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EnviroMaroc 2004, l’environnement intégré Développement durable

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Publier le : June 3, 2004

EnviroMaroc 2004, le salon maroco-allemand pour la gestion et la protection de l’environnement, qui a clos ses portes la semaine dernière à Casablanca, a ratissé large. Les exposants aussi bien allemands que locaux, présents à cette édition ont présenté une offre diversifiée. Ils ne furent pas seuls, car quatre délégations régionales provenant des landers de Rhénanie-Palatinat, de Rhénanie du Nord-Westphalie, Hesse et Bavière, étaient aussi de la partie. Des spécialités dans les branches de l’approvisionnement en eau potable, de la gestion des déchets ménagers et industriels, du traitement des eaux usées industrielles et communales, du contrôle et de la purification de l’air, de la protection du sol, des énergies nouvelles et renouvelables..., ont été exhibées. Ce visiteur, croisé à travers les stands, ne s’y est pas trompé. Il a tout simplement avancé qu’avec la profusion d’outils d’accompagnement au développement durable déclinés à Casablanca, on n’a plus d’excuses pour que le constat alarmant sur l’industrie des déchets au Maroc, perdure. Ce point de vue est partagé par tous ceux qui ont constaté qu’au Maroc, il n’existe pratiquement pas de système de traitement des déchets pris en charge par des spécialistes, en dépit des récentes concessions pour la collecte d’ordures. Ce salon, qui avait pour thème: «l’environnement au Maroc: un marché entre la demande locale et les expériences internationales» est donc arrivé à point nommé.
Aujourd’hui, il y a lieu de mettre les bouchées doubles et carburer dans le domaine de la gestion des déchets. Si l’on considère  les statistiques recueillies au Maroc, et émanant des études réalisées par la Rhénanie du Nord Westphalie, la GTZ et le Programme de Gestion et de Protection de l’Environnement, il y a quelque 13 millions de tonnes de déchets par an. mais ce qui est plus alarmant encore, c’est que plus du dixième des déchets industriels, qui totalisent un volume de 975.000 t, soit 120.000 t, sont considérés comme dangereux. Sur la base de ces mêmes données, il faudrait s’attendre en 2010, à une hausse des déchets industriels dangereux de 45.000 t, ils atteindraient alors 165.000 t. Ces chiffres prouvent que si rien n’est fait, il y aura péril en la demeure. Les décideurs ne comptent pas rester inactifs (voir encadré). En témoignent les propos de M. M’Hamed El Morabit, Secrétaire d’État chargé de l’Environnement, qui a qualifié la gestion des déchets de priorité d’intervention stratégique. À son avis, après trois éditions, l’heure est arrivée de capitaliser sur les expériences passées pour développer les opportunités de partenariat. Si l’on en juge par les nombreux entretiens, jugés très intéressants, par les parties, et qui risquent fort d’aboutir sur des commandes concrètes, cela ne va pas tarder.

Vers des décharges contrôlées

Aussi bien au niveau des stands d’Afrisol (Énergie renouvelable), de SSI Schafer-Fritz Schafer Gmbh (système de collecte de déchets), de Fedala Assainissement de Nettoyage Industriel, de Schmidt Kommunalfahrzeuge Gmbh (véhicules neufs et d’occasion, équipements pour la collecte des déchets), de la Rhénanie-Palatinat, ... les responsables, qui présentaient une offre diversifiée, ont exprimé leur satisfaction et espèrent concrétiser les ébauches de partenariats. M. Schlösser, Directrice de Schmidt K. Gmbh, qui participe pour la première fois, a trouvé que ses contacts risquent d’être fructueux, et appellent les entreprises marocaines à prendre la situation en main et à aller vers des décharges contrôlées. Pour sa part, M. Bündgen, Responsable Marketing du Département Environnement de la Rhénanie-Palatinat(réseau d’entreprises pour la gestion des déchets, formation) a confirmé la conclusion de contacts concrets avec les communes de Meknès et de Larache, avec lesquelles des projets pilotes vont démarrer. Il a ajouté, qu’une telle manifestation peut très bien servir de tremplin au Maroc, afin d’éviter les erreurs que l’Allemagne a commises dans le passé.
Au cours de séminaires plus que pratiques, et autres témoignages, ayant ponctué le salon au cours de ces trois jours , les responsables locaux, avec à leurs têtes ceux du Privé, représentés par M. Amraoui de la CGEM, ont pu cerner un ensemble d’interrogations et bénéficier d’éclaircissements utiles. Ainsi, les questions du genre: «doit-on continuer à gérer les décharges publiques, comme cela a toujours été fait jusqu’à présent? Comment mener, de la planification à la mise en oeuvre la gestion intégrée des déchets? Si l’on ne doute pas de l’existence de déchets industriels dangereux, qu’en est-il de leur traitement ? Comment financer la protection de l’environnement? ...» ont pu éclairer les uns et les autres sur la voie à suivre désormais, pour entrer dans le giron des nations, qui se conforment aux normes et aux standards internationaux, gage d’une compétitivité sans faille, retient-on, notamment des opérateurs privés.
Les nouvelles lois portant sur la protection de l’environnement, (n° 11-03 sur la protection et la mise en valeur de l’environnement), (n° 12-03 sur les études d’impact sur l’environnement) et (n° 13-03 sur la lutte contre la pollution de l’air) et l’expérience de sociétés pionnières, telles que Holcim, qui produisent proprement, sont assez encourageantes pour tous.

D. MB.

Ils ont dit

Mme Schmitt, Directrice résidente de la Coopération Technique Allemande: Tout d’abord, c’est une très bonne occasion pour le tissu industriel et les entrepreneurs marocains de s’inspirer du savoir-faire et des expériences de l’Allemagne, qui est connue mondialement en tant que championne dans le domaine. En mettant en contact pendant 3 jours les professionnels (opérateurs privés et administrateurs des ministères de l’environnement de landers) allemands et les marocains, on peut nouer des liens et créer des partenariats concrets de coopération. On peut aussi créer un courant d’affaires dans le secteur de l’environnement.
D’un autre côté, les séminaires pratiques, orchestrés par des spécialistes, donnent une image d’ensemble de ce que l’Allemagne peut offrir en tant que know-how et opportunité de collaboration dans les affaires.

M. Mauch, Ambassadeur d’Allemagne au Maroc: Au Maroc, grâce aux efforts de l’Etat, les conditions administratives et légales s’améliorent pour une coopération élargie, dans le secteur privé surtout. N’est-ce pas que l’un des buts primordiaux de ce salon est de permettre aux entreprises des deux côtés de se rencontrer pour entamer des projets en commun.
Sachant que la coopération entre l’Allemagne et le Maroc ne date pas d’aujourd’hui, au niveau environnemental, plusieurs centaines de millions d’euros y ont été investis. Je pense que c’est le moment propice de réunir les entrepreneurs des deux pays.

M. Jörn Bousselmi, Directeur de la Chambre Allemande de Commerce et d’Industrie au Maroc (DIHK): Nous espérons que cette fois-ci, il y aura plus encore de partenariats, avec une plus grande implication du secteur privé. Les deux autres éditions ont permis de préparer le terrain, maintenant l’administration marocaine a suivi et élaboré de nouvelles lois. Le cadre juridique devient de plus en plus favorable et les entreprises privées peuvent réellement appliquer leur savoir-faire sur le terrain.
De notre côté, chaque année nous préparons à la DIHK, soit des bourses de partenariats, soit des séminaires sur le domaine, cette fois-ci, c’est EnviroMaroc, au mois d’octobre, il y aura encore une conférence sur les énergies nouvelles et renouvables, suivi d’une Bourse de partenariat au début de l’année prochaine. Et pour le suivi de cette conférence, nous organisons en collaboration avec la CGEM, un voyages d’hommes d’affaires marocain, à la plus grande foire de l’environnement à Munich, pour le début de l’année prochaine. 

Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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