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Reconquérir le marché espagnol Tourisme

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Publier le : January 15, 2004

L’ONMT tient son engagement d’organiser à la veille de chaque salon professionnel, une journée d’étude en vue de définir, en concertation avec les différents opérateurs, une stratégie marketing, spécifique à chaque marché. Après un premier séminaire organisé à la veille du «World Travel Market», qui s’est tenu à Londres en novembre dernier, l’Office cible le marché espagnol, à l’occasion de la Foire internationale du Tourisme (FITUR), qui se tient à Madrid du 29 janvier au 2 février. Ce type de manifestation, selon Mme Fathia Bennis, directeur général de l’ONMT,  l’objectif est de diffuser et généraliser l’information sur les marchés cibles, à la lumière de données chiffrées émanant des études réalisées pour le compte de l’ONMT. L’idée étant de mettre au point une stratégie objective, visant rattraper le tir en consolidant les points forts de la destination Maroc et en luttant contre ses faiblesses.

Caractéristiques

En effet, l’étude d’IPK révèle que le marché espagnol  a connu une nette progression en tant que marché émetteur de touristes, durant les deux dernières décennies. Ce sont près de 40 millions de voyages touristiques et plus de 380 nuitées,  que génère ce marché annuellement. Cette progression, s’explique selon M. Kacimi, délégué de l’ONMT en Espagne, par l’évolution qu’a connue le pays. En intégrant l’UE, la péninsule ibérique est rapidement passée d’une  économie agraire à une économie moderne d’industrie et de services. Ce qui s’est répercuté positivement sur le PIB et le revenu de la population. De ce fait, le secteur du tourisme s’est à son tour développé d’une manière fort intéressante. Par ailleurs, l’Espagne figure parmi les pays les moins peuplés en Europe. De ce fait, la population est appelée à augmenter au même terme que le pouvoir d’achat. Ce qui augure d’un marché potentiel plus important, si l’on tient compte de l’augmentation remarquable du flux touristique lors des dernières années, avec en particulier un taux de départ en vacances de 50% de la population (tourisme interne et émetteur), un volume important de tourisme émetteur par an de 1999 à 2001 de l’ordre de 6,4 millions, un chiffre qui devra atteindre 11,6 millions en 2020. Il est question d’un marché marqué par une exiguïté avec un pic de départs en été et en fin d’année, ainsi qu’un intérêt prononcé par le culturel. Il s’agit, donc d’un marché où le voyage demeure embryonnaire contrairement au marché allemand ou britannique. Il est de fait appelé à connaître une forte expansion. Et la destination Maroc a toutes les chances de se faire valoir à condition que l’aérien suive, précise Mme Fathia Bennis.
Paradoxalement, et malgré une proximité fort avantageuse pour la destination Maroc, cette dernière n’en tire guère profit. Le nombre des touristes espagnols a connu une forte baisse.

Atouts et Faiblesses

Il est passé de 53 020 en 2000 à quelque 23 097 en 2003. Ce qui représente un recul d’environ 44%. Cette perte relative de parts de marché s’expliquerait à priori par l’impact des événements du 11 septembre, le différend inhérent à l’îlot Leïla et enfin l’immigration  clandestine. Au delà de ces considérations exogènes, exploitées par la presse partisane au détriment du tourisme marocain, le produit Maroc présente en soi des carences qu’il faudra combler en vue de récupérer les parts de marché perdues, voire en grignoter de nouvelles. «A nous de travailler sur le produit, en vue de l’adapter au marché ciblé. Avec 6300 m3 de côtes, très bien aménagées et hautement exploitées, les Espagnols, en voyageant à l’étranger, ne sont pas intéressés par le produit balnéaire, c’est le culturel qui les intéresse.» déclarait Mme Bennis, avant d’ajouter «on peut donc communiquer sur notre Andalousie commune, cela serait avantageux «, sachant que le balnéaire représente 75 % de l’offre espagnole, concurrent directe du Maroc sur cette destination, puisque les Espagnols voyagent beaucoup en interne, alors que le culturel est limité à 15 % et c’est là où le Maroc a des chances de grignoter des parts de marché.
En effet, le Maroc compte un patrimoine culturel des plus riches qu’on pourra exploiter. Nos Us et coutumes relèvent de l’exotisme pour bon nombre de pays occidentaux. D’où la nécessité de travailler sur une offre diversifiée, et le Maroc ne manque pas d’atout dans ce sens. Le tourisme de niche ou l’écotourisme représente un véritable manque à gagner pour le Maroc, qu’il ne doit plus le négliger (Golf, Trekking,  aventure 4 x 4, thalassothérapie....) . «L’Espagne compte près de 1 million 600 licences de chasse, voilà une niche que l’on pourra explorer, en vue d’une offre diversifiée.
Autre bémol et non des moindres, la proximité qu’on brandit à chaque fois qu’on évoque le marché espagnol, alors qu’en réalité, il faut plus de temps à un touriste espagnol pour arriver au Maroc qu’à un touriste français. «En passant par Casablanca, les voyageurs mettent environ 6 heures avant d’arriver à leur destination finale. Ce qui est énorme alors que l’Espagne est à une demi heure de chez nous.», lance Mme Bennis.  Il va sans dire que la RAM devra faire un effort et augmenter les dessertes directes reliant le Maroc (toutes les villes touristiques) à l’Espagne. Les dessertes aériennes étant limitées à 2 foyers émetteurs sur 6 potentiels. Dans ce sens, il faudra noter qu’ Ibéria a ajouté deux liaisons supplémentaires.
Parmi les autres carences que présente le produit Maroc, c’est une  capacité limitée en structures d’accueil, notamment pour les hôtels 4*. Selon l’étude d’IPK, l’environnement global est aussi un frein à l’intérêt des espagnols envers le Maroc ou du moins à leur retour une fois qu’ils ont visité le pays. La mendicité, l’hygiène, la propreté… sont souvent évoquées par les Espagnols, qui, même s’ils sont polyglottes, préfèrent s’exprimer en leur langue natale.
Ajouter à cela le manque d’animation, l’Espagnol est un fêtard de nature. Dans ce sens le prix de certaines boissons, telle la bière, peuvent être un facteur dissuasif dans le choix du touriste espagnol. De plus, les tarifs du  produit Maroc demeurent de loin inattractifs par rapports à ceux de ses concurrents à savoir l’Espagne elle- même, la Turquie, les USA, l’Égypte, la Tunisie et tout récemment les Caraïbes et l’Afrique noire. Souvent taxée de chère, accentuée par une inversion de saisons (Départs coïncidant avec basse saison chez concurrents et haute saison au Maroc), l’offre marocaine est appelée à se mettre au niveau des prix de la concurrence en vue d’intéresser un plus grand nombre de voyageurs. Ceci étant, le Maroc qui occupe le 6e rang des destinations étrangères et leaders du groupe de destinations non-européennes avec USA jusqu’au 11 septembre, peut améliorer ses performances sur ce marché. L’ amélioration des relations bilatérales après 2 années particulièrement difficiles (01/02) et la tenue de la Haute Commission Mixte à Rabat en décembre 2003 confirment l’état de normalisation et présagent une incidence favorable sur le secteur du tourisme, à condition de se pencher sur le produit lui-même, en vue  de l’adapter à la demande du marché en question.
Enfin, la communication représente, selon M.Kacimi de l’ONMT, un volet important dans cette quête de parts de marché.

L.O.



 

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