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Tanger Méditerranée, le Nord retrouvé Investissement

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Publier le : April 29, 2004

Dès janvier 2007, le fait que des centaines de milliers de containers passant par la Méditerranée, au nez et à la barbe de nos villes septentrionnales, ne sera plus qu’un vieux souvenir. Plus qu’un trait d’union entre Tanger et Tétouan, deux villes différentes, mais complémentaires et qui gagneraient à se rencontrer, le Port de Tanger Méditerranée, qui est en train de prendre racine à 35 km à l’Est de la ville, dans la direction de Tétouan, sera dans pas longtemps le poumon névralgique du Nord, et recevra toute cette manne. A n’en pas douter ce grand complexe intégré, qui comprendra à terme un port moderne, adossé à des zones franches logistiques, commerciales et industrielles, et devant servir de plate-forme logistique au marché européen, qui n’est qu’à quelques encablures (14 km), sera l’un des vecteurs essentiels de développement de la région. Les responsables, qui sont se sont succédé tour à tour à la tribune, l’ont pratiquement tous confirmé, mais aussi rappelé que cette initiative de SM le Roi représente une opportunité historique pour le Maroc et constitue une priorité stratégique pour le développement économique et social du Nord du pays. MM. Abdelaziz Meziane Belfqih et Karim Ghellab, respectivement Conseiller de SM le Roi, et ministre de l’Équipement et des Transports, qui ont ouvert les débats, ont rassuré tous les décideurs, responsables locaux, et sinon les représentants de la société civile ou les citoyens qui craignent, des carences d’intégration, un quelconque enclavement ou simplement ne pas bénéficier des retombées. Ils ont insisté sur le soutien total des plus hautes autorités du pays, une démarche d’intégration totale, la mise en place d’un réseau de voies d’accès (routier, ferroviaire, et aérien)... pour construire dès maintenant, le Maroc de demain.

L’intégrale


Si M. Driss Benhima, Directeur de l’Agence pour la Promotion et le Développement des provinces et préfectures du Nord (APDN), a mis l’accent sur le fait que, ce réceptacle d’investissements, aussi bien nationaux qu’internationaux, profitera d’abord au Nord et appelé l’adhésion de tous, M. Mohamed MBarki, Wali de Tétouan, de son côté, a salué ce qu’il a qualifié de Mise A Niveau (MAN) du Nord, en phase avec le choix politique national fait sur la MAN. Quant à M. Saïd El Hadi, Directeur de TMSA, la société anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance, devant assurer la gestion de ce vaste projet, a précisé l’objectif premier de Tanger Méditerranée, qui est d’insuffler une nouvelle dynamique au Nord (en captant le maximum d’investissements), annoncé le montant des investissements (12,3 milliards de Dhs), des participations, des emplois à créer (150.000) et éclairé les uns et les autres sur toutes les opportunités que les entreprises nationales peuvent en saisir.
Le volet touristique ne sera pas occulté dans ce vaste chantier. Selon M. Zyat, Directeur des Aménagements et des Investissements au ministère du Tourisme, il  pourra décoller réellement grâce à la Marina, qui sera exploitée à droite du Port Tanger Med, dans l’arrière pays pour le tourisme de masse, et la croisière qui sera la substitution au port actuel de Tanger-ville. 

Daouda MBaye


Ils ont dit

M. Karim Ghallab, ministre de l’Équipement et des Transports:
Il y a dans ce projet, au moins quatre composantes qui sont les deux zones industrielles de Melloussa, la zone logistique du Port et la zone franche commerciale de Fnideq. A cela, il faut ajouter les zones actuelles de Tanger Free Zone et de Guezenaya. Toutes ces superficies de terrain sont d’ores et déjà soit classées, soit en cours d’exploitation sur le plan administratif. Il existe donc une zone globale de plus d’un millier d’hectares. Ce sont les investisseurs qui, en fonction de leurs investissements (industriel, de stockage, logistique,...), orienteront la vocation de ces terrains. Ce qui est intéressant, c’est qu’on voit dans ces zones des investissements qui sont capables de livrer le marché européen dans un délai record. Le profit sera double pour eux. C’est comme s’ils étaient réellement implantés en Europe, avec des délais de livraison dans la demi-heure, tout en bénéficiant d’une infrastructure de grande qualité. Étant sur le sol marocain, ils sont avantagés par un cadre fiscal favorable, des coûts de production relativement bas, un climat de travail s’améliorant de jour en jour et doté de surcroît d’un nouveau code du travail moderne...

M. Jaouad Zyat, Directeur des Aménagements et des Investissements au ministère du Tourisme:
Tous les atouts de la région qui ont été, jusqu’à présent, mal exploités, ou pas suffisamment exploités, pourront par ce projet être mis en valeur. Sur le plan touristique, la présence de deux mers, de la montage et d’un arrière-pays riche et diversifié, est   importante pour développer à la fois les segments du balnéaire et du tourisme de masse. Nous travaillons, de concert, avec l’ensemble des intervenants, pour asseoir un développement cohérent qui ne porte pas atteinte à l’écosystème. 

Propos recueillis par
 Daouda MBaye

 

Trois questions à M. Driss Benhima, Directeur Général de l’Agence pour la Promotion et le Développement des Provinces et Préfectures du Nord

La Nouvelle Tribune: Pouvez-vous nous dire si vous êtes plus que jamais engagé dans ce projet prioritaire?
M. Driss Benhima:
Cela ne fait aucun doute. Nous sommes plus que jamais engagés dans ce projet prioritaire. En tant que responsable du développement des régions du Nord, j’ai été frappé par l’importance que pouvait avoir l’ensemble de ces projets, qui peuvent paraître parfois des projets nationaux, dépassant le cadre régional. Aujourd’hui, je me réjouis de pouvoir affirmer, avec conviction, que ces projets, malgré leur caractère national, sont avant tout régionaux, et que leur succès dépend de la cohésion et de la compréhension mutuelle de tous les responsables, et autres intervenants, aussi bien directs que locaux.

A terme, le Nord ne risque-t-il pas de supplanter le Centre, avec l’émergence d’une conurbation urbaine allant de Tanger à Tétouan, au lieu des deux villes actuelles?
Il est vrai qu’en dehors de l’axe principal de l’économie nationale qui s’étale entre Kénitra et El Jadida, il y a la nécessité de développer des pôles annexes sur les espaces Nador-Oujda, Tanger-Tetouan, ou Agadir, ou Laayoune-Dakhla. Je constate avec joie qu’effectivement malgré les difficultés géographiques et de manque d’espace, nous avons ici de fortes potentialités, de fortes possibilités de créer un pôle pour les deux villes de Tanger et Tétouan. Il faut que ces deux villes comprennent que ce Port est pour elles. Il leur revient d’en tirer les éléments de leur réussite future.

Qu’envisage-t-on, en annexe, pour accompagner toute cette plate-forme logistique du marché européen, rôle premier de Tanger-Med?
S’il est vrai qu’aujourd’hui, nous n’avons que quelques centaines d’hectares qui sont réservées aux zones franches, on ne doit pas pour autant perdre de vue que le périmètre d’intervention de TMSA regroupe cinq communes. Cela signifie, en clair, que nous avons largement la place, au vu du succès que pourraient avoir les premiers projets, de les développer. Je suis convaincu que nous allons très rapidement être obligés d’étendre le périmètre de nos activités, suite au succès que vont connaître nos zones franches.

Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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