La distance fait le prix ! On savait que la rareté fait le prix. C’est une loi économique incontestable, même si plusieurs exceptions confirment la règle. Depuis quand même un bon bout de temps, disons depuis le début des indépendances, depuis que les distances ont commencé à se réduire, cette nouvelle loi, qui lui est analogue, fait son petit bonhomme de chemin. Il n’est pas rare d’entendre autour de soi que tel ou tel autre matériel acquis par tel ou tel autre consommateur provient d’un pays du Nord. Le discours est du style: Vise un peu mes pompes, ou mon costard, il vient fraîchement de Yourope (Europe) ou des States (USA). Avec la vague de délocalisations, dont les prémices furent une sous-traitance effrénée, ce genre de propos n’a plus lieu d’être. Les exemples de Jean Ruyer, Chevignon, de K Way International, de Thompson, des concepteurs dans la monétique... est patent à plus d’un titre. Lorsque le produit fait l’aller-retour pour atterrir de nouveau dans les bras de ceux qui l’ont monté, ceux là ne doivent plus louer son origine lointaine. Si on continue d’exiger l’étiquette Made In ... Il reste que beaucoup de consommateurs, au snobisme latent aiment se faire avoir, et subissent ce fameux effet de Giffen. Du nom du célèbre économiste britannique (1837-1910), il stipule que l’accroissement de la demande d’un produit est provoqué par l’augmentation de son prix. Plus c’est cher, plus on en redemande. Faudrait-il que cela soit valable pour tous les types de produits quelle que soit leur origine? Mais ce n’est hélas pas le cas. Faites un tour du côté de certaines enseignes- que je me garderais de citer ici- où la plus petite babiole vaut au minimum la moitié du SMIG, plus les prix augmentent, plus elles refusent du monde. Vive la consommation, mais à condition que les produits locaux soient valorisés par les consommateurs. Effet de Giffen quand tu nous tiens?
Daouda MBaye