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Gare au café vermoulu ! Économie informelle

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Publier le : April 15, 2004

Comment être sûr que le café que vous sirotez est pur à 100%, s’il provient d’un de ces points de vente de vrac, qui pullulent dans nos marchés? L’origine, la fraîcheur et la qualité sont encore moins sûres, car ce café, qui n’a de café que le nom, très souvent entré en contrebande dans le pays, est torréfié par les circuits informels sinon moulu avec des additifs qui laissent à désirer. Tout au plus, quelques fins connaisseurs pourront arriver à distinguer parmi ces cafés, l’Arabica du Robusta. Après avoir effectué un tour dans les souks, les doutes d’une certaine clientèle mais aussi de professionnels, qui nous ont contactés, sur la qualité du café, se sont avérés fondés. La clientèle que nous avons rencontrée est certes partagée, si certains n’achètent que du café en sachets, d’autres ne consomment que du vrac (surpris d’ailleurs d’une composition douteuse du café, qu’ils ignoraient manifestement) ou alternent le vrac et le sachet. Ce qui inquiète davantage c’est que le café en vrac constitue une part importante de la distribution du café au Maroc. Même si la consommation nationale de café par habitant est relativement faible, comparativement à d’autres pays au niveau de développement analogue, il est légitime de s’interroger quant au futur d’importants investissements et toute la logistique mise en branle par les industriels, et autres importateurs patentés. Réunis au sein des Associations Marocaine des Importateurs-Torréfacteurs de Café, et d’Importateurs Distributeurs de Produits Alimentaires, les professionnels qui ont investi beaucoup dans la branche ne sont pourtant pas restés léthargiques. On peut citer parmi ceux-ci les Cafés du Brésil, Bourneix, Dubois, Cléôpatre, Lavazza de Top Class Espresso, Lucaffé, Asta, Samar de Kraft Foods Maroc..., soit de grandes marques qui ne sont plus à présenter. Cependant jusqu’à présent, aucune action entreprise par les pouvoirs publics sous leur impulsion n’a pu contrecarrer les ventes informelles de café.

Cultiver la transparence

Du côté de l’Etat, le manque de moyens constitue un handicap de taille, très souvent évoqué. A ce niveau, il faut tout de même nuancer, car il est vrai que certains industriels et importateurs ont loué tout ce qui a été entrepris par les Services de la Répression des Fraudes, relevant du ministère de l’Agriculture. Mais pour des solutions plus durables, d’aucuns préconisent d’élargir le champ d’investigation aux Départements de la Santé Publique, de l’Environnement et même de l’Enseignement, car il y va de du bien-être du consommateur. D’autres plus radicaux encore soutiennent que c’est au citoyen de prendre ses responsabilités, d’autant plus que des textes de lois portant sur l’étiquetage des produits alimentaires sont à appliquer ! Mais serait-ce plausible,  face à la carotte que présentent les torréfacteurs informels d’abandonner le consommateur lambda à son propre sort? N’empêche que le citoyen averti optera toujours pour la qualité, quitte à y mettre le prix. Pour encourager ce type de consommation, des opérateurs ont suggéré une baisse conjuguée des droits de douane et de la TVA.  Des cafés qui sont conformes en tous points  à tous les standards de qualité, ne manquent pas sur le marché. Nous en présentons quelques uns.

Un label

Si Top Class Espresso, présent depuis 9 ans sur le marché, a percé au Maroc avec Lavazza Espresso Point c’est parce qu’elle a pu donner un service au consommateur lui permettant tout d’abord d’avoir un produit à qualité constante, nous a précisé M. Leuwenkroon, son Directeur Général. Cette société garantit également une sécurité alimentaire par son système hygiénique ou à aucun moment l’utilisateur n’entre en contact direct avec le café (le fameux Espresso). Les différents produits mis à la disposition de la clientèle sont entourés de soins particuliers et conçus selon des normes internationales de qualité. «Le système prédosé Lavazza Espresso Point permet également un choix varié de produit tel que le décaféiné naturel (fierté de Lavazza, pour être le meilleur décaféiné au monde, en disposant d’aucun additif en solvant), les mélanges 100% Arabica- Lavazza Club, les mélanges 90% Arabica- Marna Point, le fameux Crema & Aronia avec plus de 70% d’arabica et également une sélection diversifiée de Thé lyophilisé Lipton ainsi que d’infusion et son bouillon végétale Knorr. Le système Lavazza Espresso Point, vu sa qualité et sa renommée a permis à la société Luigi Lavazza de s’associer avec le groupe Unilever Best Food fabriquant entre autres des marques Knorr et Lipton, tous ces produits sont emballés sous vides avec induction d’Azote pour éviter l’oxydation du café et permettent à celui-ci de garder toute sa fraîcheur jusqu’à l’utilisation», nous confirme-t-on du côté de cette société.
Kraft Foods Maroc s’active dans le même sens avec des standards conformes à la formule internationale de Carte Noire, nous a signalé M. Rabii, DRH. Au niveau des autres structures, qui sont dans le même créneau, qu’ils soient torréfacteurs ou juste importateurs, c’est le même son de cloche: des produits élaborés avec le plus grand soin et livrés sous emballages et parfaitement emballés. Nous aurions pu allonger la liste des différents process de ces sociétés.
De toutes les façons, il y a lieu de se pencher sur cette situation, pour le moins délicate, de ces sociétés qui emploient en moyenne une cinquantaine d’employés. Quand bien même, certains économistes continuent de louer les bienfaits de l’informel qui contribueraient à hauteur de 17% la valeur ajoutée nationale. Mais quelle garantie peut assurer, et quel label peut défendre une PME qui a des fournisseurs informels? Ce sont là les véritables interrogations.

D. MB.



 

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