Tous les agriculteurs et autorités n’ont cessé, ces dernières semaines, de scruter le ciel à la recherche d’une once de nuage pour une pluie capable de sauver la saison agricole 2003/2004. Une campagne qui était sérieusement menacée en raison de la persistance de la sécheresse avec ses conséquences désastreuses tant sur les récoltes que sur le taux de remplissage des barrages. On ne pouvait que s’inquiéter quand on sait que le pays venait de connaître, il y a trois ans, l’un des pires caprices pluviométriques. Au ministère de l’agriculture, un plan d’urgence, en collaboration étroite avec la météorologie nationale, a même été projeté pour provoquer des pluies artificielles en vue d’atténuer le manque de précipitation qui avait commencé à s’installer dans le ciel. Cependant, on était loin de la panique. Un haut cadre souligne, à ce sujet, qu’il fallait patienter et attendre la fin de février et de mars pour voir l’évolution des cumulus car habituellement il pleut en cette période de l’année. De là à dire que nous allons vivre un printemps pluvieux, il n’y a qu’un pas à franchir. Du côté des agrumiculteurs, la situation actuelle est vécue autrement puisque les variétés tardives auront besoin de pluie pour compléter la formation des fruits. Il s’agit d’un secteur important. En effet, avec une superficie globale de 75 000 hectares, l’activité agrumicole joue un rôle socio-économique important au niveau national tandis que sur le plan exportation, ce secteur constitue une source importante de devises avec 2,5 à 3 milliards de dirhams par an alors qu’en terme de valorisation de la production, il assure l’approvisionnement de 61 stations de conditionnement et de deux usines de transformation. Pour les céréaliers, l’espoir est encore permis après l’annonce de la météorologie nationale de l’arrivée de nuages pluvieux dans le ciel marocain. Selon les dernières données de cette administration, les effets de la sécheresse , qui s’est installée depuis mi-décembre 2003, sont en cours d’être atténués grâce aux précipitations enregistrées depuis le 20 février et qui ont touché la majeure partie du pays. Mieux, selon les modèles de prévision établie par la direction de la météorologie nationale, on s’attend ces jours-ci à un retour dense des nuages sur le nord, le centre et l’est du pays. Des nuages qui donneront tout d’abord des précipitations sur les plaines atlantiques, situées au nord d’Agadir avant d’atteindre l’ouest de l’atlas, le rif et l’ouest de la Méditerranée. Pour ce qui est des taux de remplissage des barrages, ils restent encore dans les limites satisfaisantes puisque le ministère de l’agriculture avance à ce propos que le volume actuel des eaux des barrages pourrait subvenir aux besoins des terres irriguées. Le ministère conclut sur une autre bonne nouvelle en indiquant que la superficie totale cultivée de céréales est en nette augmentation par rapport à la campagne précédente tandis qu’au même moment, le traitement de la dette des agriculteurs connaît une amélioration notoire.
M.S.