L’arrivée de M. Omar Kabbaj à la tête de la Banque africaine de développement, il y a plus de six ans, a insufflé une nouvelle dynamique aux activités de la première institution financière du continent. Les nouvelles orientations ainsi que les différentes politiques stratégiques initiées ont ainsi permis à la BAD de s’affirmer sur le marché financier comme un partenaire privilégié des pays africains. Le Maroc, à l’image d’autres pays africains crédibles et stables, a pu bénéficier d’un grand investissement de la part de l’institution que dirige le Marocain Omar Kabbaj. C’est ainsi que la BAD est présente dans le financement de plusieurs projets sectoriels. Ces domaines concernent notamment l’agriculture, le transport, l’eau et l’assainissement, l’énergie ou encore la communication. La BAD intervient également dans les finances, les industries, l’éducation, la santé et le multisectoriel. Sur le plan agricole, le montant approuvé par la BAD atteint aujourd’hui près de 415 169 984 de dollars soit 13,13 % du montant global des investissements tandis que les finances occupent la première place avec 29,87 %, soit 944 263 307,29 de dollars. Quant au multisectoriel, il reste relativement important puisque l’engagement de la BAD, dans ce créneau, se situe actuellement à hauteur de 341 463 740 dollars soit 10,8 %. Rien que par ces chiffres, on comprend dès lors l’importance que la BAD accorde aux projets marocains. Un consultant international en banque de la place, contacté à ce sujet, explique que «certes les banques ne font pas de cadeaux et que pour bénéficier des financements d’un établissement bancaire il convient de présenter des dossiers solides avec des garanties.
Transparence et bonne gouvernance
Pour les institutions comme la BAD qui ne financent généralement que des projets étatiques, souligne notre interlocuteur, la condition primordiale est d’abord la stabilité politique mais aussi la transparence dans la gestion ainsi que la confiance des autres institutions financières internationales.» Même si aujourd’hui, la BAD a ouvert une brèche pour le secteur privé. Pour ce dernier, l’entreprise doit être située en Afrique, gérée et contrôlée par le secteur privé. Idem pour une entreprise publique dont le secteur privé contrôle au moins 51 %. Il n’est donc pas étonnant que la BAD ait beaucoup d’ambitions pour le Maroc tout en le soutenant dans ses efforts de modernisation, complété par les multiples de crédits mis à contribution. Cependant, pour les experts de la BAD, ces actions doivent se cadrer avec une politique globale de développement durable. Pour la BAD, sa stratégie d’intervention à moyen terme (2003-2005) au Maroc concerne plusieurs défis dont la réalisation de façon durable, une croissance économique forte de l’ordre 5 à 6 %, la résorption du chômage et la réduction de la pauvreté. La BAD compte également, durant la période citée, répondre aux défis tels que l’appui aux réformes, y compris celles qui concourent à l’amélioration de la bonne gouvernance ainsi que le financement de projets d’investissement et de services de conseils. Dans le même registre, on relève d’autres instruments que les prêts. À ce niveau, la BAD compte s’investir durant la période 2003-2005 dans l’assistance technique aux associations professionnelles notamment les PME du secteur textile, l’appui au secteur de la franchise surtout les Fédérations en cours de structuration ainsi que dans l’étude de développement du secteur de l’infrastructure dans le cadre du partenariat public-privé. Un vaste programme en perspective.
M.S.