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Les garde fous contre la faillite des grandes entreprises

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Publier le : June 10, 2004

Malheureusement, il arrive qu’une grande entreprise privée tombe en faillite. Dans ces cas-là, le désastre est phénoménal, et entraîne de multiples conséquences sur son environnement immédiat et même lointain. Cela renvoie à l’image d’un éléphant qui s’affale sur l’herbe pour écraser tout sous lui. Il est alors impératif, vu l’essaimage (d’entreprises végétant autour), les porteurs d’actions, d’obligations..., qu’il y a autour de ces entreprises, de tout entreprendre pour éviter leur chute. C’est arrivé ailleurs, dans des économies, où à première vue, c’était quasi-impossible. Et pourtant, les cas Enron, Worldcom, ... ou du distributeur néerlandais Ahold, et plus récemment Parmalat sont bien réels! Lorsque l’action du 8ème groupe industriel italien tombe à 11 centimes ! Cela donne un peu la mesure de la catastrophe et des sueurs froides à tout homme d’affaires sensé. Que peut-on faire pour éviter de telles hécatombes ici, avant l’arrivée de spécialistes des missions de redressement, de sauvetage difficiles? Quels garde-fous mettre en place pour se prémunir? Sachant que la faillite est une situation de cessation de paiements déclarée par jugement, au niveau de quels postes, doit-on mettre plus l’accent, quel management adopter (navigation à vue ou prospective)? Autant de questions auxquelles il existe bien des réponses pour peu que les décideurs se penchent dessus.

Sommes-nous exempts ?

En général, les enquêtes se focalisent sur une comptabilité erronée, et la fraude et le trucage de marchés. Quoi qu’il en soit, si on continue, au Maroc, de publier les comptes des sociétés cotées après leur contrôle et certification, alors on a moins de chances de tomber sur des cas véreux où la malversation est flagrante. Le système national, qui reprend pratiquement le système français, a cette particularité par rapport à d’autres.
Loin de vouloir singer à la lettre des textes du genre Sarbannes-Oaxley (voir www.lanouvelletribune.com), ou «Prodi-Bis» (mettant le groupe Parmalat sous la tutelle d’un ou de plusieurs administrateurs nommés sur proposition du ministre de l’industrie) les professionnels marocains avancent qu’il existe aussi des garde-fous pour contrecarrer des catastrophes comme Parmalat. Le Conseil Déontologique des Valeurs Immobilières (CDVM), le ministère des Finances..., veillent au grain et n’hésitent pas à taper du poing sur la table. Aussi du côté de la profession des experts comptables et commissaires aux comptes, on rappelle à qui veut l’entendre que l’ère de la confusion est aujourd’hui dépassée. Ceux là mêmes, qui interprétaient à leur guise les articles 161 et 162 de la loi 17-95, arguant d’éventuels flous sont aujourd’hui fixés. Tout le monde est d’accord aujourd’hui sur les règles d’incompatibilité et d’indépendance, pour la simple et bonne raison qu’on ne peut être juge et partie. Les instances ordinales ont émis de nouvelles normes dans ce sens, auxquelles sont venues se greffer des normes relatives au contrôle qualité de l’activité professionnelle. Cela tranquillise quand même. Après l’affaire Parmalat (trou de 7 à 10 milliards d’euros), qui a pris des proportions d’un scandale Enron à l’européenne, on craint tout de même une certaine contagion. Il ne faut surtout pas perdre de vue que quelquefois, il y va de la survie de l’économie tout entière. Les cas précités ont démontré que non seulement les investisseurs ont été secoués, mais qu’aussi les banques, qui ont prêté de l’argent à ces sociétés, ont accusé des baisses conséquentes du cours de leurs actions.

Daouda MBaye

 

Le cas Parmalat doit faire école

La crise dans laquelle est plongé le groupe à pour origine des manipulations comptables frauduleuses. Deux enquêtes ont été ouvertes par les parquets de Milan et de Parme sur plusieurs chefs d’accusation comme le faux en bilan et l’escroquerie. L’ancien directeur financier du groupe Fausto Tonna, considéré par de nombreux observateurs comme l’artisan de la structure financière de Parmalat est interrogé à Milan. Il aurait permis d’identifier un nouveau trou dans les comptes du groupe pour un montant de 2,9 milliards d’euros, qui s’ajoute aux 3,95 milliards d’euros disparus des comptes d’une filiale de Parmalat, la Bonlat Financing, basée aux Iles Caïmans, un paradis fiscal. Fausto Tonna aurait cependant assuré que l’initiative de falsifier des documents comptables ne venait pas de lui.



 

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