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Marrakech affiche une croissance à deux chiffres Tourisme

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Publier le : April 15, 2004

La Nouvelle Tribune : Les statistiques du ministère du Tourisme Affichent une évolution d’arrivées et de nuitées, mais les professionnels locaux avancent que la crise est bien installée et qu’il faut réagir à travers des mesures innovantes pour y faire face, d’où l’opération Kounouz Marrakech. Comment se porte donc cette destination ?
M. Kamal Bensouda  : Je ne pense pas que la crise s’installe car il faut faire la part des choses en fonction des données du marché. Marrakech retrouve, depuis décembre dernier, une croissance à 2 chiffres de ses arrivées et de ses nuitées, preuve que nous sortons de la grande dépression des années 2002 et 2003.
Globalement, notre ville affiche une croissance de 22% sur janvier/  février en arrivées et de 20% en nuitées mais avec un taux d’occupation qui passe de 47% à 49%, ne gagnant que 2 points. Sur le mois de Mars, la progression des arrivées est de 13.9% et des nuitées de 21.7% et un remplissage qui gagne 7 points passant de 46% à 53.8%, un niveau qui reste assez faible pour une destination habituée à des remplissages supérieurs à 60%.
L’appréciation des professionnels découle de cette situation dont l’origine prend sa source des fortes capacités injectées sur le marché depuis deux ans et qui nécessitent une progression des arrivées encore plus forte, pour améliorer l’économie des hôtels de la ville.
En effet, sans un budget promotionnel important et une accélération des vols directs sur Marrakech, la croissance risque de cacher une crise latente des unités hôtelières qui resteront éloignées de leur seuil de rentabilité.
Si sur le plan aérien, l’arrivée de la nouvelle compagnie light de Royal Air Maroc va certainement donner un coup d’accélérateur au paysage aérien, le ministère du Tourisme devra revoir sa copie et donner à Marrakech un budget plus conséquent pour assurer sa promotion. Je rappelle que Marrakech en progressant de 20% ramène pour le Maroc un volume de clients bien plus important que d’autres destinations en cours d’émergence.

Quelle est la portée de l’opération Kounouz Marrakech, est-il vrai qu’elle vient quelque part combler les failles (*) de Kounouz Biladi, dont la 4ème édition tarde à voir le jour et n’y voyez-vous pas une bonne opportunité de décentralisation, sachant que chaque destination a ses spécificités et ses problèmes que l’on ne peut résoudre de la même manière?
Kounouz Marrakech est une opération extraordinaire et complètement pédagogique dans le process du développement du tourisme national.
Le ministère du Tourisme a initié une nouvelle politique pour susciter un tourisme national fort à travers des opérations ponctuelles. Nous venons avec cette brochure pour installer durablement cette démarche en accordant aux nationaux des tarifs promotionnels tout au long de l’année à travers une brochure bien réalisée. Notre démarche est constructive pour un segment qui représente plus de 20% de notre chiffre d’affaires et qui mérite une plus grande fidélisation.
Aujourd’hui, nous demandons au ministère du Tourisme de faire évoluer son concept afin de respecter ses vœux de régionaliser la promotion et de prendre en considération la saisonnalité de chaque produit, le touriste national y trouvera un meilleur compte et pourra voyager tout au long de l’année au lieu des trois périodes promotionnelles initiées par Kounouz Biladi.

Pour revenir à Marrakech, quelle est la stratégie de développement de la destination, dans un contexte où les crises ne cessent de se succéder et quelle est la place qu’occupe le touriste national dans cette stratégie ?
La ville de Marrakech, face à l’augmentation de ses capacités, doit être commercialisée sur les marchés de manière plus agressive.
Sur le plan institutionnel, le ministère doit avoir une démarche plus équilibrée en terme de répartition budgétaire et inscrire celle-ci dans une logique de résultat et de retour sur investissement. Pour un dirham investi, combien de clients nous enregistrons. Sans cette vision, nous risquons de voir Marrakech évoluer moins vite que prévu, de voir des remplissages hôteliers bas et d’assister à une guerre tarifaire qui risque de tuer la destination.
Sur le plan régional, les professionnels et les élus font leur travail pour garder la ville dans un état impeccable, une ville qui développe ses loisirs, ses jardins, une ville agréable à vivre.
Le Conseil Régional du Tourisme développe une politique marketing de destination puissante et soutenue et assure une promotion régulière du produit.
En 2003, nous avons accordé plus de 4000 nuitées et 3000 repas gratuits, nous avons reçu plus de 180 journalistes dont une  vingtaine de chaînes de télévision.
Nous essayons de fidéliser les événements comme Khmissa, Caftan du Maroc; nous lançons de nouveaux événements comme le Festival de la Magie et bientôt celui du Cirque ou de la Musique Lyrique; autant de rendez-vous qui complètent le Festival International du Cinéma ou des Arts Populaires, contribuant à rendre la ville culturellement plus forte et plus créative. Si cette stratégie conforte le touriste étranger et lui permet de passer des vacances avec intelligence, le touriste national s’y retrouve et nous permet d’améliorer le fameux taux de retour de nos visiteurs.

Comment peut-on vendre la destination tout au long de l’année au lieu d’avoir quatre ou six semaines de haute saison et passer le reste de l’année en stand by ?
Si nous devons parler de frein, il réside essentiellement dans les moyens liés à la promotion. Si le ministre  ne dispose pas de budget suffisant , alors il faudra se pencher rapidement sur la réforme de la TPT afin qu’elle puisse collecter des montants plus importants à même de nous permettre de mieux promouvoir notre produit. Mais, je suis certain que l’adhésion des professionnels sera soumise à un accord préalable avec le ministre du Tourisme pour une répartition équitable à chaque région, de façon à mettre en adéquation la promotion et les investissements sur Marrakech.

Propos recueillis par
Leïla Ouazry

(*) Le fait de sortir cette édition en décalage avec le calendrier des vacances scolaires, va à l’encontre du principe de l’opération Kounouz Biladi qui cible le touriste national et les MRE. Le calendrier  de ces vacances au Maroc, pour le printemps, a commencé le 02 avril et a pris fin le 12 du même mois. Peut-être que les MRE pourraient en bénéficier, mais en tout cas, les locaux semblent encore exclus des politiques nationales du tourisme

 

Marrakech, quelques chiffres

Avec ses 76 hôtels, 22 308 lits et 10430 chambres Marrakech peut se targuer d’une capacité d’accueil considérable, ce qui justifie sans doute un taux d’occupation de près de 50% sur l’ensemble du produit Maroc. C’est la première destination du Maroc en terme d’arrivées et la seconde en terme de nuitées. Elle se décline telle une véritable plate-forme (aérien, circuits vers le sud ou encore vers les villes impériales)



 

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