Ce fut un moment de solennité, d’engagement et de patriotisme. La cérémonie de signature de convention, ce mardi 6 janvier 2003, sur les NTIC, entre le ministère de l’Éducation nationale et l’opérateur historique des télécommunications au Maroc. Car il est question de la vulgarisation et de la professionnalisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les collèges et lycées du Royaume. Et apparemment tous les moyens techniques y seront déployés pour que le Maroc réussisse sa mise à niveau concernant l’internet au sein des établissements d’enseignement public. Il s’agit de faire de l’espace scolaire public marocain celui de l’apprentissage et de la maîtrise de l’outil informatique. Un programme ambitieux pour un domaine en pleine expansion. Au cours de la cérémonie, les différents intervenants ont mis l’accent sur la portée de ce projet qui va permettre aux enfants du pays d’accéder à un outil tout à fait incontournable. Pour les promoteurs du présent partenariat, il est question d’accélérer le raccordement des lycées et collèges à l’internet, environ 1400 établissements, en introduisant le haut débit. En fait, comme le feront remarquer les conférenciers, ce programme scolaire d’accès à l’internet n’a pas commencé aujourd’hui. Seulement, il était axé sur des équipements limités : un seul PC, une seule ligne. Ce qui naturellement ne favorisait ni la vulgarisation ni la professionnalisation de l’internet dans les établissements. Il fallait donc passer à la vitesse supérieure avec plus de PC et plus de lignes. Ce qui, d’une part, va faciliter l’accompagnement et l’hébergement en ligne. D’ailleurs, les initiateurs de cette convention espèrent, à travers ce programme, une ouverture des établissements concernés sur la société de l’information. Ce qui permettra, à ne pas en douter, de réduire la fracture numérique entre les différentes couches de la société et par ricochet remodeler considérablement le système d’information, d’une manière générale, du pays. Vu l’importance de ce projet, M. Habib El Malki, ministre de l’Éducation nationale, n’a pas manqué de souligner ce volet tout à fait particulier de l’événement. «Cette signature de convention n’est pas, pour nous, un acte protocolaire mais plutôt un signe annonciateur de quelque chose qui est en train de bouger dans les écoles et dans la société marocaine. Autrement dit, un acte fondateur d’une nouvelle culture en matière d’accessibilité, de vulgarisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication dont le socle est aujourd’hui l’internet», devait déclarer le ministre.
Accessibilité
Dans ses explications, M. Malki a fait savoir que ce programme répondait également à une demande, un voeu et un espoir d’être connecté à l’outil informatique et «c’est une doléance qui nous interpelle à plus d’un titre». Et le programme concerne plus de 6 millions d’élèves et plusieurs centaines d’établissements. Mais au-delà de l’aspect éducatif que requiert ce programme, il y a aussi l’élaboration d’une vision stratégique, dans la rigueur de la gestion de l’outil informatique dont Maroc Telecom se donne pour priorité mais aussi pour faire asseoir une ligne de conduite dans la mise à niveau des établissements publics. D’ailleurs M. Malki a annoncé qu’une journée portes ouvertes sera organisée ce jeudi 8 janvier où il sera question de l’élaboration d’un programme complet pour la mise à niveau de l’ensemble des établissements. C’est un programme informatique qui va s’étaler de 2004 à 2007. L’objectif visé est la vulgarisation, l’accélération de l’internet au sein des institutions scolaires mais aussi compléter la formation des enseignants sans laquelle la mise à niveau du secteur éducatif ne serait pas possible. Pour sa part, le Président du Directoire de Maroc Telecom a mis en exergue l’importance de l’internet dans les établissements qui permet un véritable accès au savoir. Il n’est donc pas étonnant que M. Ahizoune ait souligné que cette convention vise à aider les établissements à créer leur propre site web. Une possibilité de faire créer leur propre journal car cet outil facilitera le rapprochement de tous les acteurs ou intervenants. Enfin, il s’agit de «préparer l’homme de demain pour la véritable modernisation du pays.» En effet, pour «chaque école, collège ou lycée, Maroc Telecom s’engage à offrir un accès internet avec une remise de 20 % sur les tarifs en vigueur et une adresse e-mail. En fonction des possibilités, IAM privilégiera l’accès ADSL avec une formule d’abonnement illimité. Cet accès sera couplé avec le développement de sites web propres à chaque établissement, sites qui seront hébergés par l’opérateur historique à des conditions tarifaires incluant également une réduction de 20 %», lit-on dans le communiqué de Maroc Telecom. Car pour M. Ahizoune, «suivre en permanence l’évolution des technologies des télécommunications et de l’information est une condition indispensable à notre développement économique. Mais cela n’est pas suffisant. Nous devons faire en sorte qu’internet puisse être utilisé par le plus grand nombre». En d’autres termes, l’ambition de IAM est de contribuer à faire qu’internet fasse partie du quotidien des jeunes marocains. Comme c’est le cas partout ailleurs. Aujourd’hui, force est de constater que la majorité des Marocains reste freinée, dans sa volonté de se connecter à ce réseau mondial qu’est internet, par des problèmes de pouvoir d’achat essentiellement. Pour pallier ce handicap, Maroc Telecom n’a de cesse d’abord de réduire les coûts. Ainsi en 2004, les prix de l’ensemble des prestations internet baisseront. L’offre Pack Menara (PC et accès internet à 3790 DH) sera reconduite et même améliorée. De quoi rassurer les plus sceptiques quant à la capacité de l’opérateur historique de faire entrer le Maroc dans la cour des grands. Télécommunications s’entendent.
Mamady Sidibé