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Les mécanismes sont là, reste à les faire connaître Modernisation et mise à niveau des entreprises

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Publier le : January 22, 2004

La Nouvelle Tribune : Qu’attendez-vous de ces campagnes de communication sur les mécanismes de mise à niveau des PME-PMI ?
M. Abderrazak El Mossadeq :
Au départ, nous avons essayé de communiquer sur la mise à niveau tout au long de l’année 2003. Nous avons été dans toutes les régions, dans les chambres de commerce à travers le pays. Le Comité national de mise à niveau s’est réuni tout le temps et l’information a circulé à tous les niveaux. La CGEM a été sensibilisée et a même commencé à créer son premier bureau à Casablanca puis un deuxième bureau à Marrakech et elle continue de le faire d’ailleurs. Cependant, nous avons constaté que les entreprises qui viennent suivre les débats, ou qui se déplacent, sont celles qui sont déjà sensibilisées sur la question de la mise à niveau ou qui sont déjà structurées. Le cas échéant, il s’agit souvent des entités qui n’ont rien à voir avec la mise à niveau. Il faut reconnaître qu’il ne s’agit pas là de cibles concernées. C’est à la lumière de constats que nous avons décidé de faire une campagne générale et généralisée. Pour ce faire, il fallait recourir à la télé, à la radio, à la presse écrite, aux affiches et aux dépliants, à travers lesquels nous pourrons toucher les entreprises qui n’ont pas été jusque-là sensibilisées à la question.

Quel est le message véhiculé à travers cette campagne ?
Il s’agit d’abord de dire aux entreprises concernées de faire attention et que de nouvelles donnes sont en train de changer le paysage économique du pays et sont liées à des facteurs exogènes notamment la compétitivité internationale. Cependant, nous ne faisons pas seulement que les alerter. Nous leur disons aussi qu’il existe des mécanismes pour les accompagner dans leurs efforts de mise à niveau à savoir l’étude diagnostique, la formation professionnelle, le financement et l’accompagnement pour l’acquisition de terrain. Des mécanismes qui sont à leur portée.

Mais il n’y a pas que les seules entreprises qui sont concernées par votre campagne de communication ?
Dans le message, nous cherchons aussi à atteindre les banquiers. Parce qu’il arrive souvent que la direction générale d’une banque peut bien être informée sans que ses agences régionales ne le soient . En effet, si une agence n’est pas informée ou sensibilisée, le promoteur aura beau lui parler, il ne se passera rien. Notre démarche est qu’une fois que les agences sont impliquées, il y aura un concert d’actions et d’efforts pour mieux faire intéresser les PME-PMI à la question de mise à niveau. À travers cette campagne nous ciblons également les salariés car l’entreprise ce n’est pas seulement le patron. Et pour que l’entreprise continue à tourner les salariés ont un rôle à jouer et pour cela il faut leur donner des moyens notamment en qualifiant leur formation. Or dans le programme de mise à niveau, il y a un volet qui concerne la formation où l’entreprise peut faire bénéficier ses salariés d’un programme continu dans ce domaine, dont plus de 80 % du coût sont pris en charge par l’OFPPT. Enfin, l’autre cible, et non des moindres, est le citoyen. Ce dernier doit comprendre qu’il est au centre de toutes les préoccupations du Gouvernement. En effet, une entreprise qui se porte bien crée de l’emploi et de la richesse. Elle participe ainsi à l’amélioration des conditions de vie.

Maintenant que tous les mécanismes sont en place pour accompagner les PME-PMI dans leur démarche de modernisation, pensez-vous que tous ces efforts pourront aboutir en l’absence d’une réelle transparence dans la gestion des entreprises ?
En aucune manière, je ne peux encourager une entreprise à présenter son dossier si elle n’est pas transparente. Car quand on veut se présenter sur un marché et que l’on veut être compétitif, il faut avoir un comportement de transparence. C’est la clef même du progrès. D’ailleurs, notre action de mise à niveau, entre autres, est de rendre effectivement l’économie transparente. Parmi les choses qui ne vont pas, c’est justement ce manque de transparence lequel a créé certaines situations dont nous souffrons aujourd’hui. À cause de cela, nous avons des zones d’ombre, de l’économie informelle. Donc ce que nous devons faire, c’est militer pour la transparence au sein des entreprises en vue d’éviter la prolifération de l’économie parallèle. Pour ma part, je ne serai pas favorable pour assister des entreprises qui ont une gestion non transparente. Cependant, nous ne voudrions pas que cela soit un prétexte pour le banquier d’élaguer certaines demandes car notre objectif est d’encourager les entrepreneurs à se moderniser en mettant à niveau leur établissement. C’est pour cette raison que notre site est interactif. Il permet à l’entrepreneur de savoir ce dont il a droit, à quoi il peut prétendre ou à quoi il est éligible. En fonction des données recueillies sur l’internet, il peut se présenter chez son agence bancaire et dire voilà ce que me dit le site internet du ministère. Certes, nous n’allons pas imposer au banquier d’accepter tel ou tel dossier mais qu’il sache d’abord les droits et les obligations des l’entrepreneurs.

Propos recueillis
par Mamady Sidibé

Des mesures concrètes

Le programme de mise à niveau est entré dans une nouvelle phase notamment celle du lancement de la campagne de communication visant à faire connaître les différents mécanismes mis à la disposition des PME-PMI dans leurs efforts de modernisation. À ce stade de l’opération, il ne serait pas thuriféraire de faire un round-up des actions menées par le Comité national de mise à niveau, depuis sa création. Au niveau institutionnel, il y a eu création de l’Agence nationale pour les PME-PMI, l’établissement des statuts des CRI et leur transformation en SEGMA. Puis la mise en place par l’OFPPT de modules de formation. Tout ceci pour la promotion et le soutien de la mise à niveau de l’entreprise. Sur le plan infrastructures d’accueil, on peut déjà citer le lancement d’un programme d’organisation et de recasement au profit de 26 000 bénéficiaires sans oublier la réhabilitation de zones industrielles existantes. Pour ce qui est du dispositif du financement, un grand effort a été fait puisqu’il y a eu la fixation d’un taux unique pour les lignes de financement étranger, l’harmonisation des procédures d’éligibilité en vue de l’accès aux lignes de financement et aux fonds de garantie de mise à niveau. A cela s’ajoutent l’extension de la gestion des lignes de financement étrangères à toutes les banques nationales, la mise en place des fonds FORTEX (textile), RENOVOTEL (hôtels) et le FOMAN (mise à niveau des entreprises). Ces fonds sont accessibles à toutes les entreprises éligibles et à des taux les plus attractifs sur le marché. Concernant la fiscalité et le coût des facteurs, les points saillants sont la refonte du texte sur le droit d’enregistrement, le réaménagement du régime du bénéfice forfaitaire avec application d’un coefficient de 0,5 à 10 à la valeur locative annuelle, la baisse de +50 % de la TIC sur le fuel et le charbon depuis juillet 2003 ou encore la baisse des droits d’importation sur le charbon à 2,5 % à partir de janvier 2004 ainsi que la baisse de 10 % des droits d’importation sur tous les intrants non fabriqués localement et ce depuis septembre 2003. On ne peut passer sous silence non plus la réduction du coût d’électricité qui a commencé depuis le 1er janvier de l’année en cours. In fine, d’autres mesures ont été initiées dans le domaine de la rationalisation de la gestion publique, la libéralisation, la mise en place de l’administration électronique. Un ensemble d’actions encourageantes qui seront à même de faciliter la modernisation du tissu économique national.



 

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