Le dossier de la mise à niveau des PME-PMI a pris une nouvelle dimension dans sa concrétisation et dans sa vulgarisation. Désormais, tous les moyens audiovisuels et techniques y compris les affiches et dépliants, site web www.miseaniveau.gov.ma et bien entendu la presse sont combinés pour faire connaître le processus et les avantages de la mise à niveau. Une démarche pragmatique dont l’ambition est de mieux communiquer sur cette problématique qui entrave les PME-PMI dans leur cursus de développement. En effet, ce lundi 12 décembre 2004, c’est une équipe visiblement satisfaite et confiante qui est apparue, aux côtés de M. El Mossadeq, ministre chargé des Affaires économiques, des affaires générales et de la mise à niveau de l’économie, pour présider le lancement de la campagne de communication sur la modernisation des entreprises de moyennes tailles au Maroc. Comme le souligneront les différents intervenants, la réussite de la mise à niveau des entreprises marocaines passe nécessairement par une prise de conscience de l’enjeu de ces entités dans les années à venir. La campagne de communication ne pouvait donc que s’inscrire dans cette vison. Une vision qui dévoile d’abord cette problématique à savoir comment mobiliser tous les acteurs économiques autour du concept de mise à niveau qui constitue aujourd’hui une priorité du Gouvernement Jettou. Pour les concepteurs de la campagne, il est question de passer à l’acte en dévoilant la batterie de mesures prises par le Comité national en charge de la mise à niveau. Naturellement, l’objectif à atteindre est d’avoir un effet mobilisateur avec pour but une démarche participative en vue d’installer une culture d’entreprise saine, transparente et pérenne. Et le contexte s’y prête bien lorsque l’on a une mondialisation à outrance, une compétitivité devenue le credo de toute réussite. À côté de ces éléments, il y a aussi le démantèlement.
Impliquer tous les opérateurs
Pour ce cas, explique le ministre de tutelle, la modernisation d’une entreprise n’est pas liée à une échéance. Car, fait-il remarquer, «la mise à niveau n’est pas une question de fonds de garantie, un ministère de tutelle ou de finances mais plutôt une culture, toute une synergie entre les uns et autres. C’est par cette approche inscrite dans le temps que l’on pourra aboutir à une vraie mise à niveau.» Le temps était donc venu pour faire connaître aux dirigeants d’entreprises et au grand public qu’il existe au Maroc des mécanismes et des organismes qui facilitent la modernisation de leur établissement. Une politique qui cadre parfaitement avec la démarche du Gouvernement pour moderniser l’ensemble de l’économie marocaine. Dans cette démarche, le positionnement stratégique de la campagne de communication constitue en soi l’axe prioritaire de la politique nationale en matière de développement de la compétitivité du tissu productif et en matière de création d’opportunités d’emploi. Le ministère vise donc à travers cette communication à susciter une adhésion de tous au concept de mise à niveau en incitant en particulier les entreprises à l’acte de mise à niveau. Dans ce contexte, la campagne de communication s’articule autour de quatre grands axes, à savoir le financement, l’étude, la formation et les différentes possibilités offertes aux PME-PMI pour se moderniser. Sous un thème fédérateur «la mise à niveau est l’affaire de tous», la campagne se propose de sensibiliser tous les opérateurs sur cette réalité. Le site web www.miseaniveau.gov.ma donne déjà un aperçu sur les différentes étapes pour accéder aux fonds nécessaires pour la modernisation de l’entreprise. Cependant, fera remarquer M. Mossadeq, la modernisation ne peut se faire que s’il y a une transparence dans la gestion. Un élément capital pour tout entrepreneur qui se veut réaliste et disposé à affronter la concurrence. Du côté des banques, tout semble indiquer qu’il y a un effort en cours en vue de faciliter l’accès aux différents crédits mis à la disposition des PME-PMI pour leur modernisation. Et là, il s’agit d’une continuité dans l’action. «Il faut reconnaître au départ qu’il n’y a pas une mise à niveau sectorielle. La mise à niveau est globale et continuelle. Qu’il s’agisse de l’administration, de l’entreprise ou du citoyen, tout le monde doit converger vers la mise à niveau. Elle ne doit pas non plus être rattachée à une situation donnée telle que le libre échange avec l’UE, l’OMC ou encore la globalisation. Chaque entreprise doit chercher à travailler valablement dans l’optique d’une meilleure productivité. La mise à niveau ne doit être conditionnée à aucune échéance. Il s’agit d’une prise de conscience pour un rendement meilleur. Chacun de nous doit avoir un esprit de rendement en qualité et en fonction du besoin du marché. Autrement dit, chaque entreprise doit pouvoir produire au moindre coût et selon le besoin du marché», déclarait le ministre, il y a quelques temps.
M.S.
Des pôles pour réussir la mise à niveau
Il y a un pôle administration qui concerne tout ce qui touche à la réforme de l’administration, le circuit administratif, l’adoption d’un poste budgétaire. Bref, tout ce qui peut améliorer la compétitivité en ce qui concerne l’administration. Il existe également un pôle entreprise avec toutes ses composantes d’assistances techniques, modernisation, moyens technologiques et bien sûr le financement, la promotion de l’exportation. Un troisième pôle appelé marché et concurrence. Il s’agit de voir si le marché national est ouvert et de comprendre ce qui bloque ou qui ne marche pas ou encore s’il y a emprise d’un monopole. Il s’agit aussi d’organiser le marché intérieur pour la mise en place d’un système concurrentiel. Pour le quatrième pôle que nous avons jugé important pour la politique sectorielle. Car il nous a semblé que pour certains aspects, il faut des politiques sectorielles claires. Le secteur agricole constitue un exemple frappant dans l’optique de l’accord de libre échange avec l’union européenne. Il y a également la politique sectorielle concernant le transport. Quant au cinquième pôle, il est destiné au cadre macro-économique. D’une façon générale, il concerne les échanges, les équilibres fondamentaux. Chaque pôle est présidé par l’entreprise évoluant dans le secteur privé. Le ministère, en raison de son rôle et de ses obligations, assurera le secrétariat général de chacun des pôles. Et à l’arrivée, il y a aura le secteur public, le privé et l’administration qui tiendront des réunions pérennes pour suivre et analyser les différentes initiatives entreprises. D’autres nouveaux pôles viennent de voir le jour. Il s’agit du pôle de la promotion du secteur privé, celui de la rationalisation du secteur privé ainsi que celui de la libéralisation du secteur privé. Une façon de cadrer l’ensemble des pans de l’économie nationale.