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Un acte fondateur pour une coopération élargie Accord de libre échange Maroc/États-Unis

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Publier le : March 6, 2003

Exporter sur le marché américain est un défi et créer une zone de libre échange avec les États-Unis en est un autre. Toujours est-il que Rabat et Washington ont décidé de faire le grand saut au grand bonheur des opérateurs.

Actualité oblige. Le débat, organisé samedi au siège du Parlement à l’initiative de la Fondation Abderrahim Bouabib et du groupe socialiste à la Chambre des Représentants, était important à plus d’un titre en raison des événements qui se déroulent actuellement sur la scène internationale. «L’accord de libre échange Maroc/États-Unis» un thème qui est venu à point nommé pour décrypter les enjeux d’une coopération bilatérale aux retombées multiples. Ce débat, animé par des parlementaires et des chercheurs, a permis aux conférenciers d’analyser sous toutes ses facettes ce que pourraient devenir les relations économiques entre le Maroc et les États-Unis, dans un contexte on ne peut plus concurrentiel. D’ailleurs, les thèmes choisis en disent long sur cette réalité. Parmi les sujets abordés, il a été question des attentes des Américains dans un accord de libre échange avec le Maroc mais aussi du rôle que pourrait jouer cet accord dans la construction euro-méditerranéenne. Naturellement, les conférenciers se sont interrogés sur les bénéfices que pourront récolter les entreprises marocaines dans cette relation économique avec l’Oncle Sam. Sur un autre plan, le débat a concerné les dispositions que réserve l’accord aux droits sociaux du travail. Un point jugé important d’autant plus que le Gouvernement marocain est actuellement à cheval pour relancer le dialogue avec ses partenaires sociaux. Et c’est peu dire que sur le fond, Marocains et Américains sont unanimes qu’il faut élargir le champ d’action des opérateurs pour insuffler une nouvelle dynamique aux relations entre les deux pays. L’échéance fixée pour entériner l’accord avance à grand pas.
Réglementation draconienne
La première étape des négociations sur ce projet concernant la finalisation devrait intervenir avant fin 2003. En outre, l’examen de l’ossature de l’accord et son contenu sont prévus pour un deuxième round décisif qui devrait se tenir fin mars à Rabat. Toutefois, font remarquer les observateurs, avec l’éventuelle guerre américano-britannique contre l’Irak, le calendrier risque de connaître un décalage, voire un arrêt des négociations en attendant la fin des hostilités. Pour les économistes, comme le souligneront certains conférenciers d’ailleurs, le déséquilibre dans les échanges économiques entre les deux partenaires ne doit pas décourager les différentes parties. Ce constat résulte du fait que les États-Unis n’absorbent que 3,4 % des importations marocaines et fournissent 6,5 % des mêmes importations tandis que le Maroc ne représente que 0,08 % des expéditions américaines et 0,04 % dans les acquisitions. Sur un autre plan, le niveau des tarifs douaniers en vigueur entre les deux pays ne jouent pas un rôle déterminant dans l’intensité des flux commerciaux, à part les textiles et les céréales. Cependant, la conférence a démontré que les enjeux du modèle de libre échange proposé par les États-Unis sont ailleurs. En effet, ce modèle se veut global en couvrant des secteurs sensibles comme l’agriculture et les services. Ensuite, il ne comprend pas de programme d’aide à la mise à niveau des entreprises du pays partenaire. Ce qui n’est pas surprenant de la part des États-Unis qui ont bâti leur philosophie de coopération sur le principe «trad not aid». Autant donc savoir que les négociations sur les règles d’accès au marché américain seront plus cruciales pour la pertinence du projet que l’horizon ou la vitesse de démantèlement tarifaire surtout quand on sait que la réglementation américaine est draconienne. Une entrave qui doit certainement inciter les opérateurs marocains à se refaire une nouvelle santé en matière d’affaires et de production.

M.S.



 

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