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Mettre la ville à niveau Ville Expo 2003

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Publier le : February 27, 2003

La 2ème Édition du Salon International de la Ville, de l’Urbanisme et de l’Environnement, qui s’est tenue du 20 au 23 février dernier à la Foire Internationale de Casablanca, a connu une affluence record.

Tous les acteurs intervenant de près ou de loin dans le domaine de la ville ont marqué de leur participation l’édition «Ville Expo 2003». La manifestation qui n’est qu’à sa seconde édition est en train de se positionner comme un rendez-vous incontournable des spécialistes de la ville et des populations. Relevant du secteur public, semi-public ou privé, ils étaient tous présents. Allant des administrations territoriales et collectivités locales aux entreprises gérant des utilités, en passant par les professionnels du bâtiment, les architectes, les organismes sous tutelle (OST), les spécialistes de l’environnement, les laboratoires de contrôle de la qualité de l’air, de la pollution, des promoteurs privés, de la protection civile, des associations, des entreprises privées locales et étrangères... presque toutes les entités ont exposé. Il y eut unanimité auprès des différents exposants que nous avons contactés relativement à une autre approche de la gestion de la ville, ce concept si délicat à appréhender. N’est-ce pas que les plus grands urbanistes rencontrent encore des divergences pour définir le concept? C’est peut-être ce qui donne encore plus d’importance à cette manifestation qui va crescendo. Inaugurée officiellement par MM. Mohamed El Yazghi, Ahmed Toufiq Hjira et Driss Benhima, respectivement Ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement, Ministre délégué auprès du Premier Ministre Chargé du logement et de l’Urbanisme et Wali de Casablanca, cette exposition s’inscrit dans la nouvelle dynamique tracée par Sa Majesté Mohammed VI, ont noté les organisateurs. En visitant les stands, on peut constater de visu l’entrain et la détermination des décideurs qui mettent les moyens qu’il faut pour rehausser le niveau du cadre de vie.

Une ville harmonieuse

Pour assurer la mise à niveau de la ville, des programmes pour lutter contre l’habitat insalubre sont entrepris par les pouvoirs publics, avec un soutien des privés. Des programmes de soutien pour un habitat massif sont mis en place, des infrastructures telles que des Marina sont en train d’être aménagées, et les architectes veillent au grain. M. Khaly, Responsable Commercial de la Société Nationale d’Aménagement Communal (Sonadac), nous a indiqué l’aménagement d’une nouvelle ville, la cité Nassim, où seront logés dans le cadre de l’habitat social 2.700 familles. Les logements de cette cité qualifiée de cadre adéquat pour une vie agréable et moderne, seront livrés vers la fin du mois de mars 2003. Le propriétaire ou locataire n’a à sa charge qu’un tiers du montant qu’il peut payer à crédit le reste étant à la charge de la SONADAC. Au niveau du promoteur immobilier privé Al Madina Al Jadida, M. Bennani Azzedine, responsable commercial, nous a signalé un projet de complexe de 7.000 logements à Sidi Othman, dont la première tranche sera livrée vers la fin du mois d’avril. il entre dans le cadre du programme national de construction des 200.000 logements sociaux.

D. MB.

 

Ils ont dit

M. El Yazghi, Ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement:
 Aujourd’hui au niveau mondial, l’attraction de l’investissement se mesure par les capacités et la disponibilité d’une ville à recevoir et à entretenir une activité économique. Il s’agit des économies externes qu’elle présente, du savoir-faire qu’elle recèle, de l’infrastructure adéquate dont elle dispose et de l’environnement de l’entreprise propice qu’elle développe... L’économie actuelle et future du Maroc est inscrite dans l’urbain. La compétitivité globale du pays en dépend. Les résultats de l’étude récemment menée par la DAT sur la compétitivité des territoires montrent que la productivité, approchée en termes de PIB, est plus élevée au niveau des provinces et préfectures les plus urbanisées. Celles-ci concentrent les 2/3 de la valeur ajoutée produite au niveau national et où les grandes villes s’accaparent les 3/4...
La grande preuve économique de l’ouverture des frontières va se jouer avant tout dans les grandes villes et plus particulièrement à Casablanca. C’est pour cela que la mise à niveau des villes, qui est une priorité nationale, devient une urgence.

M Benallou, Directeur Général du CDER:
Nous insistons sur les atouts du chauffage de l’eau sanitaire. Aujourd’hui, au Maroc, il se fait surtout à l’électricité et au gaz, deux sources d’énergie importées, et pour lesquelles il y a des conditions de sécurité à respecter. Ici, nous proposons une solution de chauffage à l’énergie solaire, car nous disposons de ressources importantes et devons en profiter à fond. Suite à une étude, nous avons constaté que le véritable frein est le coût de l’investissement initial. A titre comparatif, un chauffe-eau électrique vaut 1.500 Dhs à l’installation avec une facture mensuelle de 200 Dhs, celui à gaz coûte autour de 2.000 Dhs et exige des débours mensuels de 50 Dhs avec un énorme risque. Une fois que le secteur est défiscalisé, nous pouvons offrir un chauffe-eau solaire à 2.000 Dhs, avec en plus l’avantage de ne payer que 100 Dhs d’exploitation sur une période de trois ans et l’avoir, après, gratuitement. En plus de son caractère écologique, l’exploitation peut être un soutien de l’industrie locale. Malgré tous ces atouts, le chauffe-eau solaire est désavantagé par rapport au chauffe-eau électrique, car il paie 20% de TVA tandis que l’électrique n’est taxé qu’à 7%

M. Driss Benhima, Wali de Casablanca:
Dans un contexte de mondialisation, la ville de Casablanca est appelée en tant que métropole de la région économique la plus importante du Royaume, à se mettre à niveau en adoptant une programmation plus stratégique de son développement. Ainsi pour réussir un tel développement planifié de Casablanca, ville symbole du Maroc moderne, les pouvoirs publics ont pris conscience de la nécessité d’adopter une nouvelle approche organisationnelle sur le plan institutionnel, qui permettra sans doute de mettre en place des mécanismes adéquats d’une meilleure gouvernance, visant à atteindre des objectifs stratégiques multidimensionnels pour répondre qualitativement à des exigences d’ordre économique, social, culturel, urbanistique, environnemental, etc.

M. Nekmouche, de l’Ordre National des Architectes, Président du Conseil Régional du Centre:
Pour bâtir dans la ville, il faut des normes, mais malheureusement tout a été fait sans respect des normes. Cela a abouti à une insatisfaction du citoyen. Aujourd’hui, on est à l’heure de l’amélioration des conditions de vie du citoyen, on ne considère plus son habitat comme un dortoir. Il est arrivé le temps où il faut donner de la qualité, mais pas seulement construire pour construire. Au contraire, il faut donner un cadre de vie. Il s’agit de mettre un ensemble d’éléments dans un puzzle. Il faut être vigilant et éviter la dérive en songeant uniquement à la résorption de l’habitat insalubre. Tout de même, on sent une certaine dynamique dans la ville de Casablanca. A notre niveau nous envisageons y recevoir le Congrès de l’Union Internationale des architectes (UIA) sur l’habitat du grand nombre.



 

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