La solvabilité du Maroc ne souffre d’aucun doute. C’est ce qui ressort du rapport de la Direction de la Politique Economique Générale (DPEG) relative à la notation du risque-pays Maroc. En effet, de cette étude, qui s’étale sur un an, allant d’octobre 2002 à octobre 2003, et qui a pour but d’étudier le positionnement du Maroc par rapport aux sept pays émergents que sont le Chili, la Corée du Sud, l’Égypte, la Malaisie, la Pologne, la Tunisie et la Turquie, on relève une relative stabilité du risque pays. Par rapport aux études précédentes entre mars 1997 et octobre 2002, le rating de ces pays s’est globalement amélioré de près de 2 points (même si par pays les évolutions sont différenciées). Ainsi, il ressort une nette amélioration de la qualité de la croissance, en concomitance avec le rebond du commerce mondial, une demande intérieure soutenue dans les pays de l’échantillon, consécutive à une baisse des taux d’intérêt et une relative déflation.
De bons points, mais ...
Au niveau national, compte tenu du fait que l’équilibre macro-économique soit toujours maintenu, que l’inflation demeure maîtrisée autour de 1,1% à fin novembre 2003, que les transferts de Marocains Résidant à l’Étranger (MRE) aient atteint 31 milliards de Dhs contre 30,7 milliards de Dhs de 1998 à 2002, que les recettes voyages soient en hausse de 26,6%, par rapport à la moyenne de la période précédente, que les investissements et prêts privés étrangers soient au niveau de 21,2 milliards de Dhs, notamment avec la privatisation de la Régie des Tabacs, que le solde budgétaire soit allégé (7,5 milliards de Dhs contre 8,8 milliards de Dhs)... , la note globale qui a été attribuée par la CDCIXIS est demeurée quasiment stable.
Bien entendu, avec un déficit du solde budgétaire, qui pourrait être plus prononcé, si l’on excluait les opérations de privatisation, et un déficit commercial global aggravé de 16,2% (chiffres de l’Office des Changes), à fin novembre 2003, le tableau n’est pas totalement rose. Mais cela n’est-il pas quelque peu compensé par une amélioration progressive des finances publiques? Les analystes le croient. D’ailleurs, en dépit de la dégradation de certains paramètres, les investisseurs étrangers portent toujours un intérêt élevé au Maroc. L’engouement de ceux-ci aux opérations de privatisation lancées, le succès de la première émission obligataire sur le marché international, ainsi que l’évolution positive des primes de risques assorties aux titres marocains sur le marché secondaire de la dette, sont autant de preuves tangibles à cet attrait.
D. MB.
La Conjoncture en un coup d’oeil
(A fin Novembre 2003)
Points forts
Perspectives prometteuses de la saison agricole
Augmentation des importations des entreprises hors énergie
Forte hausse des investissements et prêts privés étrangers
Amélioration des recettes fiscales
Baisse notable des arriérés de paiement du Trésor
Renforcement des réserves de change
Bon comportement des indicateurs boursiers
Points faibles
Tendance haussière du taux de chômage urbain
Recul de la production des industries du textile et du cuir
Aggravation du solde commercial
(Source: Direction des Études et des Prévisions Financières)