Pour trouver sa place au soleil dans cette ère de mondialisation, où la compétition est rude, la formation professionnelle est devenue une nouvelle exigence. On peut le croire. Y a-t-il seulement eu un module de formation destiné aux travailleurs, qui n’a pas été exposé au cours du FormAction 2004, qui a eu lieu pendant 3 jours (du 22 au 24 avril) au Centre d’Expositions de l’Office des Changes de Casablanca, tant l’offre, qui a été présentée, est vaste? En effet, des modules de formation allant du management à la communication et l’efficacité professionnelle, en passant par le marketing, les métiers de logistique (achat, transport, douane), l’informatique professionnelle, la finance, la comptabilité, technologie de l’information, le E-Learning, ... ont été décortiqués par les spécialistes de l’ingénierie de formation, et autres développeurs de compétences présents. On peut en citer, pêle-mêle, Librairie nouvelle, Tertiel, Université Versailles Saint Quentin, Université Hassan II Aïn Chock, EST, Université de Toulouse, ISCAE, Progress Partner, Euforest, Abacus, Sopri, Pimas, IFG, GSI Maroc, OFPPT, English First, Polyformation, Agora, R2I Consult, Idées RH, Artémis..., la liste est loin d’être exhaustive. Placée sous le haut patronage de SM Majesté le Roi Mohammed VI, la manifestation, qui a accordé pour cette seconde édition plus d’ampleur au développement des ressources humaines (RH), a été inaugurée par MM. Mustapha Mansouri, ministre de l’Emploi, de la Solidarité et des Affaires Sociales, Mustapha Mechahouri, ministre du Commerce Extérieur, et Saïd Oulbacha, Secrétaire d’État chargé de la Formation Professionnelle. Le forum a été aussi marqué par la présence de MM. Sean Doyle, Ambassadeur de l’Union Européenne à Rabat, Sagid, Maire de Casablanca, de représentants du patronat et des salariés... Cette forte présence de hautes personnalités témoigne de l’importance que revêt l’amélioration des compétences, sachant que le Capital humain constitue véritablement la ressource première d’une entreprise.
Il n’y a de richesses que l’homme
L’on peut parler d’un réel succès, dans la mesure où tous les exposants avec qui nous nous sommes entretenus ont formulé le souhait de la pérennité de ce type de manifestation, et salué leurs multiples contacts, qu’ils jugent porteurs. M. Larbi Bencheikh, Directeur de l’OFPPT, s’est exprimé dans ce sens, appelant à un rendez-vous permanent, et un accompagnement sans équivoque des entreprises marocaines, composées surtout de PME-PMI. Il a fait un rapide bilan des différentes réalisations, et annoncé le plan d’action de l’Office en concertation avec les professionnels, notamment les Contrats Spéciaux de Formation (CSF), l’entame du process de la certification ISO 9001 de leurs établissements (3 déjà Ok), les programmes de formation sectorielles, l’introduction du tiers payant, et une manne de 190 millions de Dhs (24% de la taxe professionnelle en 2004, devant être portée à 30% en 2007, soit 300 millions). Il a, par ailleurs, souligné que la MAN passe par des RH compétentes, surtout que développer le capital humain est un axe stratégique. A sa suite M. Mohamed Bachiri, Président de l’AGEF, qui a indiqué les différents objectifs du Forum, a constaté que le développement des RH est en train de réaliser un saut qualitatif. Il n’a pas manqué de confirmer la contribution de l’AGEF dans cet essor. M. Mustapha Mansouri a noté qu’à travers le nouveau code du travail, en phase avec les conventions internationales du Droit du Travail (qui entrera en vigueur le 08 juin 2004), la culture de la confrontation doit être totalement bannie et dépassée (ambiance nouvelle à l’intérieur de l’entreprise, connivence à rechercher...). Il a ensuite ajouté que la revalorisation des RH est une condition sine qua non pour développer cette culture de coopération au sein de l’entreprise. C’est d’autant plus vrai que ce sont des RH motivées et bien formées qui sont susceptibles d’améliorer la productivité des entreprises. M. Saïd Oulbacha, qui a rappelé que, déjà au mois de novembre 2002, dans sa déclaration d’investiture, le gouvernement précisait la place importante qu’occupe la formation professionnelle dans son programme, s’est exprimé dans ce sens. C’est dire comment les pouvoirs publics, qui ont fait de ce volet une stratégie globale et intégrée, ont compris que la valorisation des RH constitue le véritable moteur de la croissance des richesses du pays. Les accords-cadres sectoriels, l’augmentation de 27% des effectifs en formation, les projets de grande envergure en collaboration avec les partenaires, la formation alternée ou par apprentissage, les différents mécanismes (GIAC, CSF ...) et le projet de loi en gestation pour affiner cette stratégie, ont constitué les points saillants de son discours.
Une offre diversifiée
S’il a été question de labelliser et mettre en place des critères de contrôle, dans la profession, les exposants, aussi bien nationaux qu’internationaux, ont rivalisé au niveau des offres. Chez Abacus, Développeur de compétences, M. Hamid Zerda, Directeur Général, des solutions adaptées, sur mesure, sont proposées surtout aux grandes entreprises. Le marché sclérosé de la PME-PMI, qui connaît des difficultés de financement ne leur est pas encore assez perméable. Si l’on en croit M. Khalid Ibrahimi, Directeur Général de GSI Maroc, des solutions innovantes sur la MAN des RH sont apportées. Cette société introduit pour la première fois le système EduBus en Afrique. En partenariat exclusif avec ThomsonNetg, numéro 1 mondial dans la formation à distance (l’E-learning), elle met sur le marché une offre large, riche et solide, en termes de développement des compétences en ligne. L’Institut Français de Gestion (IFG), qui n’est pas en reste, opérationnel à outrance, met à la disposition des salariés des modules applicables immédiatement (Voir trois questions avec le Directeur Général).
Ponctué de séances plénières et de tables rondes, animées par des professionnels chevronnés, le FormAction 2004 a été riche en tous points de vue. Vivement le prochain !
Daouda MBaye
Trois questions à Mlle Rajaa Mamou, Directeur Général de l’Institut Français de Gestion-Maroc (IFG-Maroc)
La Nouvelle Tribune: Qu’offre, de manière très succincte IFG-Maroc?

Mlle Rajaa Mamou : Principalement, nous nous occupons de la formation du Management des hommes et des équipes. Depuis l’audit des besoins, par une ingénierie pédagogique, jusqu’aux formations adaptées, en passant par des phases de suivi, validant la pertinence des actions réalisées, nous accompagnons nos partenaires, de manière personnalisée. A côté de cela, plusieurs cycles longs (Institut de Contrôle de Gestion, Institut National du Management) et mi-longs (Manager ses Forces de Vente, Plan d’Action Commercial, Manager un Centre de Responsabilités, Team Building, Gestion de Projet) ont été lancés. Aussi, selon la demande de nos clients des formations courtes et intras, ayant trait à: «S’exprimer, Communiquer, Convaincre», ou à «Réussir vos Réunions», ou encore «La Négociation Commerciale», ... leur sont offertes.
Jusqu’à présent, nous sous sommes surtout adressés à des grands comptes.
Votre point fort?
C’est l’opérationnalité, avec un vaste corps d’enseignants, composé d’intervenants professionnels marocains et français, agréé par IFG France. Ce dispositif permet à IFG Maroc d’être extrêmement réactif par rapport aux demandes exprimées, mais aussi et surtout d’assurer des formations adaptées de qualité. De plus, l’applicabilité de nos formations, assurées les samedi et dimanche, est immédiate dès le début de la semaine qui suit.
Comment voyez-vous l’avenir de la formation continue?
Il serait très intéressant de développer les formations sectorielles existantes (Textile et habillement, BTP, Hôtellerie) et d’en entamer de nouvelles (NTIC, Sociétés de Bourse...). Si dans l’avenir les entraves qui empêchent les PME de s’adresser à nous plus amplement sont levées, alors nous, qui sommes structurés pour les satisfaire, serons parmi les premiers à nous mettre sur ce marché.
Propos recueillis par
Daouda MBaye