouvernement permet d’obtenir d’importants gains de productivité portant sur la totalité de la dépense publique, en même temps que l’amélioration des services rendus à l’usager. À ce stade, plusieurs projets sont en cours dont des projets sectoriels tels les projet e-Justice, e-Finances, e-Gouvernement de la DGCL (Direction générale des collectivités locales), e-Transport, e-Foncier et le projet DAMANCOM. Quant aux projets transversaux, il y a lieu de citer l’intranet du Gouvernement, le portail national et le projet e-Wilaya.
M.S.
À propos de la mise à niveau
Il faut aller de l'avant
En marge de la présentation du projet e-Gouvernement, M. Abderrazak Mossadeq a fait une analyse de la mise à niveau qui démontre bien que ce programme est bien parti pour le bien de l’économie nationale.
La Nouvelle Tribune : Peut-on dire aujourd’hui que les PME-PMI ont véritablement adhéré au programme de mise à niveau après la campagne nationale de communication ?

M. Abderrazak El Mossadeq : Il faut souligner d’abord que la campagne nationale de communication sur la mise à niveau avait un objectif bien déterminé et elle était d’abord générale. À ce titre, elle ne s’adressait pas uniquement aux seules entreprises mais à l’ensemble des citoyens qui doivent constater de visu ce que le gouvernement fait. Car à travers les entreprises auxquelles nous nous adressons, c’est l’amélioration du salaire qu’il ne faut pas perdre de vue. Puisque plus une entreprise est performante, plus elle peut faire des bénéfices. Ce qui va se refléter sur la situation matérielle de l’employé. Or pour atteindre ce stade, il faut que l’entreprise se modernise, qu’elle soit transparente et compétitive. C’est dans ce cadre que le gouvernement accompagne les entreprises. Il fallait aussi impliquer davantage les banques pour que leurs agences, à travers le pays, puissent relayer le message en informant les PME-PMI de leurs régions qu’il existe des fonds de la mise à niveau à leur disposition. Ceci par des réunions concrètes et directes. En outre, l’agence nationale des PME-PMI et la Caisse centrale de garantie ont des réunions communes pour mieux orienter les entreprises dans leurs démarches. La BCP fait de même de son côté, en organisant des conférences sur la mise à niveau. Donc je crois que, sur le plan marketing, le produit a sa place et que les entreprises s’y intéressent de plus en plus. Car même dans les réunions régionales, les salles sont combles. Ce qui signifie qu’il y a un intéressement réel de la part des entreprises à ce programme.
Qu’en est-il de la transparence des PME-PMI et des fonds de mise à niveau?
Il faut l’espérer. Je pense qu’avec le flux d’informations via la radio, la télévision et la presse écrite, le site internet, sans oublier les affiches, les dépliants ou encore les tournées dans les villes ainsi que des débats pour dire à l’entreprise qu’elle a droit à tel ou tel fonds, nous pourrons arriver à faire évoluer et améliorer l’environnement de l’entreprise marocaine. Car en fait, il s’agit d’une multitude de fonds comme des fonds concessionnels de tel pays ou de tel autre État de l’UE et chaque ligne concessionnelle est venue avec des critères différents. À cet effet, nous nous sommes mis d’accord pour qu’à l’avenir les négociations se basent sur un système qui est le même pour tous pour que l’entrepreneur ne se perde pas entre les différents fonds mis à sa disposition. En effet, un entrepreneur peut être considéré comme PMI dans tel fonds et pas comme PME dans tel autre. Pour éviter une telle situation, nous avons convenu avec nos partenaires de savoir, lors des négociations futures, ce qui est PMI, PME et quel est le maximum du montant finançable. D’ici là, nous avons pensé à une autre idée qui est celle de permettre, par un système interactif, d’avoir tous les renseignements sur l’entreprise dans son secteur d’activité. A partir de ces données, nous indiquons la ligne à suivre. Certes, cela prend du temps mais avec la bonne volonté des uns et des autres, disons de tous les partenaires, ce système peut fonctionner en attendant l’harmonisation de toutes les lignes.
Propos recueillis
par Mamady Sidibé